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lundi 2 février 2015

Le G Word


Nous sommes humains et par le fait même, nous sommes faibles. Chacun ses faiblesses, c’est bien vrai, mais certaines faiblesses sont socialement populaires. Prenons la phobie des moufettes qui tiraille ma tendre moitié, elle est certes exagérée, mais avouez donc que vous vous feriez aussi petit devant cette mignonne petite bestiole à l’arôme saisissant…
 
Certains mots évoquent, dans un univers collectif, des réactions qui vont de la vague impression désagréable à la névrose psychotique. Moi par exemple. Je suis un être humain standard à tendance nauséatique. Comprendre : j’ai des nausées qui vont et viennent comme va la vie depuis aussi longtemps que je me souvienne. Même chose pour les maux de ventre. Je ne me laisse donc pas impressionner par un inconfort au milieu du corps.
 
Cependant, CEPENDANT, il suffit d’un petit vomi en fontaine dans le salon pour que ce soit la pa-pa, la pa-pa, la PANIQUE. Oui. La peur du G word. Et là, on essaie de trouver toutes les preuves du monde pour dire que c’était peut-être son souper de la veille, ou les tomates, et bla bla bla, jusqu’à ce que le bol se fasse le meilleur ami de l’homme en nous convaincant de façon irréfutable que l’enfant a bel et bien contracté la g*****. Et là, outre ma névrose psychotique à tendance gastrophobique, il y a les autres, qui soudain se tiennent loin et notre cerveau, qui nous transmet le « pas-sûr ».
 
Puis, lorsqu’on a passé plusieurs jours à se sentir pas-sûr et à dormir assis en enlaçant le bol « au cas-zoù », puisqu’on est parti vite du magasin en pensant que… (et pourtant non), la sensation de pas-sûr finit par s’estomper et on se dit que finalement, ça va mieux. Yé! Et quoi de mieux que les chiffres pour se réconforter? Période d’incubation de 30 minutes à trois jours (selon le site où on regarde) et on reste contagieux 48 heures après la disparition des symptômes. On calcule encore et encore avec des marges d’erreur et on se dit qu’on devrait être en sécurité maintenant…
 
Lundi midi, au bureau, alors qu’on n’a pas tout à fait d’appétit, hasard sans doute, on entend une collègue dire qu’elle se sent pas-sûr… On s’intéresse au sujet, mais on ne s’approche pas trop. On ne pense pas qu’on a deux enfants, dont un à l’école qui touche à tout sans se laver les mains et un autre à la garderie qui met parfois des choses dans sa bouche. On veut bien se convaincre que le grand l’a eu, qu’il ne l’aura pas deux fois, mais soudainement, on est pas-sûr nous aussi. Surtout que le petit ne l’a pas eu, lui. Et une autre collègue qui dit qu’il suffit d’être dans un rayon de 3 microscopiques petits pieds pour être exposés à la vapeur du corps pour attraper la g*****.
 
Fort de notre (re)nouveau pas-sûr , on s’écrase devant notre ordinateur et on écrit un billet pour notre blogue. Rendu là, advienne que pourra. Les jeux sont faits, puisqu’on s’est déjà approché à moins de trois pieds…
 
 

dimanche 17 février 2013

Théâtre, morve et fin du monde


C’est pleine de bonne foi, mais toute de préjugés vêtue que j’ai « consommé » mon cadeau de Noël vendredi dernier. Quel beau moyen d’aller se faire une opinion de visu du nouveau théâtre Banque Nationale, qui a récemment et scandaleusement remplacé l’Auditorium Dufour? Piano à 200 000 $, luminaire à 40 000 $ (pour un seul) et nom controversé (que voulez-vous, à Chicoutimi, on n’aime pas renommer les choses, il faut partir un mouvement chaque fois). Normalement, je m’y serais présentée dans le but de voir un spectacle d’humour, mais cette fois, c’était pour du théâtre. Oui oui, du vrai théâtre avec des décors qui bougent et des acteurs qui pouffent de rire.

Les 39 marches. Avec Patrice Coquereau, Martin Drainville, Diane Lavallée et le très surprenant David Savard. Si je n’ai pas trop compris le « punch » en fin de pièce, je dois affirmer sans hésitation que j’ai bien aimé mon expérience. Contrairement au théâtre d’été, on ne passe pas d’un malaise à une nausée, mais bien d’un rire à l’autre. C’était rafraîchissant, quoi qu’une reprise d’une pièce anglaise. À mon grand étonnement, Patrice Coquereau était le moins bon et les trois autres, excellents. Je ne dis pas que je m’achèterai des billets de théâtre moi-même un jour, mais je serai sans doute moins saisie si j’en reçois de nouveau en cadeau. Contente pourrait aussi être un terme exact.

Après avoir eu peur que mon chum soit trop malade pour m’accompagner, surplus de morve et de chaleur interne n’aidant pas, il a eu un regain de vie. Qui a ensuite laissé place à deux journées de fièvre de morve intense, secondé par mon fils et moi, tout aussi morveux. Naïve, j’avais cru qu’après ma bronchite/bébé sinusite, j’allais être immunisée pendant un temps contre les vilains microbes, il ne s’est fallu que trois semaines avant que je redevienne dysfonctionnelle narinement parlant. Au moins, je suis mononarine, ce qui est tout de même une narine de plus qu’à ma bronchite. C’était une sorte de pensée magique qui voulait qu’on ne puisse pas être malade deux fois de suite. Hélas.

Parlant de pensée magique, étant un être légèrement perturbé à l’imagination fertile, j’ai dû me parler ce vendredi parce que moi, les pluies de météorites, ça me traumatise. Demandez-moi donc alors si je m’en suis fait des scénarios de fin du monde cette fin de semaine? Quelques-uns, oui. Ce qu’ont vécu les Russes, vu que c’est loin de nous et que nous sommes un peu protégés par la pensée magique, m’a tout de même permis d’apprendre des choses. Je ne savais pas que l’un des six plus gros cratères d’astéroïdes découverts à ce jour était dans le nord du Québec. Je ne savais pas non plus qu’il avait déjà été tenu pour responsable de la disparition des dinosaures, alors que c’est celui du Mexique qui porterait réellement le blâme. Mais qui sait ce que nous apprendrons encore dans les années à venir? Toujours est-il que mon niveau de culture s’est élevé un tout petit peu. C’est un bon truc. Quand la panique s’empare de moi à cause d’un phénomène hors de mon contrôle, je devrais toujours en profiter pour me cultiver un peu. Ça occuperait mon esprit.

Je me permets de terminer ce texte par un souhait de pensée magique selon lequel, on ne peut certainement pas être malade trois fois de file, hein? Disons que ça m’aidera à passer au travers.

Bonne soirée.


lundi 11 février 2013

La mort vous va si bien!


Vous souvenez-vous ce film, avec Meryl Streep, Goldie Hawn et Bruce Willis? Les années 1990 à leur meilleur. J’avais presque dix ans. Toujours est-il que cet aparté n’a aucun rapport avec mon sujet. En fait, si je suis morte pendant plus d’un mois, morte d’inspiration, disons que mon ordinateur lui, est mort pour vrai.

Heureusement, on lui a acheté une petite potion, un SSD, et il est ressuscité. Je l’ai perdu pendant de longues semaines. Triste, triste, fus-je pendant ce temps. Mais que s’est-il passé les autres semaines avant que ça casse? Imaginez-vous donc que j’ai maintenant une santé de fif, et que j’ai fait une bronchite. Moi. Remplis de dégoûts, mes patrons m’ont foutue dehors (temporairement) question de ne pas entrer en contact avec tous mes microbes, parce que sachez que j’avais le kit sinusite aussi, alors j’ai manqué du travail aussi, et que faute d’inspiration, je me suis nourrie de Netflix pendant ce temps. Pourquoi écrire quand on peut faire le végé-pâté sur le divan en écoutant des absurdités hollywoodiennes?

Pour la première fois de ma vie, j’ai perdu 100 % de mes capacités olfactives, pendant plus d’une semaine. Il me semble vous avoir déjà dit que je détestais mon odorat et que je préfèrerais ne plus sentir. Je retire ces paroles. Ne pas sentir, c’est poche. J’ai passé une grosse semaine à me demander si je puais, à me demander si je sentirais à nouveau, à me dire que du chocolat, c’est loin d’être si bon… C’est revenu maintenant, mais j’ai vraiment confirmé que l’appétit vient avec le nez. Du riz, sans odorat (et donc sans goût), c’est dégueulasse. Du poulet aussi. Et des légumes. Finalement, je goûtais le ketchup et la sauce Red Hot. C’est du passé tout ça. Je respire par le nez, et je ne dors plus assise sur le divan dans l’espoir d’avoir un peu d’air et de ne pas mourir au bout de ma toux.

Toujours est-il que, je suis de retour sur mes pieds, tout en ne sachant pas trop de quoi vous entretenir. Je pourrais toujours vous apprendre que la congestion nasale n’est pas exclusivement due à une surdose de morve, mais c’est surtout la faute à des vaisseaux sanguins enflés dans les profondeurs nasales, qui ont pour effet de réduire le diamètre des tuyaux d’apport d’air. En résulte une langue sèche parce qu’on dort la bouche ouverte, quand on dort. Il a fait très froid, nous avons peu de neige, le hockey est de retour. C’est tout pour ce soir. Welcome back!

jeudi 17 janvier 2013

Prière de ne pas me toucher!


Le toucher est l’un des cinq sens. Fait. Toucher est donc un mode de perception, une façon de communiquer, de manifester ses intentions, d’exister. Autre fait. Je suis une grande toucheuse. Je ressens souvent un intense besoin de concrétiser des textures qui me semblent particulières, différentes et il m’arrive même, comme je le fais parfois avec des odeurs, de me réconforter en touchant. La douceur de soie de mon bengal, les cheveux rêches de mon fils, le gaufré de ma robe de chambre, le texturé de la peinture mate, la douceur d’une voiture propre, le cuir de mon levier de vitesse. Toutes ces textures sont rassurantes et me permettent de me calmer ou simplement de passer un bon moment.

Toucher peut également être désagréable. Il y a bien sûr les textures collantes, gluantes, qui laissent une odeur sur la peau, les textures mouilleuses non désirées, les textures sableuses sur les lisses, comme une voiture sale, le métal sale et les textures coupantes. Celles-ci sont évidentes. Sinon, le pire du pire, c’est lorsqu’on touche malgré nous, lorsqu’on est touché par les autres.

Se faire bousculer dans un couloir est certes désagréable, mais encore davantage lorsqu’on se fait toucher la peau par de la peau, par un étranger. Effleurement involontaire dans une foule, haleine trop près du cou, quelqu’un qui nous enlève un cheveu en fin de vie, certains croient que toucher un humain n’est pas pire que toucher un mur. FAUX! Je m’insurge. Jusqu’à ce matin, j’aurais même affirmé que me faire toucher sur une épaisse couche de vêtements, par exemple un épais manteau d’hiver, ne me perturbait pas. Je sais maintenant qu’il n’en est rien.

Aujourd’hui, au travail, on m’a un peu trop touchée, et ça m’a perturbée. Le type n’est pas méchant, d’une grande naïveté et disons-le, très collant. Abusivement heureux de ma compagnie, en moins de cinq minutes de mesurages et de questions techniques, désagréablement entrecoupées de blagues et commentaires qui portaient à confusion, il m’a tâté les deux bras, m’a doucement brassée par les épaules et m’a amicalement poussée vers la sortie en me retenant du même coup par le dos.

Soyons clairs, soyons honnêtes, je n’aime pas ça. Entre m’être chicanée avec un collègue assez vigoureusement aujourd’hui et cela, je pense que j’ai préféré la chicane, quoique douloureuse. Je ne suis pas « sauvage », mais un peu de distance avec les étrangers, et les collègues dont on n’est vraiment pas proche, ça ne fait pas de mal.

Sur ces entrefaites, ce sera tout.

mercredi 2 janvier 2013

La minute éducative 9 : Survivre au premier -1000 de la saison


J’ai dit, et je cite, le 30 décembre 2012, soit il y a trois jours : « on n’a plus les veilles de jour de l’An à -1000 qu’on avait quand on était petits », me remémorant la salle du clairon à St-Ambroise et toutes les voitures qui rotaient en fin de soirée, à l’époque où laisser tourner la voiture pendant une heure n’était pas un problème, que ce soit pour le prix de l’essence ou pour l’environnement. Je n’avais pas regardé la météo à venir en disant ça, fait rare.

Lors de votre retour au travail, disons un 2 janvier, après des fêtes déroutinantes, si vous êtes la première et seule personne à devoir sortir de la maison, il est une idée discutable de vous lever à la même heure que dans des conditions normales, parce que le risque est d’être prêt à partir trop tôt, qu’il soit inadéquat de vous installer pour relaxer (par peur de faire hurler le chat ou de faire du bruit, ce qui réveillerait les autres), et d’arriver au travail à 6 h 45, ce qui est inutilement tôt.

Faire tourner la voiture jusqu’à ce qu’elle soit chaude est peut-être tentant, mais ça risque de réveiller ceux qui dorment (quand vous entrerez pour attendre) et, tant qu’à attendre dans ladite voiture qui vous garroche de l’air froid en pleine gueule, aussi bien partir tout de suite, surtout que vous avez seulement deux kilomètres à faire. Si jamais votre voiture principale fuit le « prestone », vous devrez peut-être prendre le « truck ». Attention, à ces températures, la pédale d’embrayage revient T-R-A-N-Q-U-I-L-L-E-M-E-N-T (c’est plus long à écrire qu’il n’y paraît) et il se peut également qu’une vitesse, je vous souhaite la quatrième, refuse d’obtempérer.

À votre arrivée au bureau, beaucoup trop tôt, la porte d’entrée non déneigée, en étant évidemment le premier, à sept heures moins quart le 2 janvier, assurez-vous de vous rappeler votre code de système d’alarme. Toujours pratique. Je m’en souvenais.

Une fois à l’intérieur, vous serez content d’être enfin au chaud. C’est un mirage! Avec votre manteau, vos mitaines de plumes et le contraste entre le dehors et le dedans, vous CROIREZ qu’il fait chaud. Une fois tout enlevé, vous constaterez que le bleu sur vos ongles colle et que votre nez ne cesse de couler comme un robinet. À ce moment, vous comprendrez que ce n’est pas parce qu’il fait plus chaud que dehors qu’il fait chaud. L’inhabituelle couche de givre sur le bord de la fenêtre vous convaincra qu’il fait vraiment (trop) froid et là, vous penserez à vérifier si votre chauffage personnel (oui, vous êtes chanceux) a, par hasard, été baissé un tout-ti-peu. Shit oui! Alors là, vous monterez ça de six beaux degrés et tout le monde dans le bâtiment entier vous enviera votre belle chaleur, qui sortira chaque fois que la porte du bureau ouvrira. Au moins, vous n’aurez pas à aller voler la chaufferette d’un collègue qui s’est dit que le 2 janvier, c’était trop tôt pour recommencer. Mais c’est toujours mieux que travailler avec son manteau d’hiver.

Finalement, la journée finira par finir, et la bonne nouvelle c’est que, c’était la pire. Demain, vous penserez à vous lever plus tard, et tout ira mieux.


dimanche 28 octobre 2012

Comme un cheveu sur la soupe...


Pendant un souper en amoureux au restaurant, en train de déguster une incroyable soupe à l’oignon à la bière, en pleine discussion profonde et personnelle, un malaise nous a frappé de plein fouet. Cet être humain, dont l’existence nous est brutalement rappelée dès qu’on l’aperçoit, pour qui nul d’entre nous n’a jamais démontré un quelconque intérêt, a cru bon arrêter jaser.

Je ne dis pas, si je l’avais fixé alors qu’il passait près de ma table et qu’il s’était senti obligé d’être poli, ou que mon chum avait fait de même… Mais non. Nous étions bien occupés à vivre sans lui, heureux d’être.

Reconstitution :

Mon chum, en train de manger un pogo de luxe.

Moi, occupée à me brûler le bord de la bouche avec mon exquise soupe.

Lui : « Salut vous autres!! » (beaucoup trop enthousiaste)

Nous : « Salut » (inintéressés et impatients)

Lui : « Souper de club social de bureau ».

Moi : [On s’en torche un peu] Ah, c’est toi ça la réservation de 40.

Mon chum : « Ben nous autres on est deux ».

Lui : Collé à notre table, sans rien dire d’autre, à ne pas s’en aller.

Moi : [OK bye. Je ne t’aime pas. Ta vie ne m’intéresse pas. Tu ne vois pas que tu déranges. Pourquoi tu colles. Vais-je devoir être méchante et te demander si tes amis te rejettent? Regarde-moi bien la face, est-ce que j’ai l’air contente/à l’aise/enthousiaste/sympathique? Tu vois bien que non. Alors BYE!]

Mon chum : Ne parle pas plus que moi, ne le regarde pas, mange. Me lance des regards crampés de rire.

Moi : Je casse mes croûtons dans ma soupe question de les humecter un peu. C’est vraiment des super croûtons qui refusent d’absorber le liquide. Je lève les yeux. Il est toujours là. [DÉGAGE!!]

Puis, devant toutes ses secondes utilisées à des fins nébuleuses, il a fini par partir. Nous ne nous rappelons pas s’il a dit bonsoir en s’en allant. Toutes ces secondes où la vie sans lui s’est arrêtée, c’était un peu comme être privé d’air…

Fin de la reconstitution.

Peut-être ne puis-je pas comprendre parce que je ne suis pas si sociable et que je n’ai jamais voulu être socialement impliquée, que ce soit à l’école, au travail, même dans la famille? Moi, quand je vois des gens que je connais au restaurant, je me baisse les yeux et je prie pour qu’ils ne m’aient pas vue. Si j’échoue, je me contente d’un sourire et d’un signe de tête, dans le cas où c’est quelqu’un que j’apprécie, ou d’un roulement d’yeux et d’un haut-le-cœur dans le cas contraire. Si je rencontre quelqu’un dans la salle de bain, je peux peut-être échanger quelques banalités, tout en me souvenant que je suis accompagnée par quelqu’un qui sèche à la table. Jamais je n’oserais m’approcher de la table de quelqu’un, à moins qu’on m’y invite et même là, je risquerais de faire semblant de ne pas entendre et de me pousser.

C’est un autre symptôme du capitalisme, je suppose. Fuir les communes et traîner sa petite bulle partout. J’adore l’idée.

Pour finir, je viens tout juste d’envoyer mon texte pour le prix de la nouvelle Radio-Canada. Je pense que c’est mon meilleur jusqu’à maintenant. Pas trop simple, psychodépressif à souhait, avec des belles grandes phrases pleines d’adjectifs, comme je les aime. J’ai hâte que les finalistes soient connus, soit pour en faire partie, soit pour la publier. Bonne soirée!

mardi 23 octobre 2012

Quelques moyens faciles de faire fuir les gens...


Aussi bien intentionnés puissions-nous être, ou les autres, il peut s’avérer utile, voir essentiel, d’avoir en main quelques subterfuges pour faire fuir les gens, pour moult raisons, valables ou non. L’utilisation de ces manigances doit cependant se faire avec parcimonie et intelligence.

Si on décide, par exemple, de faire fuir les gens en se dotant d’une haleine fétide, judicieux mélange de café, haleine de matin et, pourquoi pas de l’ail des dents non brossées du souper de la veille, il faut garder en tête que la méthode fera assurément fuir plusieurs personnes, mais qu’il restera toujours une partie de la population qui n’est aucunement incommodée par les odeurs. Il peut aussi y avoir un effet pervers, au sens que les gens « attrapés » s’en souviendront et qu’ils resteront toujours prudents. Résumons en disant que l’auditoire touché peut être inutilement vaste et votre réputation, lourdement empestée. Sans compter qu’en ce qui concerne les odeurs, les gens sont généralement hypocrites, ils n’oseront jamais vous dire que vous puez.

Ceci peut s’avérer différent dans le cas où la solution retenue serait de péter en public. Certains s’en iront, par malaise sans doute, mais la plupart resteront, et vous taquineront. Cela ne s’arrêtera pas là. Non seulement ils vous taquineront, mais ils en parleront à ceux qui n’ont pas eu la chance de vivre ce moment, et ça finira par sortir publiquement dans un événement d’envergure, de type party de Noël. Pour les gens qui sont moins à l’aise avec leur corps, c’est peut-être un choix douteux.

Il est aussi possible de la jouer psychologique. Pour ce faire, les possibilités sont presque infinies. Parler de vos malheurs, répéter qu’on se trouve gros/laid/incompétent, parler contre les autres, avoir un air de bœuf/cochon/animal-de-votre-choix, ne pas réfléchir avant de « grêler/ramasser/torcher » quelqu’un. En général, les gens vous fuiront. Certains auront la réaction inverse et voudront absolument entendre vos bitcheries au sujet des autres et les plaignards se sentiront interpellés et vous colleront aux basques afin d’échanger sur le sujet. C’est plutôt 50-50 alors le risque est grand et votre réputation peut être affectée.

Finalement, un moyen simple, efficace, temporaire. Il vous suffit, dès que vous entrez en contact avec une personne, de préférence plusieurs simultanément, vous leur dites avec un air verdâtre mi-exaspéré : « Mon enfant/chum a vomi toute la nuit et s’est levé avec une diarrhée sous pression ce matin ». C’est un succès instantané. Outre vous reprocher votre présence au travail, les gens, en plus d’être tellement compatissants, vous laisseront la paix et vous pardonneront dès qu’ils auront la preuve tangible que votre malade est rétabli et que vous n’avez pas été infecté. Sachez que s’ils s’informent de votre santé, vous pouvez toujours le prendre gentiment, mais ce n’est qu’à titre informatif afin de déterminer votre potentiel infectieux. J’ai testé une version douce de celle-ci ce matin et je vous jure que c’est un « hit » assuré!

En me souhaitant que mon petit bonhomme s’en remette, bonne soirée. Et pour les moins habitués, ce texte est bourré de sarcasme.

mercredi 19 septembre 2012

Face à la mort


Les gens meurent, c’est bien connu. Pourtant, chaque fois que la mort d’un proche frappe, je saisis. Il est vrai que la mort est un passage oblige qui mène vers l’inconnu, ou rien selon les croyances personnelles de chacun, mais il demeure intéressant de constater à quel point ce phénomène est déstabilisant, du moins pour moi.

J’ai un problème avec la mort, puisque je ne sais pas où ça mène, mais là où le malaise est plus grand, c’est que j’ai vraiment du mal à saisir la convention sociale autour de la mort dans notre culture. Ou encore, je la saisis tout à fait et je la trouve inadéquate. Poche serait aussi un terme acceptable. Préférable même.

Je ne comprends pas pourquoi on s’acharne à maintenir les gens beaux alors qu’ils sont morts. Le mot « mort » vous choque? Loin de m’en excuser, je vous invite à lire ce billet, déjà vieux de deux ans, mais tiré de ma meilleure année. Toujours est-il que si c’était moi qui décidais ce que les gens font, une fois morts, ce serait tout simple : on les brûle, on les met dans un beau petit contenant moulé dans le métal de notre choix, on fait une petite « fête » où on oublie les mauvais côtés du défunt (mort) et ensuite, chacun vit son deuil sainement à sa manière, selon sa relation avec la mort et avec le mort. Pas de niaisage de le mettre dans le frigo, de le vider, de le re-remplir, de le maquiller comme on peut et de l’exposer.

Chaque fois dans ma carrière de visiteuse de salon funéraire, j’ai été traumatisée par le mort. Non, il ne se ressemble jamais. Il a le teint gris ou jaune, les joues renfoncées et les lèvres cireuses. Je ne critique en rien les embaumeurs, c’est tout le principe qui me déstabilise. Je préférerais seulement me souvenir du mort à l’époque où ladite mort n’était qu’à l’état de projet.

Nous avons un nouveau mort dans la famille. C’est tout récent et je suis sous le choc. C’était l’oncle de mon chum et nous avions travaillé ensemble un été entier, il y a dix ans. C’était un passionné de plein air, chasse et pêche. Il aimait Chibougamau, c’est bien pour dire. Un jour il a eu mal au ventre, mais sa journée de plein air ne pouvait attendre. Il s’est avéré plus tard qu’après une suite d’événements, il est mort.

Tout à l’heure, je l’ai trouvé con d’avoir ignoré sa santé pour faire quelque chose qui pouvait attendre. On sait tous, maintenant, que « S’il avait… » (c’est déjà trop tard). Après avoir fait mijoter la réflexion, je réalise qu’au fond, la simple idée pour lui de rester immobile à la maison représentait une sorte de mort. Alors il a vécu fidèlement à lui-même, et ce jusqu’au bout.

La famille de mon chum, c’est ma famille. J’ai de la peine. L’idée de savoir qu’il est mort « heureux » ne diminue pas cette peine. Par contre, le simple fait d’avoir relativisé ce que je lui « reprochais » m’a apaisée. C’était ma réalité à moi, de préférer ma santé au reste. La sienne était différente, et personne ne peut dire qui avait raison. Heureusement, il avait choisi ce qui se rapproche le plus de ma vision de la mort. Je pourrai admirer son urne. L’image dans ma tête sera belle et ne me rappellera pas sa mort.

Finalement, je n’ai pas écrit ce billet dans le but d’avoir une tonne de condoléances ni de réconfort. C’est quand même assez loin de moi pour bien aller. Et n’allez pas croire que ce texte se veut un avis de décès (fiche de mort?). Ce n’est qu’une façon pour moi de vous partager mon malaise face à la mort.

mercredi 5 septembre 2012

Le bonheur est dans les attentes


Mon patron me répète souvent cette phrase, dès que je suis déçue de quelqu’un ou de quelque chose. Par contre, je ne suis pas tout à fait en accord avec la formulation. Chaque fois, j’aurais le goût de lui dire que c’est confus, mais au fond, je comprends le message, et si je le corrigeais, il me dirait encore qu’il n’est qu’un simple technicien, que je ne dois pas avoir de si hautes attentes (et là je me fâcherais). Pour ma part, je dirais plutôt « Le bonheur dépend des attentes » ou mieux « N’aie pas d’attentes et tu ne seras jamais déçu ».

Toujours est-il que les élections m’ont déçue. Je savais que Pauline réaliserait son coup et qu’elle gagnerait le titre de première première ministre du Québec. Je savais aussi que le premier ministre sortant serait éjecté et que Legault n’y serait pas. Hier, j’ai vraiment compris que notre système électoral est merdique et que, finalement, un vote proportionnel ne bénéficierait peut-être pas uniquement aux vraies gens de la Vraie Ville (Montréal).

Là où j’ai vraiment été désappointée, c’est de voir que tout compte fait, les élections ne sont qu’un vulgaire concours de popularité ou tout le monde se torche des compétences et des vrais problèmes de notre province. L’économie va mal, on élit le seul parti qui n’a pas de plan économique solide, et dont les dépenses n’ont pas de limites. Les priorités sont du gros n’importe quoi.

J’ai été un peu étonnée que l’honorable Gaétan Barrette n’ait pas gagné sa lutte, mais là où j’ai vraiment eu un choc, c’est quand Léo Bureau-Blouin a été élu, devant Maud Cohen. WHAT?!?!?!  Bon, vous êtes sans doute plusieurs à ignorer qui est Maud Cohen, et ce n’est pas SI terrible, mais cela reste le meilleur exemple que les élections, ce n’est pas vraiment mieux que l’émission poche à V Télé que mon chum syntonise parfois pour me faire sortir de mes gonds et dont j’oublie le nom… Ah, Opération Séduction.

À l’époque où les coffres de notre province sont à sec, ou presque, et où les infrastructures de toutes parts veulent s’effondrer, on choisit un député de 20 ans qui s’est rendu célèbre dans la bataille contre l’augmentation des frais de scolarité, plutôt que l’ancienne présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Pourquoi pas? Allez! On se ferme les yeux et on traverse le boulevard à 7 h 30 le matin.

Je suis irritable aujourd’hui. C’est une journée comme ça, faut-il croire. J’aurais envie de crier en pleine face à certaines personnes leurs stupidités.

 « Arrête donc de boire du Pepsi Diète, tu vois bien que tu es gros quand même! Bois de l’eau! »

« Tu pues l’humidité! Je veux bien croire que c’est écolo de venir travailler en vélo, mais tu pollues notre environnement de travail et rends les gens agressifs. »

« Michel! Parle moins fort! JM est à cinq pouces de ta face et moi, je m’en torche de votre conversation! » (Nous sommes deux à partager un bureau commun).

« La première fois que vous avez ri de moi en jupe de madame avec mes bottes à cap et mes bas qui dépassent, c’était presque cute, mais après un an et demi, ça fera. »

« Denis, si tu n’as pas l’intention de me regarder en haut du nombril quand tu me salues, passe ton tour. Et puis, tant qu’à y être, si c’est mon cul que tu veux regarder, attends donc que je sois passée et organise-toi pour que je ne te voie pas. Quand tu me fixes à la hauteur des fesses, mais de devant, ça me rend mal à l’aise. En fait, quand tu es là, je suis mal à l’aise. »

Des fois, j’aurais le goût de prendre le même ton exaspéré qu’Homer quand il crie « Les vendeurs de tapis qui font payer les échantillons… J’les haïs TELLEMENT!! »

Bon, demain est une autre journée. Ça ira mieux. Bonne nuit.

mardi 14 août 2012

Quand l’amitié capitule



Depuis longtemps, voir toujours, et c’en est à se demander si ce n’est pas propre à la nature humaine, je recherche l’amitié. Petite, ce concept demeurait flou. Je changeais de meilleure amie au gré du vent (en fait, comme je n’étais pas très – du tout – populaire, je prenais ce qui passait). Chaque nouvelle année scolaire, quelqu’un de nouveau faisait surface. Puis la distance, ou le temps, nous séparait. Pourtant, j’habitais un village de trois mille habitants alors il aurait été facile, naturel même, que rien ne nous sépare.

Longtemps, je n’ai pas remarqué ce qui se jouait. Puisque les années ne m’aidaient pas du tout côté popularité, je pensais que j’étais une pas bonne, une looser. Trop intelligente pour la ligue. Et suiveuse par détresse.

Ensuite, je me suis mise à envier les « vraies meilleures amies ». À treize ans, je l’ai trouvée. Marie-Hélène. C’était le match parfait. Elle était vraie et se foutait bien de ce que tous les autres avant avaient dit, ou pensé de moi. Ensemble on chantait, on se racontait des histoires d’ado et on existait, tout simplement. Et elle était aussi intelligente que moi. Deux longues années où nous nous appelions le soir (faute d’internet) et où j’allais dormir chez elle les fins de semaine, et elle aussi. Puis, ce qui a été une des plus grandes peines « d’amour » de ma vie est arrivé. Elle est déménagée. Pas si loin. À cinquante kilomètres de chez moi. Elle a changé d’école. À quinze ans, on ne conduit pas et, en région, les autobus de ville ne font pas ça. Peu à peu, on s’est perdues. Elle a changé de mode de vie, moi j’ai sombré dans ma déprime. Je n’ai jamais retrouvé d’amitié féminine de ce calibre ensuite. J’ai plein d’hommes que j’adore dans ma vie, mais ce n’est pas pareil. Le « besoin » n’est pas comblé.

Les années ont encore passé et j’en ai voulu à toutes mes amies passées d’avoir été connes, de m’avoir abandonnée, d’avoir été trop populaires, de sortir dans les bars (alors que je déteste tant cela). Puis j’ai fini par comprendre. Je suis tout à fait incapable de maintenir une amitié féminine. Je ne fais pratiquement aucune activité. Je suis bornée, explosive, brutale. Les conversations de fille ne m’attirent que très rarement, et pour de courtes durées seulement. Je me tanne. Comment est-il possible que je sois proche d’une amie, si je m’en lasse? C’est insensé. Voilà. Mon père enfile les amis un après l’autre. Il les lasse. Moi, c’est un peu l’inverse. C’est moi qui décroche. Ou qui ne décroche pas, justement. Je n’appelle pas, et je réponds rarement. Allez cultiver quelque chose avec ça. J’attends que mes tomates poussent, mais je me contente de regarder le petit sac de graines sur le comptoir. Mais je les veux pourtant!

Ou bien je ne sais pas comment ça marche. Dans les deux cas, ce n’est pas fort. Au même titre que je peins comme une artiste, mais que je n’aime pas ça. Même chose pour le dessin. C’en est à se demander si c’est curable, ou même si je veux guérir. Je voudrais tellement être L’amie de quelqu’un. Mais en même temps, je ne sais pas quoi faire.

Le pire est que ce n’est même pas de la lâcheté. On dirait davantage de l’incompétence. Je suis incompétente pour être amie avec une fille. Disons plutôt une femme, j’ai trente ans, quand même. Oh mon Dieu! Quel désastre! Sur ce surprenant et déprimant constat, allez donc savoir pourquoi je vous ai raconté tout ça. Si vous êtes là.

jeudi 9 août 2012

Mes vacances, ça et là...

Trois longues et courtes semaines se sont presque entièrement écoulées depuis le début des vacances, qui s’achèveront demain, ou encore lundi, dépendamment si on considère la fin de semaine comme faisant ou non partie des vacances. Puis, vingt-cinq journées depuis mon dernier billet, dont je ne me souviens plus le titre, ni le sujet. Il faut croire que je m’essouffle, ainsi que mon inspiration, autrefois pétillante.

Pendant ces vacances ma foi, tout à fait palpitantes et reposantes, il s’en est passé et dit, des choses.

Entendu en voiture, toutes fenêtres ouvertes alors que nous attendions à un feu rouge juste en face du centre commercial : « On s’en va magasiner à l’Aubainerie », dit-il à une connaissance en voiture à côté de lui, coiffé de son casque à l’allure du terrifiant motard, sur son bruyant Harley-Davidson. Wouh!

Vu et entendu dans mon sous-sol : « Tiens mon Gadlé (le chat), fais de l’exercice, t’en as besoin », déclara-t-il (mon fils de trois ans) en déposant ledit Gadlé sur l’exerciseur elliptique. Mignon.

Puis il y a eu (et il a encore) les Jeux olympiques, qui savent à chaque fois me coller sur mon divan. Mes favoris : le volleyball, intérieur et de plage, Usain Bolt, la gymnastique des hommes sur la barre, le heptathlon et sans doute autre chose, mais je ne me rappelle pas.

Ce que j’ai détesté : Le vélo intérieur avec leur horrible casque pointu, la nage synchronisée (elles me font peur avec leur maquillage leur pince-nez et leurs cheveux), la poutre et le plongeon, à cause de tous les « wow » de la commentatrice destinés à des plongeurs canadiens pour des notes moins que moyennes et pour tous les « hisch » destinés aux autres, sans raison.

Comme je suis fière d’être canadienne, j’aime les Jeux olympiques et je trouve ça beau de voir tous ces athlètes fiers de représenter leur pays. Tout comme le fait que certaines races sont faites pour certains sports, et d’autres pas du tout. La preuve que tout le monde n’est pas fait pour être égal/pareil.

Pendant mes vacances, j’ai découvert le « padding board » (merci Mélissa), et tous les muscles que ça nous permet de découvrir. Je me suis baignée, incroyable. Aussi incroyable que cette température sichaude et ensoleillée pendant deux semaines complètes. On a fini par faire la danse de la pluie parce que le gazon commençait à prendre la teinte du soleil. Nous aurions peut-être dû être un peu moins intenses.

Comme toute bonne chose a une fin, ce qui rend le tout beau, d’ailleurs, il faut que ça finisse, et je pense que c’est le but de la troisième semaine. On se remet des deux premières semaines et quand on réalise à quel point on est bien en vacances, les étudiants recommencent à niaiser sur la grève et on réalise que c’est le temps de retourner travailler pour leur payer leurs études. BORING. On y reviendra (ou non) dans un futur billet, si futur billet il y a. J’ai tellement de belles choses (sarcasme) à dire à ce sujet.

Sur ce, à tous ceux que ça concerne, bon retour au travail, et à bientôt, on l’espère.

dimanche 29 avril 2012

Entendu récemment


1 – Mignon

Marcus (mon fils de presque trois ans, alors que je le réprimandais légèrement, à table) : T’es belle Maman!

Moi : Ah! T’es manipulateur!

Marcus : Oui! Je suis malade!

Conclusion : Est-ce qu’un enfant de moins de trois ans peut réellement comprendre le sens du mot « manipulateur »? Sinon, comment se fait-il qu’il l’ait associé au fait qu’il est malade? Est-ce un hasard?

Si oui, est-ce que je devrais m’inquiéter de tout ce qui est à venir?

2 – Pathétique

En attendant à la caisse du Costco, dans un état semi-végétatif, dû à une fatigue sans fin et à un rhume latent, la caissière et son emballeuse se sont surenthousiasmées à la vue de la boîte de beignes Krispy Creme du monsieur qui me précédait. La caissière, une femme dans la cinquantaine avancée, ou dans une quarantaine difficile, lâchait, dans toutes ses déclinaisons possibles, l’ironie selon laquelle ces beignes sont « pas bons ». Sans cesse. Unstoppable. Puis c’est arrivé : « Ça, une c’est trop, trois c’est pas assez ». Veuillez noter qu’ici, au Saguenay, le mot beigne est féminin. Puis elle a expliqué, à l’attention de sa comparse, qui a osé un « ça n’a pas de sens ton affaire », qu’il valait mieux ne pas manger un seul beigne, parce qu’il est ensuite impossible de s’arrêter, mais dans un français beaucoup plus régional.

Elle est même allée jusqu’à chercher un regard approbateur et compréhensif de ma part. FAIL. Dédain et mépris. Puis elle l’a répété deux ou trois fois encore, alors que le monsieur était parti, et que c’était à mon tour de vivre ce malaise. Puis elle a ENCORE poussé plus loin en disant, toujours sous le regard admiratif de la jeune emballeuse un peu enveloppée, elle aussi (ahahahah), « C’est comme la bière, une c’est trop, dix c’est pas assez ». Là j’ai soupiré, dit merci puis me suis sauvée, la tête en ébullition.

Est-ce réellement propre à l’humain, de devoir se priver des bonnes choses parce qu’il est incapable de se contrôler? Oui, j’ai déjà trop mangé, trop bu, trop fêté. Mais j’étais jeune et folle. Je pensais que ça faisait partie de l’évolution, qu’en vieillissant, on devenait plus sage, et que l’équilibre était une étape obligatoire de la vie. Faut croire que non. Et je suis bien contente de constater ma sagesse. Je mérite mon beau hibou, que j’ai fait tatouer sur mon épaule il y a deux semaines.

Sur ce, il est temps pour moi de reprendre un peu de sommeil.

lundi 26 mars 2012

Bombe puante


Ça puir! dit Jacquouille la Fripouille, fidèle escuyer de Godefroy le hardi, comte de Montmirail, après s’être écrasé le nez sur le bitume, et d’avoir constaté ladite puanteur (Référence : Les visiteurs ).

Mon nez, avec lequel j’ai une relation amour-haine, vu son acuité, me surprend chaque jour en détectant les pires comme les meilleures odeurs, notamment dans le cadre de mes fonctions professionnelles. Avec les années, j’ai acquis un répertoire olfactif (peu) enviable qui me permet une fois de plus de démontrer ma mésadaptation sociale.

Si certaines odeurs désagréables sont tolérables, certaines autres me rendent presque malade. Voici donc le portrait d’une journée ordinaire, selon ma proéminence nasale :

Le classique creton-swing. Moins populaire chez les bureaucrates que dans les ateliers ou usines, il laisse toujours un arrière-goût désagréable à quiconque suit et sent. Comme son nom l’indique, c’est un mélange finement dosé de sueur et de viande cuite, qu’on a affectueusement appelé « creton-swing », « on » étant moi-même.

Le rot métallique. Typique de tout aliment contenant de l’aspartame, l’odeur de métal taponné est subtile, mais présente dans les éructations matinales d’un certain collègue, dont la consommation de Pepsi diète dépasse l’entendement. Pourquoi boire de l’eau alors qu’on peut alimenter les préjugés comme quoi la liqueur diète rend gros, et roter dans la face du monde à 7 h 30 le matin?

Huile de bison. S’approcher trop près du dessous de bras d’un collègue qui a eu chaud, en fin d’après-midi, et qui commence à sentir l’homme, ça va. C’est la vie et, quand on sort prendre l’air sur l’heure du dîner et qu’il fait 28 °C dehors, ça peut arriver qu’on « dégage » un peu. Les antisudorifiques et désodorisants ont leurs limites. Par contre, embaumer tout un étage d’une persistante odeur de bison, qui laisse tous les autres participants pantois, en avant-midi, l’hiver, c’est autre chose. Un truc facile à suivre, les gars, avant de mettre un chandail pour une deuxième fois sans l’avoir lavé, demandez à votre femme de le sentir. S’il pue déjà, ça ne fera qu’empirer.

Le pourrissement. Personne ne sent bon de la bouche en se levant le matin. Ça passe généralement lorsqu’on mange, ou après un bon brossage de dents, quoique ce dernier n’est pas garanti. Après un café non plus. Café-cigarette, on n’en parle pas. La mauvaise haleine est un concept auquel je n’adhère pas. Ça m’arrive parfois, très rarement, généralement après un café, et je me sens, donc je prends les moyens nécessaires pour enrayer l’épidémie. Pourtant, je suis convaincue que ce n’est pas si terrible senti de l’extérieur. Par contre, répandre son arôme dans une pièce entière, et déborder jusque dans le couloir, c’est intense. Et c’est un fait vécu. Je déteste mon nez.

La dernière, mais non la moindre, la fragrance « humidité ». Née d’un mauvais séchage des vêtements ou de la serviette de douche, elle prend toute sa maturité à mesure que l’item imprégné se refait laver, et mal resécher. Se déclinant de la douce, mais désagréable bruine à la concentration maximale, elle permet à quelques personnes de mon entourage de ne pas passer inaperçues. Par contre, je ne suis pas encore assez exercée pour dire lequel est lequel lorsque ladite puanteur daigne me chatouiller les narines.

Bon, je vais me laver, puisqu'on en parle.

mercredi 7 mars 2012

Le complot des fibres

C’est bien connu, il faut manger des fibres. Tellement que c’est désormais mal d’acheter des féculents qui ne contiennent pas de grains entiers. Lorsque cet idéal alimentaire est atteint, qu’il n’y a plus un seul aliment à base de farine dans toute la maison qui n’est pas une source de fibre, sauf la farine blanche, non blanchie, une fois que la transition est complète, que les « biscuits sodas » sont devenus des craquelins de pita 7 grains de Kashi, qu’il n’y a plus trace de nouilles blanches, de céréales vides, de biscuits, il survient une situation troublante.

La gastroentérite n’a rien de troublant en soi, sauf qu’en dehors d’un ventre ultraplat, il n’y a aucun avantage. J’aime bien dormir sur le divan en regardant Big Bang Theory, mais il faut bien travailler pour payer la maison qui abrite la télé. C’est encore plus intense après quatre longues journées à faire le pâté sans gras sur le divan.

Afin de retrouver l’équilibre des choses, c’est-à-dire d’en revenir à ingérer plus que ce que l’on expulse, il faut suivre certaines règles, question de ne pas brusquer ce pauvre système digestif qui a clairement payé son dû.

Il est fortement recommandé d’éviter plusieurs aliments dont les matières grasses, les fruits et légumes crus, sauf les bananes, les produits laitiers, les viandes et tout ce qui contient des fibres. Il faut privilégier les féculents, en évitant les fibres. Ces féculents que j’ai volontairement éliminés de la maison. Ces fibres avec lesquelles j’ai rempli la maison.

Lorsque les professionnels de la santé nous vantent les mérites des fibres, ils oublient que garderie égale gastroentérite et que cette dernière n’est pas compatible avec les fibres. Selon le stade, ça semble même incompatible avec tout, mais entre autres les fibres.

Puisque la gastro est également incompatible avec l’eau, qui tend à augmenter certains symptômes, comme le mal d’être général, il faut tout de même s’hydrater, étant donné que la déshydratation est une conséquence peu enviable. J’ai bu plus de Gatorade en quatre jours que dans les vingt-neuf années précédant cette gastro. Mon préféré est le jaune. Puis le orange. Puis le rouge. Mais l’original parce que le G2, il contient du sorbitol et, croyez-moi, c’est incompatible.

En conclusion, j’ai vraiment hâte de retourner travailler. Et je serais vraiment curieuse de me peser. Mais faute de pèse-personne, je me contenterai de trouver que j’ai maigri du cou. Malgré mon air vieilli (je fais vraiment mon âge), je me sens jeune parce que, comme au temps de mon anorexique adolescente, je rêve sans cesse que je mange des choses « interdites ». Par contre, cette fois, je vous promets que je les mangerai, une fois remise.

dimanche 29 janvier 2012

Ça s'est passé un vendredi soir

Si François Pérusse a déjà affirmé, dans un quelconque tome de sa populaire saga, qu’il n’y avait rien de mieux qu’un dimanche après-midi pour ne pas recevoir d’appel de sondage, je renchérirai en disant que le vendredi soir est également un excellent moment pour ne pas être sollicité.


Vendredi soir, donc, alors que nous étions très slaques, bien imprimés sur le sofa, dessert et café à la main, le téléphone a sonné. De base, je maugrée dès que ça se produit, à moins que j’attende vraiment un appel en particulier, alors cette fois n’a pas fait exception. Évidemment, je n’ai pas pris la peine de répondre, puisque je n’ai aucun complexe à laisser sonner le téléphone, mais mon conjoint a une tout autre vision de la chose, alors il a répondu.


À son regard, j’ai bien vu que c’était pour moi, et qu’il ne connaissait pas la voix qui osait me demander. Son sourire semi-cernable aurait bien dû m’allumer une sonnette (c’est le dernier proverbe insensé qu’il m’a d’ailleurs sorti, mon mari). En fait, je savais que c’était quelque chose de moche. La sonnette s’était bel et bien allumée.


Dès que l’interlocuteur à l’accent africanoïde eut fini de se présenter, mentionnant par le fait même Bell Canada, je n’ai fait ni une ni deux et j’ai enchaîné : « Monsieur, on est vendredi soir, il est huit heures et demie et je n’ai vraiment pas le goût de me faire vendre des services de Bell ». Mon chum est tombé à genoux par terre, étouffé de rire, pendant que le type au bout du fil éclatait aussi d’un rire nerveux. Il a dit, toujours en riant, faute d’argument de vente surpassant le mien : « On en reparlera, Madame ». Et moi de rétorquer : « C’est ça, bonne soirée. »


Je me demande s’il a mis une note à côté de mon nom.


Sur une autre note, il me semble que j’avais un million de choses à vous raconter. Oh! Je ne vous ai pas dit la bonne nouvelle? Marcus s’est tanné de Dino Dan. Ça fait un petit bout de temps, mais mieux vaut tard que jamais. Maintenant, ce sont les Umizoomi. Est-ce que c’est mieux? Oui, un peu, parce qu’au moins, depuis qu’il regarde ça tous les jours, il sait compter jusqu’à quinze. Il était passé de 3 à 4 grâce aux Smarties et il est passé de 4 à 15 grâce aux Umizoomi. Je considère cela comme un gain significatif.


Personnellement, je n’aime pas parce que c’est totalement incohérent pour mon cerveau obsessionnel-compulsif, et parce que la chanson colle vraiment dans la tête longtemps. Et Marcus qui la connaît par cœur, en plus. Mais il est tellement heureux, et il pense vraiment qu’il a des pouvoirs mathémagiques, alors si moi j’ai une soif inassouvissable de cohérence, pas lui, et c’est très important qu’il laisse place à son imaginaire, lui.


En gros, ce sont trois mini superhéros qui accomplissent des missions telles que retrouver des coquillages perdus pour une présentation scolaire, ou encore aller traire les vaches d’Umiville parce que l’éleveur de vache est cloué au lit, que sa femme lui éponge gentiment le front, et que tous les habitants d’Umiville sèchent, faute de lait. Vous devriez voir la scène de la traite, Seigneur, c’est tellement n’importe quoi qu’il faut que je fasse ma liste d’épicerie ou mon menu dans ma tête pour ne pas détruire la belle naïveté de mon fils en faisant le jeu des 88 invraisemblances inacceptables. Cette phrase était trop longue.


Bon, je suis en feu, alors c’est le moment de vous quitter. Je préfère vous laisser sur votre faim que vous emmerder par manque de substance. Bonne soirée.

dimanche 2 octobre 2011

Le syndrome du souffre-douleur, ou l’aptitude à attirer les coups...

Le souffre-douleurisme, ou l’étonnante tendance d’une personne à attirer les coups, les railleries, et à éloigner les amis, va au-delà de la tendance populaire, de la rumeur, de l’entraînement social, de l’effet de foule. Bien sûr, dans un même village, ou un quartier, les gens se parlent, se suivent, s’encouragent, et il est fort tentant de croire que c’est l’effet de foule qui fait d’une personne un souffre-douleur, un mouton noir. Pourtant, il n’en est rien.

Changez la victime de milieu, de ville, de province, de planète, et vous risquez de constater, avec effroi et perplexité, que cette personne ne s’en trouve pas mieux. Si ce n’est pas pire. En effet, quoi de mieux que l’impression prématurée de s’en sortir pour ajouter de l’arrogance à une colère refoulée? Résultat, le souffre-douleur veut prouver dans son nouveau milieu qu’il n’a pas la guigne, et a tout simplement l’air encore plus confortable pour les jointures que dans son ancien habitat.

Non, cet état de chose ne s’applique pas seulement au souffre-douleur. On entend beaucoup parler des femmes battues, qui tendent à toujours retomber dans le même panneau, et à remplacer un batteur par un autre. J’ai aussi déjà connu une femme qui finissait toujours par se retrouver en couple avec des camionneurs, malgré tous ses efforts pour s’en sortir, et à détester sa vie, seule à la maison avec un conjoint courailleux aux quatre coins de l’univers.

Constat, il semblerait que tout cela soit une question d’attitude. La femme battue n’attirerait pas les batteurs de femme, mais ferait plutôt sortir le côté violent de l’homme. En considérant que cette information est exacte, et en traitant le cas de la femme de camionneur comme un cas inexpliqué, à moins d’un changement radical de ma part, je suis vouée à me faire « flusher » pour le reste de l’éternité.

D’aussi loin que je me rappelle, les gens n’ont jamais vraiment cru bon tenir leurs promesses « sans importance » avec moi. Je suis donc le souffre-douleur des promesses, la femme battue des propositions de sortie annulées. Conclusion, malgré mon changement d’attitude, ma confiance, mon désir de ne plus douter, j’ai eu tort. J’ai cru que ça s’améliorerait avec le temps, mais non, c’est comme ça, point final.

Historiquement, j’ai presque toujours été « flushée » par des filles. Sauf un collègue qui a osé me délaisser deux fois pour aller dîner, même après que je lui aie fait promettre, la deuxième fois, de ne pas m’abandonner. Sinon, c’est presque exclusivement un trouble que j’ai avec les femmes. La solution serait de n’avoir que des hommes pour amis. Malheureusement, l’amitié homme-femme n’existe pas. C’est donc un problème sans solution.

J’aurais envie de faire le même coup à quelqu’un, une bonne fois, pour en ressentir la satisfaction. Il y a forcément un certain plaisir à y retirer, puisque ça revient sans cesse. Pourtant, j’en suis incapable. Pourquoi? Parce que, même si ce n’est qu’une vulgaire séance de magasinage, un café, une marche, il se peut que la personne aie des sentiments, qu’elle aie besoin d’une oreille, de compagnie, de se changer les idées ou seulement de se divertir. Il se peut aussi qu’elle ait seulement envie de croire que les gens ont encore un minimum d’intérêt envers la race humaine.

Sur toutes ces bonnes paroles, bonne soirée.

lundi 12 septembre 2011

En ce moment...

Ce n’est pas faute d’essayer, je vous le jure, mais écrire pour moi, ces derniers temps, c’est comme… c’est comme… pas facile. Il me vient des idées parfois, et je fais aussi des enchaînements de mots harmonieux, magnifiques, époustouflants, mais question contenu, on repassera.

Au travail, ça a été, aujourd’hui, une journée correcte, sans plus. Longue et [insérer antonyme de « palpitant » de votre choix]. Outre de m’attarder sur la pilosité éparse de certains et sur le choix de vêtements douteux de certains autres, les faits marquants manquent de piquant. N’était-ce pas une fabuleuse allitération en « q »?

En effet, j’ai cru remarquer, sur la population générale, oui, mais notamment sur mes collègues de travail, que la gestion pileuse fait parfois défaut. D’accord, vous êtes des hommes, soit, mais saviez-vous que vous pouvez entretenir certaines régions, même si elles vous semblent réservées à l’usage féminin?

Vous savez, on dit « des » sourcils parce qu’on en compte généralement deux, d’environ la même largeur, au-dessus de chaque œil. Je ne vous demande pas de vous « trimer » le dessous, juste de tracer une limite nette entre les deux. Le petit espace entre les deux, qu’on appelle « glabelle » en passant (mot découvert à l’époque des tournois annuels de dictionnaire en famille) doit être moins pileux que ses copains sourcils pour avoir droit à son titre officiel de glabelle. Si jamais vous avez réellement peur d’avoir l’air « fif » avec la glabelle « sur le cuir », il vous suffit d’en laisser un peu, et le tour est joué. Magique.

Puisqu’on fait dans la pilosité, saviez-vous que les poils sur le nez, c’est aussi séduisant qu’une femme avec une moustache. Ou un quelconque poil noir dans le visage outre les sourcils et les cils? Les oreilles, ça passe toujours, parce qu’on ne les a pas en pleine face, mais le nez, non. Pas plus que les poils de barbe oubliés sur le pourtour des narines ou de la bouche. Il faut choisir, on rase la barbe, ou on la garde, mais on se branche. Je ne trippe pas trop poils de cou, et de dos, et d’épaules, mais ils ne distraient pas quand on vous a malheureusement à six pouces de la face.

Puisqu’on se questionne sur les habitudes d’hygiène de la société, j’ai une autre question pertinente. Comment se fait-il que certaines personnes viennent travailler avec une chemise, en plus d’être de style douteux et de couleur indéfinissable, sale (en deux endroits distincts), trop petite et trouée? Euh? Bon, j’avoue, j’ai acheté une paire de jeans troués récemment. Neuf et troués. Il fut une époque où c’était contre mes principes, mais j’ai cédé parce que je me trouvais top dedans, et ils sont neufs et propres. Toujours est-il que, femme ou pas, un petit coup d’œil dans le miroir le matin, avant de partir, non? Il n’a pas de poils sur le nez, celui-là, malgré une pilosité explosive, mais la question qui me vient en tête est : est-il impossible de gérer à la fois le poil et les vêtements? Et votre femme, là-dedans???? ELLE EST OÙ? Elle trouve ça correct que vous soyez laid, poilus et odorants?

Finalement, et je m’en sors quand même mieux que prévu avec ce texte, demain, je dois aller en usine pour faire installer et tester une pièce sur un équipement, qui est devenu malgré moi « mon » produit. Le problème est que personne ne veut ce produit, donc je suis la millième prise avec. Et je ne le connais pas si bien que ça. Et j’y vais seule. Et ça m’énerve un peu. Et la dernière fois que je suis allée dans ce secteur, je me suis faite « cruiser » par le top des cons. Prions qu’il n’y soit pas demain… Ouf.

Je m’étais ennuyée de vous, gang.

vendredi 26 août 2011

La vie sait

S’il fut une saga, elle est terminée. S’il est une chose que j’ai apprise dans les dernières années, par sagesse, c’est que la vie sait où elle va. Si nous, parfois, on est un peu perdu et désemparé, ou plutôt confus, face à certaines situations, quand la vie se sent généreuse, elle se charge elle-même de tracer la voie, sans que nous ayons à nous compromettre ou nous forcer. Malheureusement, ce n’est pas toujours comme ça.

Suite à ma bulle au cerveau qui m’envoyait suivre un cours de français à l’université, j’ai décidé d’aller m’inscrire. C’est donc une Moi chambranlante et incertaine qui s’est présentée au département de lettres de l’établissement d’enseignement en question. J’étais « all-in » pour m’inscrire, jusqu’à ce qu’on me dise que j’aurais des frais pour une inscription tardive, et un délai d’inscription qui me priverait sans doute du premier cours de la session.

Je dis toujours que j’ai des opinions tranchées, mais qu’avec de bons arguments, on peut toujours me faire changer d’idée. J’ai pris ça comme un report à une date ultérieure. Voilà. Point de cours pour moi à la session d’automne. On se reprendra à la session d’hiver!

Sur une autre note, je suis passée chez la tatoueuse pour lui annoncer que je reportais la date de mon rendez-vous pour LE tatouage. La date approchait à grands pas et, de mon côté, je n’étais toujours pas convaincue d’aimer les dessins qu’elle me présentait. Alors que je lui annonçais la chose, elle m’a sorti LE dessin, l’original, celui qui m’avait fait tomber en amour avec les hiboux il y a de cela plusieurs années… Nous l’avions cherché dans ses livres, mais il était disparu. Aujourd’hui, il était réapparu, juste pour moi. Et ainsi ce sera, deux mois plus tard que prévu, le 3 novembre. Au fond, je n’aurai pas à me cacher des quelques rayons chauds du soleil qu’il reste et j’aurai le temps de me faire à l’idée, et peut-être de parler à mon patron. Ou peut-être pas. C’est mon bras.

Finalement, ce fut une journée productive. Je me sens plus légère, maintenant. Et vous savez quoi, je vais pouvoir faire du yoga. Ne reste plus qu’à chercher où. Ça, c’est de la tranche de vie. On fera de la littérature une autre fois.

dimanche 14 août 2011

Too much information

C’était il y a environ deux mois, mi-juin je dirais, période intense de déménagements, et les deux maisons d’en face étaient à vendre. Comme vous le savez déjà, les voisins de biais sont LES Chinois, puisque je leur ai déjà dédié un billet « Les Chinois passent la tondeuse ».

Pour ce qui est des autres nouveaux voisins, ceux directement en face, j’ai eu droit à tout le processus d’achat puisque j’étais à la maison à toutes leurs visites (visites, inspections, rénovations). À chaque fois qu’ils sont arrivés, je me suis dit la même chose : « On dirait des Arabes ». Bon, le terme est péjoratif (encore) et tellement mal utilisé, mais on comprend tous ce que ça signifie. Les deux, ainsi que leur petite fille avaient le teint relativement foncé et les cheveux très foncés et frisés. Mais on s’entendra pour dire qu’à Chicoutimi, dans un quartier résidentiel très ordinaire, les chances d’avoir des voisins chinois et arabes sont minces, voir nulles. Je répète, ici, la population est blanche et francophone, à un pourcentage surprenant. Je pourrais aussi ajouter colonne et inculte, mais c’est une autre histoire, et c’est difficile à déceler au premier coup d’œil.

Toujours est-il que les voisins en question ont finalement emménagé, et qu’ils sont officiellement mes voisins et que je doute fort qu’ils soient arabes, à moins que les papas (grands-papas) arabes aient un Harley (tout comme leur femme d’ailleurs) et qu’ils aient une supra raie de plombier quand ils refont la toiture. J’ai donc relégué les voisins d’en face à « les voisins d’en face qui ont un petit air arabe, sans plus ».

Pendant les vacances, nous nous sommes rendu compte qu’une des deux voitures desdits voisins était « disparue » et que la femme semblait seule, l’homme et le bébé s’étant volatilisés en même temps que la voiture. Je ne suis pas aussi curieuse que cela, d’habitude, mais cela, combiné à l’air déprimé de la voisine d’en face, m’a un peu affligée. Nous nous faisions toutes sortes de scénarios depuis la constatation de la disparition jusqu’à ce que, environ trois semaines plus tard,soit hier, la voiture, le voisin et le bébé réapparaissent.

Soudainement, mon chum a dit : « Et si le gars était vraiment arabe et qu’il était allé voir sa famille avec sa fille, et que la femme était restée à cause de sa garderie? » À l’instant précis où je répondais : « On ne le saura jamais », mon cerveau s’est mis à fonctionner vite vite vite et je me suis élancée sur l’ordinateur.

Deux minutes plus tard, je m’exclamais : « Je le savais qu’il était arabe », après avoir trouvé son nom à partir de son adresse sur le site des pages jaunes et, après avoir dit : « Comment ça se fait qu’il n’est pas prof à l’UQAC s’il est arabe? », parce qu’après un bac en génie, je sais qu’ils y sont tous (au département de génie, d’ailleurs) et qu’il n’est pas assez bien habillé le matin pour être prof à l’université, je tapais son nom bizarre dans Facebook pour découvrir qu’il a des amis de Chicoutimi (donc que c’est bien lui) et pour ensuite découvrir, grâce à LinkedIn, qu’il fait une maîtrise en génie électrique à l’UQAC.

Est-ce que vous réalisez, outre le fait que j’ai eu beaucoup raison, juste que je n’avais pas considéré qu’un Arabe pouvait être avec une Saguenéenne, à quel point j’en sais trop? Je me sens d’ailleurs très sale d’avoir trouvé tout ça. Je suis vraiment une voisine abominable. Je fouine dans la vie de mes voisins. Je pense à ça, je devrais peut-être aller voir ce que font les Chinois?

lundi 1 août 2011

Toupette

Par chez nous, il y a un endroit qu’on appelle le minizoo. En fait, c’est un centre d’interprétation de la faune. C’est à Falardeau. Si le nom vous est inconnu, pas de panique. Disons simplement que c’est loin d’être une métropole.

Falardeau, là où les VTT sont rois et où les tee-shirts aux manches coupées et trop courts sont monnaie courante. Paradis des lacs à pêches et des chalets, là où les dépanneurs font des chiffres d’affaires de fou en bière et en essence et où, ma foi, les locaux ont l’air un peu… ruraux. Bref, je ne marcherais pas le long de la route en fin de journée parce que, dans les petites places comme ça, quand on est trop chaud pour marcher, on prend sa voiture.

Toujours est-il que, on m’avait dit que c’était extraordinaire comme endroit. Ouais, quand même. Les animaux sont presque tous des rescapés, puisque c’est la mission première du centre, et les enclos sont relativement petits, alors on est quasi assurés de voir les vedettes.

Les aigles à tête blanche m’ont impressionnée, plus que les porcs-épics, disons, tout comme les couguars et les bisons. Les bisons, outre leur taille impressionnante, m’ont assommée par l’intensité de leur odeur corporelle. Dieu que je suis princesse. Je deviens de pire en pire, plus je vieillis.

J’ai été plus que saisie d’apprendre qu’un des couguars avait été « sauvé » par l’acharnement du propriétaire du centre, qui a monté les enchères en sachant que la pauvre bête était convoitée par un riche sans cervelle qui souhaitait l’acheter pour la chasse sportive. Il l’aurait lâché sur son immense terrain pour ensuite le tuer par plaisir. Est-ce vraiment plus sain que tuer un être humain? J’y réfléchis encore.

Ensuite, il y a eu la cage du vison, où on nous a bien mis en garde de ne pas nous y mettre les doigts, car la bête est peut-être petite, mais elle sait se servir de ses dents. Idem pour les martres, cousines du vison.

Puis, il y a eu les lamas. Je vous jure que celui avec le « toupette » avait tout un air! On pouvait donner de la moulée de carton à ces derniers. Tout comme les prochains sur la liste, les minichevaux, les chèvres et les ânes, dont un sympathique âne à toupette. On nous a mis en garde, seuls les adultes pouvaient nourrir les plus grosses bêbêtes, mais c’était absolument sans danger.

Je suis une bonne mère, j’ai nourri. Savez-vous quoi? Ça « snap » en écoeurant un âne à toupette, également connu sous le nom « criss d’âne ». Vous trouvez que votre épluche-doigt fonctionne plus ou moins bien, l’âne à toupette fait un travail remarquable. De plus, il réussit, d’une seule mordée, à atteindre le premier tiers de l’avant-bras et une pelure d’index. Impressionnant.

En conclusion : Je déteste les ânes.