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jeudi 21 août 2014

Ce soir, je tue ma blonde - Le retour

J’ai eu mon heure de gloire. Elle est passée, je suis revenue de mon « trip ». Je suppose que c’est comme prendre de l’héroïne ou du crack. L’euphorie est… euphorisante, mais temporaire. Après, c’est la dépression, la chute. Mais ça va, je m’en remets.

Toujours est-il que mon dernier billet, ayant pour titre : Ce soir, je tue ma blonde a fait réagir. Les choses se sont passées sensiblement comme je l’avais prévu, à peu de choses près  parce qu’un animateur de radio (Simon Roy-Martel de NRJ) l’a partagé, ce qui a eu pour effet de me rendre anormalement populaire, l’espace de quelques jours.

Oui, le titre était brutal, et la photo aussi. Tellement que je soupçonne quelques personnes ayant laissé des commentaires de s’être limité à ça, lire le titre et l’associer à la photo. Pourtant, toute personne sensée, qui sait lire et comprendre le français, pourra dire que ce n’était point une campagne de salissage contre JP Blanchette, mais bien la mise en lumière d’un réel problème de société, soit l’alcool au volant. D’ailleurs, je ne pense pas que le méchant de mon texte soit réellement JP. L’ami du deuxième paragraphe m’a d’ailleurs félicitée de mon texte, qu’il a su apprécier. N’est-ce pas.

Mes commentaires sont allés comme suit : 1. Des gens qui étaient d’accord avec moi, que l’alcool au volant est un fléau banalisé, 2. D’autres qui ont (encore) voulu montrer leur culture générale en disant que le conflit en Syrie est donc pire (oui, mais hors sujet) et 3. Ceux qui étaient visiblement avec JP ce soir-là avant que le malheureux accident se produise (ou ceux qui ont une consommation d’alcool abusive et qui refusent de l’admettre).

Dans ces trois catégories, j’ai appris des choses intéressantes. Pour le premier groupe, certaines personnes admettent avoir déjà péché, mais se sont confessées et converties au bon sens. Pour le deuxième groupe, le conflit en Syrie est une belle tentative pour esquiver les sujets proches de nous, et nous faire passer pour des superficiels, mais ce n’est pas parce que des gens crèvent de faim que je vais cesser de nourrir mes chats. Finalement, pour le troisième groupe, j’ai appris, imaginez-vous donc, qu'au double de la limite, à quatre bières en deux heures, on n’est pas chaud. Non. Et que le fait que le couple aille bien, que les gens s’aiment, annule l’idiotie de conduire avec les facultés affaiblies. Surtout, que la perte de jugement n’y est pour rien.

On m’a d’ailleurs dit dans un français INDESCRIPTIBLE, et je cite : « Heurkkk mes qu'elle texte a chier ... honnetement ta pas honte de dire qu'ils etaient des amis(e) pour ecrire c mots stupide ... tant qua ca garde t mains dans t poches pis ecrit donc rien ... c un accident point final ... Gros jugement gratis !!! vous savez meme pas c quoi 2 fois la limite permise ... ca equivaut a 4 biere en 2 hrs ... il etait loin d'etre ben saoul et elle etais partante pour embarquer, Il allait se balader en amoureux voir les étoiles ... pour avoir fait se chemin hors piste a plusieurs reprise ajeun ca aurait pu arriver a n'importe qui, qui as emprunter cette route dans les 5 derniere années ... lol ca aurais pu etre moi etre n'importe qui ! Le jeep reste une activité dangereuse un sport extrême !!! C un accident que les médias on rehausser a l’extrême ... Une chose est certaine Jp aimait ca Kathleen !!! »

Je prendrai quelques minutes pour rectifier certains faits. Premièrement, ils n’étaient pas mes « amis », mais JP était un collègue que j’appréciais. C’est d’ailleurs ce commentaire qui me fait croire que certaines personnes se sont limitées au titre et à la photo. Je pourrais lui répondre, dans ses mots : « Heille, le grand, les petites lettres toutes collées en dessous du titre et de la photo, il faut les lire aussi! ». Bon, je n’ai pas été capable d’utiliser ses mots. Mais reste que c’est à se demander s’il a lu autre chose que le titre. Deuxièmement, l’alcool affecte à la fois le jugement et les réflexes, donc dire que ça peut arriver à N’IMPORTE QUI, locution utilisée ABUSIVEMENT dans cette histoire, c’est de la foutaise. Et que dire du fait que ce sentier n’en était pas un. Oui, je suis nouille comme ça, je respecte les lois. Que voulez-vous, ça en prend quelques uns, des gens naïfs et suiveux, pour faire paraître les cons encore plus cons. Finalement, mais quel rapport avec le fait qu’il aimait sa blonde? Youhou?!?!

Bon, je suis restée bien respectueuse sur les commentaires dans la page de mon billet, je ne me suis pas emportée, pour ne pas influencer les commentaires à venir. Quel gâchis qu’il soit devenu possible maintenant d’écrire son opinion partout, de façon anonyme, sans limites. Je pense sérieusement à ajouter la fonction « approuver les commentaires », pour éviter les insultes et le jargon illisible. Avoir une orthographe déficiente est une chose, mais que les propos soient aussi décousus que l’orthographe, c’en est une autre. Par contre, comme je ne suis pas populaire en temps normal, je vais passer, pour éviter de décourager les éventuels échanges qui pourraient survenir.

Merci de m’avoir lue, et bienvenue aux nouveaux lecteurs, s'il en est. Sachez d’ailleurs que mes textes ne sont généralement pas aussi durs. Je vous invite à consulter mon récapitulatif, qui fait état de mes meilleurs écrits.

N.B. Je viens d'ajouter un "Share" pour Facebook et Twitter! N'hésitez pas à partager quand vous aimez!

jeudi 27 décembre 2012

Sexe insolite


Le temps des fêtes est haut en couleur. Je suis une personne routinière et fondamentalement coincée. C’est la vie. Disons plutôt que j’ai des principes propres à moi-même. Le temps des fêtes me perturbe à différents niveaux. Je mange peu chez moi, ce qui fait que mes bananes mûrissent sur le comptoir pendant que mon pain moisit dans l’armoire, et moi je rêve de manger ma rôtie beurre d’arachides et banane… alors qu’on m’attend ailleurs.

Nous sommes allés à un party de « bureau » chez le patron de mon chum récemment, le 22 décembre, et nous étions tous ramollis dans le salon, étendus de notre long sur les genres de popoches avec des petites boules dedans qui font qu’on s’endort si on se penche trop et on jasait, de tout et de rien. Nous étions une dizaine.

Tout à coup, celui qui est un animateur né et qui aime capter l’attention des foules s’est mis à parler d’une émission qu’il avait regardée à 5 h le matin même dans son lit, et parlait de gens qui ont une sexualité insolite. Parmi eux, il y avait cet homme paraplégique qui avait des orgasmes en se faisant tâter le pouce. Bon. Il serre la main avec le même membre qui lui procure sa satisfaction sexuelle, mais c’est mieux que rien.

De fil en aiguille, alors que notre amuseur de foule s’émoustillait de plus en plus dans son sujet, il en est venu à nous avouer qu’une fille qu’il connaissait pratiquait la zoophilie. Sur le coup, ça m’a révulsée, et je me suis dit qu’il ne se perdrait pas dans les détails et qu’il finirait par dire qu’il n’en dirait pas plus… mais non. Je préférais ne pas pousser la conversation, parce que je suis une fille imaginative et je déteste avoir ce genre d’images en tête, parce qu’elles collent. Je m’attendais à ce que les autres se scandalisent comme moi et exigent un changement de sujet, mais non.

Au final, on a su que la fille avait commencé ça très jeune quand ses parents quittaient la maison, le classique avec le beurre d’arachides, mais pas sur la rôtie, et nous avons fini par savoir que quand elle se mettait à quatre pattes par terre, le chien savait tout à fait comment gérer la situation. Vous avez raison, j’aurais pu me lever et aller discuter avec les autres dans la cuisine, mais quelque part je voulais tellement que ce ne soit pas vrai que je suis restée. À hurler mentalement tous mes arguments pourquoi c’était n’importe quoi.

Au plus fort du scandale, mon scandale personnel, parce que j’étais la seule à en souffrir, le bouffon s’est mis à dire qu’il trouvait ça génial si elle était à l’aise là-dedans, qu’il n’y avait pas de mal à ça. Euh? Vraiment? Et la fille était en couple, mais l’homme n’est pas au courant. Imaginez la scène : il arrive à la maison pendant que sa princesse se fait monter par le chien. L’émotion qui vient à un homme lorsqu’il réalise que son pénis trempe dans le même trou que celui d’un chien doit être fabuleuse. Imaginez seulement l’odeur. Un chien, même propre, ça pue. Si j’étais l’homme en question, je préfèrerais grandement trouver ma femme en train de se faire monter par un autre homme.

Ou encore, la femme vient de se faire lécher passionnément l’entrejambe par le chien, le conjoint humain arrive et a envie d’en faire autant, cinq minutes après, va-t-elle lui dire : « Attend, je vais aller me laver un peu, le chien y a déjà passé dix minutes? » Ça y est. J’écris tout ça et je suis profondément dégoûtée. Partant du principe que la loi 160 interdit la zoophilie au Canada, je pense que je ne suis pas si folle d’être si dégoûtée.

Même si le chien aime ça, ça ne signifie pas que c’est correct. C’EST DÉGUEULASSE! En conclusion, ce que cette histoire prouve, c’est que du monde fucké, il y en a vraiment partout, et que le fait d’avoir l’air normal ne garantit rien. Et Dieu sait que notre conteur a insisté sur le fait que la fille était belle, intelligente, professionnelle et parfaite. NON! Elle baise des chiens!! Bon. Bonne nuit. Et pardonnez-moi si ça vous a dégoûté. 

dimanche 16 décembre 2012

N'est stupide que la stupidité


Il nous arrive (sans doute) tous de dire à un moment où à un autre qu’on vient de voir la chose la plus stupide de toute notre vie. Et on le pense, sur le coup. Puis, plus tard, on voit autre chose de stupide, plus ou moins que la dernière fois, et on le redit. Chaque fois, ça nous semble être tout particulièrement con.

Je me souviens avoir vu mon voisin d’en face tondre son gazon en shorts, en babouches avec sa fille d’un an et demi assise par terre vraiment trop proche de la tondeuse, et je me suis dit que c’était hautement stupide de sa part.

Mardi dernier, mon chum s’est fait prendre dans un barrage routier pour vérifier l’alcool au volant au retour du hockey, à 22 h et des poussières. Mardi soir. Vendredi soir, en pleine soirée de partys de bureau les plus arrosés les uns que les autres, rien. Il n’est pas si stupide de ne pas rencontrer de barrage un vendredi soir, mais d’en voir un un mardi soir, ça l’est.

Certains Français qui pensent qu’au Québec, on vit dans des tipis et qu’on a tous une hache de guerre familiale aussi, c’est quand même assez stupide. Stupide drôle/pathétique, mais tout de même stupide.

La tuerie dans l’école primaire, qui a eu lieu vendredi matin dernier, et qui a envoyé à la morgue vingt minis que leurs parents avaient laissé partir naïvement, sans se douter que l’école pouvait les tuer, ce n’est pas stupide. C’est profondément troublant et ça fait paniquer. Moi, je suis incapable d’en parler. Ma gorge se noue et mes yeux se remplissent de larmes.

Ce qui est stupide par contre, c’est la réaction d’un groupe de craqués mentaux antihomosexuel, la Westboro Baptist Church. « The Westboro Baptist Church, the home of the 'God Hates Fags Church' has released a sickening video to explain how that 'God Sent the Shooter' to kill children at a Connecticut school because of the state's acceptance of same-sex marriage. »

En gros, si je comprends bien, et je n’aime pas ce que je comprends, c’est que ce groupe de malades qui se sont dit que c’était Dieu qui avait envoyé le tueur pour lancer un message à cet état qui cautionne le mariage gai. Ces enfants, et les adultes aussi, DEVAIENT mourir parce que les États-Unis sont partis dans la mauvaise voie. Euh… Y’a quelqu’un dans le costume? Youhou!!

Les gens en font des innocenteries au nom de Dieu. J’ai tendance à respecter la foi et à comprendre que ceux qui croient comblent un besoin et sont heureux là-dedans. J’ai un secret à vous dire, si votre Dieu vous dit des affaires qui n’ont pas de bon sens, C’EST UN PIÈGE. Ah, je vois, quand votre Dieu est trop présent dans votre vie, vous ne faites plus la différence entre le bon sens et la stupidité…

Les États-Unis, c’est vraiment un enfer sur terre. Les gens qui brûlent un drapeau étasunien peuvent se faire enfermer, mais il n’y a aucun problème à donner des pancartes pleines de paroles horribles aux enfants et à aller écoeurer les gens en deuil.

On fait tout un drame avec un sein à la télé, mais tout le monde a le droit d’avoir son arme, et les groupes de défense de ce droit sacré ne sont pas traités en trous-de-cul. Je ne comprends rien. Au final, c’est peut-être moi qui suis stupide.

dimanche 3 juin 2012

La mort à Magnotta



La perverse nature humaine, dans son pire comme dans son meilleur, est en constante recherche d’émotions fortes. Soit. Parachute, Jackass, sports extrêmes ou même héroïne, les moyens pour y arriver sont nombreux. Pour les plus réservés, il reste toujours les films d’horreur, question de se faire peur comme il se doit. L’industrie du cinéma est en constante effervescence et malgré le peu de qualité, il reste de nombreux films qui peuvent satisfaire ce « besoin ».

Sinon, il reste toujours Youtube et tout ce qui s’y cache, dans le mieux comme le pire. Pour ma part, le pire que j’ai regardé, ce sont des photos de gens qui ont consommé du Crystal Meth. Pas chic. Et déjà voyez-vous, je n’étais pas fière de moi parce que je m’étais adonnée au voyeurisme, chose que je dénonce ouvertement. Mais la télépoubelle (téléréalité) en fait foi, l’humain aime ça. Il veut voir ce qui ne le regarde pas du tout. Plus c’est insignifiant, mieux c’est.

Tant que ça reste des pitounes trop bronzées avec des ongles handicapants et des dents plus blanches que la lune dans un spa avec des gars bronzés orange épilés de partout avec des muscles démesurés et déséquilibrés, c’est débilisant, mais pas dangereux. Ça ne vole pas très haut et ça rend plutôt inconfortable (à regarder), mais c’est tout doux. Encore une fois, le public jubile. Ça leur fait des affinités avec les gens du bureau.

Là où ma compréhension faille et déboule, c’est quand j’entends à la radio parler d’un être humain qui s’est filmé en train de tuer, manger, démembrer et violer un autre humain (plus ou moins dans cet ordre). C’est du disjoncté de compétition. Il est dérangé, pas de doute. Mais tous les autres qui ont VOULU voir ce vidéo, qui l’ont cherché, qui l’ont regardé, pour autre chose que le travail, pour un but autre que pour trouver des indices, ils sont à peine moins dérangés.

Moi (et devinez pourquoi ce n’est pas moi qui décide ce genre de chose) si j’avais à décider du  traitement des criminels de cette trempe, de ceux qui en plus de tuer, s’en glorifient, je ne me casserais certainement pas la tête. Premièrement, je me demande s’il est fou ou malade. Comme il n’y a pas de moyen de le savoir scientifiquement, je l’abattrais en l’attrapant, question de ne pas rater l’opération.

Pour être certain de ne pas lui abimer la tête, il faudrait viser ailleurs sur le corps. Ensuite, je sélectionnerais les plus éminents neuroscientifiques afin qu’ils puissent lui dépecer le crâne et trouver le pourquoi du comportement du dégénéré, et ainsi rassurer la population en prouvant que l’égocentrisme et le manque d’attention ne peuvent transformer un être sain en débile cannibale. Mais ça, c’est moi. Et tant qu’à faire, j’essaierais de trouver tous ceux qui se sont excités en regardant le vidéo, et je les traiterais à peine mieux. Si le fait de tuer vous dérange, il y a toujours l’option de le garder en vie, et de lui jouer dans le cerveau quand même.

Comme la gaugauche québécoise prend du galon et qu’elle risque de se retrouver au pouvoir, il faudrait vraiment éviter de ne pas le tuer. Puisque la réinsertion sociale est un point chaud de leur « mission », et que ce type de débile ne deviendra jamais moins fou, il faudrait éviter de l’enfermer, pour pouvoir lui trouver un travail et un appartement dans vingt-cinq ans, ou moins, tout en taisant son nom au public, pour éviter (ça fait beaucoup d’évitement) que les gens ne le jugent. C’est ça, la justice?

lundi 28 mai 2012

Les travers de la loi 78


À quoi bon instaurer une loi, avec des « conséquences », si lesdites conséquences ne sont finalement qu’un petit rien tout nu? écrit-elle, aux prises avec un hoquet violent et douloureux. Allez savoir.

Pour ma part, et assoyez-vous avant de lire, je trouve la loi 78 un peu abusive, et surtout très vague. En fait, je suis en train de lire la loi et je me rends compte que la section que je trouve exagérée n’y est plus. Je ne suis donc plus en désaccord. Pardonnez-moi.

Ceci étant dit, toutes ces semi-nouvelles concernant le conflit étudiant me font haïr tout ce qui ressemble à un média. Même Facebook, que je prenais la peine de consulter de temps en temps, question de lire toutes ces inutilités qui sont quotidiennement publiées, me pue légèrement au nez. C’est ça, ou encore la persistante odeur de fumier qui embaume la ville ces derniers temps.

J’aurais envie d’aller manifester contre les carrés rouges. Je ne le ferai pas, par contre, parce que le jour, je suis trop occupée à faire rouler l’économie et le soir, je suis trop occupée à jouer à moitié mon rôle de femelle, me contentant de remplir les estomacs. Mon fils l’a dit : « C’est Papa qui fait la vaisselle Maman ». Une fois que tout le monde a mangé, que la vaisselle est propre, le petit aussi, qu’on a joué avec une (ou plusieurs) des mille versions de Flash McQueen, et que le petit est au lit, je pourrais. Oui, je pourrais ramasser ma « gang » de gens straight, normaux, contribuables et propres et aller beugler plus fort que les carrés rouges, mais… Vous voyez bien que ça n’a pas de sens. Je suis une militante du sens et tout ça n’en a aucun.

Parlons-en donc du sens. J’ai une question, très pertinente, et j’aimerais qu’on y réponde. S’il vous plaît. Comment se fait-il que des étudiants puissent faire la grève? Je coche sur ce point, mais ce sera ainsi tant que je ne comprendrai pas. Les syndicats sont des ramassis de gens qui travaillent et qui sont régis par une convention collective, dans laquelle il est (sans doute) écrit qu’ils ont le droit de faire la grève. Ils paient (souvent malgré eux) ledit syndicat et doivent (souvent de force) soutenir la cause (qu’elle en soit une ou non). Soit. Ils sont au courant. Ils ont consciemment choisi un travail syndiqué.

Mais les pauvres étudiants, ceux qui entrent à l’université dans le but d’en sortir avec un diplôme et de gagner leur vie avec, qu’ont-ils fait pour mériter ça. Ici, ils ont été chanceux. Personne n’a perdu sa session. Mais tous ceux pour qui c’est le cas, POURQUOI?!!

Parfois, il m’arrive de tenter de me mettre dans leur peau et je me vois, les yeux injectés de sang, prête à arracher des ganses de chanvre et à lancer des bérets de laine organique ou recyclée au bout de mes bras. Je jurerais sans doute dans le décor, à péter un câble en plein milieu du festival du pas-propre, mais je lutterais vraiment pour mon point. Ou non. Probablement pas en fait. La liberté d’expression est un concept abstrait, et elle n’est invoquée que par ceux dont les actes sont illégaux et qui « luttent pour une cause ». Les gens comme moi n’invoquent pas la liberté d’expression. Non, les gens comme ont des responsabilités sociales, professionnelles et familiales, et c’est ce qui les retient de faire des conneries en foule.

Ce faisant, il se fait tard et évidemment, je travaille demain. Et c’est tant mieux.

samedi 19 mai 2012

Misogyne


Suite à un enchaînement d’événements plus ou moins (moins que plus) agréable, il est devenu fort à propos de raisonner sur les différences entre la misogynie et le sexisme. À mon sens, pour moi qui vis dans une société « évoluée », le sexisme était un mythe, une rumeur, une légende. La misogynie quant à elle était une légère tare sociale, de faible conséquence. Pourtant, à ma grande surprise, la misogynie n’est rien de moins qu’une des deux formes de sexisme, soit la haine contre les femmes (l’autre étant la haine contre les hommes : la misandrie). Ce n’est donc pas moins pire, mais tout à fait du sexisme.

On devrait tous savoir, même ceux qui pratiquent activement la chose, que toute forme de discrimination est non souhaitable, et carrément stupide. Les noirs ont eu leur lot de souffrance, et ça roule encore. Sans vouloir justifier la chose, il est plus aisé de l’expliquer du fait que les noirs étaient minoritaires dans les pays de blancs, et que les blancs ont disjoncté, un genre de Power Trip, qui a collé.

Puis, quand l’homosexualité est devenue plus affichée, plus socialement répandue, il y a eu comme un dégoût collectif. Les gens ont eu peur, c’était différent, « anormal », relativement rare et inexplicable. Ça persiste encore, surtout en région. C’est malheureux, mais ça achève, la génération qui rebute a passé ses meilleures années.

Mais haïr les femmes, voyons! Chaque être humain sur terre est sorti d’une femme. Les femmes ne sont pas minoritaires en nombre, et chaque peuple en a plein. Même les Chinois, qui les ont éliminées à la naissance pendant longtemps, et qui le font peut-être encore, sont en train de réaliser leur erreur. Les femmes ont des aptitudes dans certaines tâches que les hommes n'ont pas, soit, et l’inverse est aussi vrai, et elles ont tous les désagréments physiques du monde à la  naissance, mais ça ne devrait que les rendre plus fortes et honorables.

En lisant sur la misogynie, j’ai appris et réalisé des choses. Sans le faire exprès, j’ai moi-même des propos misogynes. Je vais dès lors corriger le tir. Des expressions telles que  « Se faire fourrer » sont misogynes. Si on tente d’insulter quelqu’un en lui disant d’aller se faire enculer, on sous-entend donc que se faire enculer est une action « passive donc inférieure », procédée par une personne « active donc supérieure ». Toute personne dont la fonction sexuelle est réceptacliste (j’adore mon nouveau mot) serait donc inférieure à celle qui pénètre. À moins de s’accessoiriser en ce sens, la femme est donc forcément inférieure à l’homme, tout comme le gai qui reçoit.

Tout ce blabla pour dire que j’ai été victime de propos sexistes. Pour la deuxième fois, provenant de la même personne. On ne me les a pas dits de vive voix, mais on me les a reportés, les deux fois.

On a dit de moi que je devais être ramenée à mon  « niveau de femelle ». Je sais que la personne qui a vomi ces propos est bien plus malheureuse que moi dans le contexte. Je sais que c’est lui le pire dans tous ça, parce que je suis hiérarchiquement supérieure à lui et qu’il devra « m’obéir »dans le futur. Mais je ne pensais jamais ressentir un jour la douleur de la discrimination. Je ne pensais pas que ça faisait si mal.

Une personne qui se dissocie de la société par choix doit assumer de tels comportements à son endroit. Mais la race, le sexe, l'orientation sexuelle, la maladie, la classe sociale (pour les enfants et personnes inaptes au travail) ne devraient jamais creuser ce genre de fossé.

Savoir qu’on avait dit cela m’a fait mal. Savoir que la conséquence encourue suite à ces propos n’en est pas vraiment une m'a profondément dérangée, et me dérange encore. Mais la simple idée qu’il ait pu se défendre en disant : « Voyons, c’est juste un commentaire, et je peux bien dire ce que je veux », et qu’on l’ait cru, me rend carrément malade. Mais on vit dans un monde où la liberté d’expression a le plein pouvoir surtout le reste. Et la folie aussi. Sans blague, j’ose croire que personne n'a jamais été blanchi d’avoir discriminé quelqu’un sous prétexte qu’il a le droit de s’exprimer.

À partir de maintenant, je dirai que je me suis faite « avoir ». En plus d’être moins vulgaire, je n’encouragerai plus le « sexe fort ». Remarquez que je pourrais ne plus jamais me faire avoir et ça ferait quand même. Bonne soirée.


dimanche 29 avril 2012

Entendu récemment


1 – Mignon

Marcus (mon fils de presque trois ans, alors que je le réprimandais légèrement, à table) : T’es belle Maman!

Moi : Ah! T’es manipulateur!

Marcus : Oui! Je suis malade!

Conclusion : Est-ce qu’un enfant de moins de trois ans peut réellement comprendre le sens du mot « manipulateur »? Sinon, comment se fait-il qu’il l’ait associé au fait qu’il est malade? Est-ce un hasard?

Si oui, est-ce que je devrais m’inquiéter de tout ce qui est à venir?

2 – Pathétique

En attendant à la caisse du Costco, dans un état semi-végétatif, dû à une fatigue sans fin et à un rhume latent, la caissière et son emballeuse se sont surenthousiasmées à la vue de la boîte de beignes Krispy Creme du monsieur qui me précédait. La caissière, une femme dans la cinquantaine avancée, ou dans une quarantaine difficile, lâchait, dans toutes ses déclinaisons possibles, l’ironie selon laquelle ces beignes sont « pas bons ». Sans cesse. Unstoppable. Puis c’est arrivé : « Ça, une c’est trop, trois c’est pas assez ». Veuillez noter qu’ici, au Saguenay, le mot beigne est féminin. Puis elle a expliqué, à l’attention de sa comparse, qui a osé un « ça n’a pas de sens ton affaire », qu’il valait mieux ne pas manger un seul beigne, parce qu’il est ensuite impossible de s’arrêter, mais dans un français beaucoup plus régional.

Elle est même allée jusqu’à chercher un regard approbateur et compréhensif de ma part. FAIL. Dédain et mépris. Puis elle l’a répété deux ou trois fois encore, alors que le monsieur était parti, et que c’était à mon tour de vivre ce malaise. Puis elle a ENCORE poussé plus loin en disant, toujours sous le regard admiratif de la jeune emballeuse un peu enveloppée, elle aussi (ahahahah), « C’est comme la bière, une c’est trop, dix c’est pas assez ». Là j’ai soupiré, dit merci puis me suis sauvée, la tête en ébullition.

Est-ce réellement propre à l’humain, de devoir se priver des bonnes choses parce qu’il est incapable de se contrôler? Oui, j’ai déjà trop mangé, trop bu, trop fêté. Mais j’étais jeune et folle. Je pensais que ça faisait partie de l’évolution, qu’en vieillissant, on devenait plus sage, et que l’équilibre était une étape obligatoire de la vie. Faut croire que non. Et je suis bien contente de constater ma sagesse. Je mérite mon beau hibou, que j’ai fait tatouer sur mon épaule il y a deux semaines.

Sur ce, il est temps pour moi de reprendre un peu de sommeil.

lundi 23 avril 2012

Jean Charest, ce boute-en-train


Diantre! On a fait une blague. N’étant moi-même pas une adepte de la libéralité, il serait fort tentant de croire que mes yeux se seraient révulsés à la simple mention du premier ministre. Eh non. Mon fils lui aurait dit, tout naïvement : « Maman, c’est une grosse blague ». Moi, personnellement, je l’ai trouvée tout à fait drôle et appropriée, même avant que polémique il y ait. Imaginez donc ce que j’en ai pensé après que j’aie lu et entendu la présidente de la FEUQ s’en offusquer… on aurait dit qu’elle était encore plus drôle. Ça fait du bien de se marrer un peu.

Après avoir ri, parce qu’il faut bien se redresser ensuite, j’ai lu le reste de l’article et la citation suivante m’a frappée : « Faire des blagues sur le dos des étudiants, c'est franchement insultant! ». Je me pensais intelligente. Eh non. J’ai beau chercher, je ne trouve pas l’insulte dans la blague. La revoici entière.

« Le Salon Plan Nord est déjà très populaire, les gens courent de partout pour rentrer », a lancé à la blague le premier ministre. « Ceux qui frappaient à la porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi... dans le Nord, autant que possible ».

J’étais très forte en compréhension de texte pourtant, tous degrés de scolarité confondus (eh oui, je suis allée à l’école, et relativement longtemps). Est-ce moi qui suis trop tolérante quand on me fait des blagues douteuses, ou suis-je tout simplement trop à droite pour avoir des émotions?

Dans ma douche, tout à l’heure, j’ai fait un parallèle intéressant. Je peux vous expliquer pourquoi je suis à ce point de droite (surpris?). C’est purement scientifique. On ne peut y échapper. Les gens de droite sont là pour équilibrer la société, pour modérer les gauchistes qui, si on les laissait aller, interdiraient le développement des ressources, les voitures, le maquillage, et toute autre nécessité (réelle ou non) de la vie. Comme les émotions et la raison. La droite est la raison. Quand la gauche dérape, elle la ramène. Malheureusement, l’inverse est aussi vrai. Par contre, j’aime l’idée de prendre position et, fait surprenant, ma raison gagne souvent.

Dans le même ordre d’idée, la semaine dernière, l’animateur du midi de Radio X, que trop de gens appellent radio poubelle, à tort, avait Martine Desjardins en entrevue téléphonique. Elle piaillait qu’un diplôme universitaire était la nouvelle norme et que tout le monde se devait d’en avoir un. Encore là, je me pensais intelligente, mais je ne comprenais pas. Puis, plus tard, alors que je circulais dans ma polluante voiture dans la basse ville, j’ai compris. Il y avait un genre de gars qui marchait sur le trottoir. Il portait des vêtements usés, laids, et avait les cheveux sales et moches.

J’ai porté un jugement vilain, qui va comme suit : « Lui, il est certainement pour la grève ». En le dépassant, j’ai vu qu’il portait un carré rouge. Illumination. Il est convaincu que tout le monde doit avoir un diplôme universitaire, c’est certain. Une coiffeuse, ça ne sert à rien, de toute évidence. Le mécanicien automobile non plus. Et c’est là que c’est devenu encore plus clair.

La grève est à son apogée dans les grandes villes, dont Chicoutimi ne fait pas partie. Citons Montréal, puisque c’est la plus populeuse. À Montréal, il n’est pas nécessaire d’avoir une voiture. À Montréal, on peut lutter contre les usines, les milieux industriels, parce que l’argent, il est là, sans qu’on sache d’où il vient. L’exploitation des ressources est un concept abstrait, inutile et diabolique. C’est bien beau la culture, les finances, le divertissement, mais avez-vous oublié qui paie pour tout ça? Quand vous vous élevez contre un barrage, que vous condamnez les grandes entreprises, prenez-vous cinq minutes pour monter un plan d’affaires dans lequel le Québec n’exploite pas ses ressources et où tout le monde mange à sa faim?

Bon, je m’égare un tout petit peu, je refoule depuis longtemps. Mais quand je vous entends pleurer sur des peanuts, oui des peanuts, pas des arachides, parce que 90¢ par jour, on s’entend que ce n’est RIEN, je ne peux m’empêcher de penser aux 160 employés de Novelis qui se retrouvent sans emploi le premier août prochain. Ça, c’est un vrai drame. Des gens qui se retrouvent sans rien, sans même une explication. Et puis, tant qu’à refouler, Marc Maltais, qui s’en va traiter son employeur de faiseur de génocides, avec un s, est-ce qu’ils pourraient le foutre dehors. Mais non, il est syndiqué. Pourquoi les syndiqués ont le droit de voler, détruire, dormir au travail, et ce, sans jamais se faire chicaner?

Bon, je suis hors de contrôle. Je vais me coucher.

dimanche 15 janvier 2012

Le défi alcoolo 10/15

Fait intéressant, une publicité roule ces derniers temps, laissant deviner le pourquoi des chiffres 2 et 3, 10 et 15. Après nous avoir fait languir juste assez, on nous apprend que la femme ne devrait pas avaler plus de deux consommations d’alcool par jour, pour un maximum de dix par semaine, alors que ce sont trois et quinze pour l’homme, selon Éducalcool.

J’aime l’alcool, en fait non, j’aime la bière. Je trouve ça bon au goût. Si quelqu’un venait chez moi chaque jour et me voyait prendre une bière en arrivant de travailler, il penserait que j’ai un problème d’alcool, que je fuis mes problèmes, que je suis une alcoolique de basse classe. Vu de l’extérieur, je vous dirais que j’aurais une certaine tendance à pencher en ce sens, que boire de la bière chaque jour, en dehors des vacances, c’est exagéré.

Par contre, si vous veniez chez moi chaque soir et que vous me voyiez boire une coupe de rouge, est-ce que vous penseriez de même? Honnêtement, je pense que non. Je suis presque certaine que vous ne remarqueriez pas que je bois encore de l’alcool, ou encore que vous penseriez que j’ai du goût et que je suis distinguée. Vous pourriez alors me demander ce que je bois et moi, avec nonchalance, je pourrais vous répondre que ce n’est qu’un « petit vin de semaine », mais qu’il se marie avec n’importe quoi. Je serais encore plus « classy ». Jamais il ne vous viendrait en tête que j’ai un problème de consommation, parce que c’est du vin. Encore moins si les coupes sont belles.

On avait déjà surfait la réputation de ce breuvage en lui donnant des tas de vertus intéressantes pour la santé. Pourtant, aucun alcool, quel qu’il soit, n’est bon pour la santé. On justifie la consommation sans cesse grandissante pour déculpabiliser la classe moyenne à riche, qui boit son mal de vivre, mais qui ne veut pas se l’avouer.

Je trouvais l’idée de boire une consommation par jour vraiment tirée par les cheveux, mais l’idée qu’une femme ait socialement le droit de se rendre jusqu’à dix consommations par semaine « sans risque » me coupe les jambes. Qui a fait quelles bassesses à qui pour qu’on en arrive là?

Lorsqu’on a magasiné nos premières assurances vie, on nous a demandé quelle était notre consommation d’alcool hebdomadaire et, en dessous de deux pour la femme et de trois pour l’homme, il cochait la « bonne » case. En haut de ça, nous représentions un certain risque. Est-ce que les formulaires d’assurance se sont adaptés à cette nouvelle réalité?

Il y a quelques années, dans un 5 à 7 hot-dog organisé par le club social de l’entreprise qui emploie mon conjoint, la conjointe d’un employé s’est plainte parce qu’il n’y avait pas de vin. Tout était gratuit, on se bourrait la face dans la haute gastronomie, gratis, mais ça ne valait pas un clou parce que la madame ne pouvait avoir sa coupe! Des HOT DOG!!!!! Au pire, quand tu n’aimes pas ce qu’il y a, tu te prends un Pepsi, une bouteille d’eau, ou tu sèches. Je m’égare.

Quand j’ai envie d’une bonne bière, par exemple dans un party hot dog, et que tout ce qu’il y a c’est de la Coors Light, je me prends une bonne bouteille d’eau et c’est tout. Je ne pleure pas. L’alcool, c’est un breuvage comme les autres, quand il n’y a pas ce qu’on veut, on s’en passe.

Et tant qu’à élever mes fréquences cardiaques pour rien, parlons donc des cours de dégustation de vin. Comment devenir socialement désagréable avec les gens qui n’aiment pas le vin? En faisant exactement ça. Ne vous bernez pas, j’aime bien boire une coupe de vin avec un filet mignon, je trouve que ça se marie bien. Par contre, je n’aime pas me faire dire des choses comme : « Je l’aimais bien ce vin-là moi aussi, quand je ne connaissais pas ça ». S’il fut une époque où il suffisait que le goût en bouche soit agréable pour qu’on apprécie un aliment, il faut maintenant « connaître ça », et faire chier le peuple avec.

Avant, un homme était viril et attirant parce qu’il buvait sa bière au goulot. Maintenant, je ne sais plus que penser des douchebags qui existent dans les bars avec une coupe. Avant, c’était les marginaux qui buvaient du vin, parce que la bière était réservée à la masse et aux gens comme les autres. Moi personnellement, je trouve ça fif. Et avis à tous, le mot fif pour moi (et c’est MON blogue), n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle. C’est comme de la plaque d’acier 1/8’’. C’est fif.

Bon, je me suis égarée en cours de route, mais le fait est que la société est en train d’adapter le corps humain a une plus grande consommation d’alcool parce que le vin est en vogue. Si vous voulez vraiment être dans le coup, suivez ces quatre simples conseils et je vous promets du succès :

  • Faites du vélo de route avec l’équipement complet (le kit de lycra);
  • Faites de la photo avec un appareil au-dessus de vos moyens avec trop de fonctions;
  • Achetez-vous un quelconque appareil électronique Apple;
  • Buvez beaucoup de vin, et assurez-vous de ne boire vos bouteilles de 20 $ et moins que les soirs de semaine en regardant vos émissions de cuisine!

jeudi 15 décembre 2011

Ces mots qu'on a salis

Syndrome de société ou déformation régionale de la langue, certains mots d'usage courant et platoniques à l'extrême se sont vus promus au titre de vulgarités.

J'ai follement envie de me mettre... Atchoo! du vernis à ongles. Si je n'avais pas éternué en plein milieu de ma phrase vous m'auriez prise pour une coquine! Se mettre, mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire? Ne m'expliquez pas, je comprends très bien le concept. J'ai simplement du mal à faire le lien entre le mot « mettre » et l'action ci-concernée.

Il m'est récemment arrivé de faire une blague douteuse à un ami par courriel, qu'il n'a pas comprise. Alors que je lui répondais, et je cite : j'aurais dû le faire oralement, ça aurait été meilleur, je me suis sentie inconfortable et j'ai formulé autrement. Pourtant, le mot « oralement » est un mot acceptable et qui veut tout à fait dire « de vive voix ». On l'a rendu sale en le collant à un certain mouvement buccal de va-et-vient.

J'aime les chats et nous en avons deux à la maison, un mâle et une femelle. Quand on me demande si c'est une chatte, en parlant de cette dernière, je réponds bêtement que c'est un chat femelle. Est-ce que j'ai une chatte? Voyons donc, pourquoi suis-je si mal à l'aise?

Parfois, naïvement, on organise des activités auxquelles on invite des gens. On les prépare oralement avec une belle introduction puis, curieux de connaître leur intérêt on leur demande, l'oeil brillant : Est-ce que ça te tente de venir? Les esprits mal tournés répondront, le regard grivois, qu'ils viendront volontiers, qu’il n’en tient qu’à moi. Euh...

Certains mots par contre semblent puiser leur incongruité quelque part au fond de mon inconscient. Je ne pourrais vous expliquer précisément pourquoi, mais le mot « caresser » me dérange. On ne peut pas « caresser » une épaule, et « toucher » ne me rend pas vraiment plus confortable, alors contentons-nous donc de nous donner une « bean », d’accord?

Si avoir une chatte est tel que tel, affirmer haut et fort que mon mâle a une grande queue, ce qui n’est pas faux, est déconseillé hors contexte. Lorsque les deux chats sont côte à côte sur la table et qu’on me demande des informations, et les principales différences entre le mâle et la femelle, ça répond, mais autrement, les intentions qui me sont portées sont fausses. Jusqu’alors, les synonymes de queue ne la font pas pour limiter le malaise.

L’excitation est un état puissant, qui donne de l’énergie et qui permet d’accomplir des choses avec enthousiasme. Partir en voyage, c’est excitant, acheter un iPod Touch aussi. J’ai ressenti cette excitation en me le procurant. Pourtant, je n’aurais pas eu l’audace d’arriver chez moi, et encore moins au travail, en m’exclamant : « J’ai un iPod Touch, je suis tellement excitée!! » Il y a fort à parier que j’aurais droit à un sourire en coin et un « ah ouais! ».

L’eau est une substance maudite. C’est bon à boire et c’est vital, mais ça a le défaut d’être mouillé. Par contre, ce n’est pas mal tant que ce qui est mouillé est masculin. Je me suis fait prendre quelquefois à exprimer mon désarroi d’être mouillée en me sauvant d’une pluie torrentielle et c’est confirmé, seuls les esprits d’une pureté absolue n’y perçoivent rien de tordu. Imaginez-moi entrer dans la pièce, détrempée, avec l’excitation du nouveau iPod. Aussi bien tourner sa langue quelques fois avant de parler.

Tiens donc, ma chatte qui vient se faire caresser. Malaise.

dimanche 17 juillet 2011

Dsl cpr po

Alors que nous subissions cette idée de génie, d’aller marcher par cette belle journée four préchauffé pas de vent, plein soleil, absence d’énergie, le petit garçon plus qu’amorphe dans sa poussette pour cause de pas-de-sieste, nous sommes passés devant une maison où une « pitoune » en bikini, la bouche entrouverte, le regard vide, le bronzage exagéré, textait. Son chum, du moins le mâle de service, lavait la voiture pas très loin.

J’ai bien eu une pensée sur son désir apparent de se montrer en bikini, tant mieux pour elle si elle aime son corps, mais j’ai surtout amorcé une réflexion sur les maudits téléphones cellulaires et la nouvelle tendance texto.

Si j’avais un cellulaire, je texterais sans doute, et beaucoup parce que je déteste parler au téléphone. J’aime beaucoup écrire, et j’ai toujours quelque chose à dire. Par contre, je ne détruirais pas les mots. Je n’ai pas vraiment les diminutifs de mots et, pour ceux qui se rappellent ce billet, je ne suis pas une utilisatrice du LOL. Pas plus que sa version française MDR. Je ne peux pas non plus dire comment je me comporterais en public avec mon cellulaire, mais je suppose que ce serait comme je le fais avec le téléphone.

Je n’ai pas de téléphone cellulaire, par contre, j’ai un téléphone à la maison (quand même), et je sais que ça fonctionne sensiblement de la même façon. La petite boîte de plastique émet un signal, sonore ou vibratoire, signalant que quelqu’un tente de nous rappeler qu’il (ou elle) existe. La majorité des gens ont un afficheur, et savent quel ton prendre pour répondre. Pour ma part, par choix, je n’ai pas d’afficheur à la maison, donc je réponds presque toujours avec un ton ennuyé et interrogateur. Si c’était le cas, je filtrerais tellement mes appels que je ne répondrais plus.

Quand on entend ledit signal, on prend l’appareil dans notre main, à moins qu’on soit accro au point de ne pouvoir le lâcher (pathétique), on regarde l’afficheur, on prend une décision quant à notre action de répondre ou non, on s’excuse aux personnes avec qui l’on échangeait, puis on répond de notre plus belle voix : Allô? Oui, allô? Oui, bonjour?! Oui? Pour ma part, j’aime les trois premiers choix. Je suis moins adepte du « Oui » sec à la mécanicien automobile.

Moi, je m’excuse. MOI. Quand je suis avec quelqu’un et que, sans m’avertir, cette personne répond à son cellulaire, qui a vibré et que je n’ai pas entendu, pendant que je parle, comme si je n’étais pas là, les fils se touchent. Pourtant, je manifeste plus ma frustration parce que je me rends compte que je ne suis « pas évoluée ». Il m’arrive de ne même pas répondre au téléphone quand j’ai de la visite chez moi. Pour moi, c’est secondaire. La personne devant moi compte beaucoup plus.

Quand quelqu’un texte en me parlant, c’est une envie de tuer que je développe. Que voulez-vous, je suis née à la mauvaise époque. En passant, puisque je vous ai en ligne, je tiens à vous dire que je ne me reconnais pas dans la pub de Bud Light. J’ai vu la pub plusieurs fois cette fin de semaine et non, c’est définitif, je ne peux pas participer au concours. Pour en revenir aux textos, je suis tombée des nues hier sur la route quand j’ai constaté que le gars qui zigzaguait à côté de moi textait… Ben coudonc. Et vous, vous sacrez-vous des autres quand votre téléphone vous parle? Juste une question comme ça.

lundi 11 juillet 2011

Principes de base

Les enfants en très bas âge tendent à rire de toutes sortes de choses, parfois étonnantes. En effet, même s’ils ne comprennent pas, ils rient. Récemment, alors que je posais une question totalement absurde à mon fils de deux ans, Patus, il m’a répondu par l’affirmative, sèchement, sans aucune hésitation. Son ton était presque nerveux. Alors, je lui ai rétorqué : « S’il y a une chose que tu dois apprendre dans la vie, mon homme, c’est qu’une femme “dans sa semaine” (pour les cœurs sensibles ou les autres, qui craignent les vrais termes), tu dois toujours lui répondre ce qu’elle veut entendre. » Et là, comme ça, il a éclaté d’un rire franc, et il riait tellement qu’il en perdait le souffle.

Puisque mon anecdote est finie, je vais en profiter pour dire n’importe quoi. Ma garderie est fermée pour cause de stupidité humaine, que dis-je, d’absence d’intelligence sociale, depuis près de trois semaines. Ce soir, alors que j’apprenais qu’elle rouvrirait sans doute mercredi, pour deux petits jours avant de fermer pour trois semaines, en vacances, l’électricité a cru bon me rappeler qu’un téléphone à fil, ça avait ses avantages. La ligne a donc été coupée brusquement, violemment même, et c’en était fait.

Penaude, je me suis dirigée vers le sous-sol, en quête d’un téléphone à fil, sans doute poussiéreux. Patus a reconnu la chose et a dit, naïvement, qu’il voulait appeler Marie-Andrée, la fille de la garderie. Il demande ses amis tous les jours depuis près de trois semaines, l’idée de l’appeler lui a sans doute semblé excellente. J’ai fini par réussir à rappeler, et à savoir ce qui en était réellement. Puis, heureusement, nous avons évité la catastrophe, car nous mangions du réchauffé, et le tout l’était partiellement. Du spaghetti tiède, c’est plus que respectable.

Après une longue marche, à chercher des camions de pompiers, puisque nous en avions entendu passer, au loin, nous sommes revenus à la maison, dans une obscurité en devenir. J’ai donc pris l’initiative d’aller nous chercher des cafés glacés chez McDo, puisque notre machine à espresso fonctionne malheureusement à l’aide d’une fiche enfoncée dans une prise. C’est la vie. Je déteste l’électricité. Je ne comprends absolument pas ce qui se trame entre l’interrupteur et l’action demandée. Ce que je sais apprécier par contre, c’est que ça fonctionne. Quand ça « crash », c’est le chaos.

En arrivant chez McDo, la chance m’a souri. Premièrement, j’ai constaté que l’architecte qui a fait les plans n’a pas tenu compte de la possible interférence entre le camion de livraison et le service au volant. Je suis donc passée par la voie lente. Pas grave, la soirée était jeune. J’ai définitivement eu l’air plus brillante que celui qui a tenté de commander malgré le camion. J’espère qu’il n’y est plus, le pauvre. Puis, une fois entrée, j’ai constaté le peu d’achalandage. Puis, les caisses qui ne fonctionnaient pas, puis qu’il n’y avait pas de café de prêt. Je voulais mes cafés, j’ai donc patienté.

Comme je suis perpétuellement en ébullition, que mon cerveau fonctionne à vitesse grand V, j’ai discuté, en moi-même, de notre dépendance à cette abstraction qu’est l’électricité. J’ai pensé que nous n’avions jamais acheté la lampe de secours qu’il nous faut, que nous n’avons pas d’horloge murale, ni de radio qui fonctionne à pile. Nous avons des chandelles, mais nous avons également des chats, et eux, ils aiment bien les chandelles. Étrangement, faute d’être sournoises comme l’électricité, les chandelles sont d’une franchise tout avouée. Tu approches trop, les moustaches (ou cils) te frisent. On parle de chat, souvenez-vous. Je n’ai pas de moustache. Je vendrais ma voiture pour m’en départir si c’était le cas.

Finalement, l’électricité est revenue. En fait, elle est revenue avant le café glacé. Tout est vrai, c’est l’ordre qui est douteux.

En conclusion, mon fils est drôle, il y a des cons, vraiment très cons, qui sont vraiment cons, nous avons entendu les pompiers, mais sans les voir, sans électricité, c’est le chaos, et le café McDo, il m’a réveillée à un point où je me demande si je pourrai dormir.

Bien à vous, lecteurs.

dimanche 3 juillet 2011

Rapaces

J’avais en tête de vous entretenir de la mémorable fin de semaine, de notre virée éclair au pays des baleines, et j’étais très inspirée. J’ai fait une grosse erreur, je n’ai pas mis cette expérience par écrit hier. Mais pourquoi pas ce soir, vous entends-je déjà crier, à pleins poumons, pour que je vous entende d’ici? Parce ce soir, alors que je faisais le plein « d’air pur » en poussant mon fils dans sa poussette bleue, pas très loin dans le quartier, il s’est passé quelque chose.

Après avoir traversé le boulevard, celui qui sépare mon quartier de son voisin immédiat, des sirènes de pompier se sont fait entendre. Mon fils, Patus (selon ses dires), adore tout ce qui a des roues, avec ou sans moteur, spécifiquement les « gros gros gros pamions de pompiers ». J’ai pensé rebrousser chemin pour les voir passer à vive allure, mais je me suis dit que j’étais pathétique de courir après la misère des gens. J’ai donc continué ma route en lui expliquant que les camions passaient loin loin.

Soudainement, les sirènes ont plutôt semblé se rapprocher de l’autre rue passante, celle qui compléterait mon trajet habituel jusqu’à mon quartier. Alors que nous tournions sur ladite rue, les camions sont arrivés, en trombe, toutes sirènes criantes. À leurs trousses, des marcheurs, des automobilistes, des gens qui, contrairement à moi et à quelques marcheurs habituels, n’étaient pas là pour profiter du paysage.

En les voyant, tous, trop nombreux, j’ai aperçu l’épais nuage de fumée qui s’échappait d’une maison que je ne voyais pas. Je suis sensible. Beaucoup trop. Pendant que je tentais d’expliquer à Patus pourquoi les pompiers allaient si vite vers la fumée, ma voix tremblotante, non fonctionnelle m’a trahie. Après lui avoir expliqué qu’il y avait un feu, et que les pompiers allaient mettre de l’eau dessus, j’ai fait une parenthèse, insistant sur le fait que tous ces gens étaient là pour mettre l’emphase sur la détresse de ceux dont la maison se consumait.

Nous avancions toujours, et mon chum, qui joggait, nous a rejoints. C’est là que, de notre nouveau point de vue, nous avons vu les flammes qui montaient dans le ciel. Beaucoup trop haut pour être un feu de barbecue ou de remise. Au loin, d’autres sirènes. Des renforts pour les quatre camions déjà en place. Les curieux étaient si nombreux que j’en ai eu la nausée. Oui, j’ai arrêté pour regarder, parce que la violence de l’incendie était prenante, mais jamais je n’aurais osé aller me stationner, sortir de mon véhicule, m’installer avec la meilleure vue possible du spectacle et regarder avec une curiosité sale la détresse de ces gens.

« Comme ma maison est en pleine forme et que j’ai du temps à gaspiller, je me suis dit, pourquoi pas aller regarder une famille en détresse de voir sa maison partir en fumée? ». Si ça n’avait été qu’un cabanon, ces gens auraient-ils poussé l’audace jusqu’à dire « Ah, ce n’est que ça? » plutôt que « Ouf! »?

Pendant le reste de notre marche, alors que je hoquetais de tristesse et de rage, parce que ça me touche de vivre dans ce monde, et de savoir que des gens ont passé de leur maison à la rue, j’ai détesté mon choix d’itinéraire, parce que pour tous les autres qui marchaient, j’étais comme eux, une senteuse quand, en fait, c’est tout le contraire.

Finalement, mes belles baleines ont été surclassées, mais j’y reviendrai, cette semaine, quand j’aurai conquis le ménage de ma maison. Je tente encore de m’adapter à mon statut « sans femme de ménage ». J’y parviendrai. Mais quand? Une question comme ça, est-ce qu’on finit par aimer ça, torcher, ou est-ce que c’est uniquement inné?

mardi 14 juin 2011

Le syndrome de Dieu

Pros dans l’art de briser le moment, de tuer l’ambiance, de détruire le moral des troupes, de raconter des anecdotes dont on se torche, de toujours se mettre le nez dans ce qui ne les regardent pas, ces gens, appelons-les les gourous de Dieu, puisqu’au fond, ils en savent bien plus que Lui, sont partout.

Je porte fièrement quelques maladies mentales légères, socialement acceptables, dont celle qui nous intéresse aujourd’hui, la large bulle à trois faces. On a tous une bulle, nous devrions, du moins, qui nous permet d’avoir une certaine intimité, d’être confortable en public. Pour certains, cette bulle est élastique, moulante même, et laisse aisément place aux rapprochements, désirés ou non. Pour ma part, ma bulle est obèse, morbide même, et est munie d’un détecteur de présence humaine sur la face arrière, dans un rayon assez grand, ce qui m’empêche, psychologiquement et physiquement d’être dos à un groupe de face (position communément appelée « dans le milieu » d’un groupe). J’essaie, j’essaie, mais je ne suis pas capable. Tout comme je suis incapable d’être « trappée » dans un coin où des gens m’encerclent. Même de bons amis. Outre mon mari et mon fils, personne ne peut.

Parmi les autres particularités de ma bulle, il y a le fait qu’elle est adaptative. Elle sait détecter les esprits psychologiquement malveillants, et je fige en leur présence, telle une perdrix, afin d’éviter qu’ils n’aient le goût de me parler. Les gourous de Dieu agissent de façon instantanée sur ma bulle adaptative. Lorsque mon camouflage n’a pas fonctionné, que le gourou a senti ma présence, qu’il m’a vue et que, pire encore, il a envie de me parler, je passe en mode « condescendance ». Pas fine, pas intéressée, pas de service, comme dirait ma grand-mère. Si le gourou en présence est disciple du sarcasme, il tend à se rétracter et à se sauver, faute de bonne volonté de ma part, mais sinon, ce qui est trop souvent le cas, il reste là à accepter mes « Ah ouiiiiiiiiiiii… », « pas sérieux » et mon absence d’intérêt comme s’il était un roi de la scène.

Les gourous de Dieu ne sont jamais « méchants », mais ils ne sont pas sympathiques non plus. Peu importe le sujet, le petit bonheur qu’on veut partager, la bonne nouvelle, la découverte, ils ont tout vu, tout goûté, tout touché et Eux-mêmes savent à quel point ils ont les sens plus aiguisés que tout le monde. C’était plus beau, meilleur et plus doux. Un d’entre eux, un jour, m’a même remise à ma place à propos d’accouchement et de menstruations. Il connaissait ça, lui.

Il y a un de ces gourous à mon travail. Hier, il a mangé à côté de moi. Dans MA bulle. À une époque, je l’aurais gossé jusqu’à ce qu’un de nous deux meure au bout de ses souffrances. Hier, je me suis sauvée, je ne lui ai même pas laissé le temps de m’entendre parler. J’ai acheté la paix « pas cher pas cher ». J’ai eu l’air antisociale et impolie, sans plus.

J’ai un oncle du genre. Il a environ cinq « pas de diplôme », d’études abandonnées parce qu’il en savait plus que le professeur. Ces gens-là m’écoeurent. Le pire dans tout ça, c’est que si vous êtes un de ces gourous, vous ne vous reconnaissez sans doute même pas dans ces lignes. Étrangement, il semble n’y avoir aucune solution. Quelqu’un à une idée?

dimanche 3 avril 2011

Face à la mort

La mort, seule fatalité à laquelle on ne peut échapper, est capable de transformer les gens qui restent, ou resteront, en bêtes féroces et imprévisibles.

Si certaines personnes vivent normalement la tristesse, de façon civilisée, posée et avec respect, d’autres y voient une opportunité en or pour semer la pagaille, pour injecter dans le cœur des gens tristes, en plus de leur deuil, de la frustration et de la haine.

Certaines familles semblent prédisposées à ce genre d’événements. Les familles nombreuses, dont les membres sont majoritairement baby-boomers, sont spécialement sujettes à l’éclatement de conflits en périodes de deuil.

Alors que certains prennent des décisions difficiles et souffrent, pour le bien des personnes concernées, les autres creusent un trou bien profond dans le sable pour s’y enfoncer la tête le plus profondément possible et, du même coup éviter tout contact avec ladite prise de décision.

Il y en a, pour qui la prise de décision étant une activité très douloureuse, le fait que les autres décident pour eux est une source de réconfort, puisqu’ils savent qu’ils sont inaptes à le faire. Ceux-là, dans toutes les sphères de leur vie, souffrent de quelconquisme, maladie qui fait d’eux des personnes quelconques, faciles à oublier et effacées.

Cependant, il y a l’autre type de personne. Celui-là, le pire, regroupe des gens trouillards, refoulés et à la répartie tardive. Il nous est tous arrivé de faire face à une situation et d’y repenser, avec du recul, en se disant qu’on aurait bien dû dire ou faire telle ou telle chose. Eux, quand ils y repensent, avec le temps, ils s’inventent de l’intelligence et disent et font les telles ou telles choses en question. Mais c’est comme d’expliquer une blague, ça ne se fait pas.

Le problème, c’est qu’il est bien trop tard. Un exemple pour simplifier cet amas de mots? Prenez par exemple une grand-mère mourante qu’on aurait récemment « placée » dans un foyer, contre son gré, parce que son état de santé était devenu une menace pour elle et pour son environnement immédiat.

Supposons, tant qu’à supposer, que cette grand-mère soit, en plus d’être malade, insupportable et méchante avec les gens en général. Puisqu’elle est difficile et têtue, ses enfants hésitent à faire le saut, à prendre le chemin qu’il faut, jusqu’à ce qu’un d’entre eux, aidé d’une de ses sœurs, plonge. Certaines rechignent, pendant que d’autres sont enfoncés dans leur trou, mais le fait est que la décision est prise.

Quelques semaines plus tard, la grand-mère, toujours insupportable, de plus en plus difficile et méchante, comme si c’était possible, commence à mourir. Ah! Son autre fille, celle qui n’avait pas daigné levé ne serait-ce qu’un sourcil lorsqu’il le fallait, trop occupée à être elle-même, s’allume telle une ampoule fluocompacte, doucement au début, puis d’un coup sec.

Et là, comme si elle avait des choses à se reprocher, comme si elle réalisait qu’il lui reste peu de temps pour accomplir quelque chose pour sa mère, peu de temps pour pouvoir dire, dans un futur quelconque, qu’elle aura fait quelque chose. Un peu paniquée, ou stressée, ou blessée dans son orgueil, je ne saurais le dire, elle conteste, dès que l’allumage est complété, les décisions qui ont été prises pendant qu’elle vaquait stupidement à sa vie.

Comment se faisait-il qu’on ne lui eût JAMAIS demandé son avis? Placer sa mère était une décision stupide, elle s’en serait occupée, elle! AHAHAHAHAH!!! Quel meilleur moyen qu’un réseau social tel que Facebook pour contacter tous les petits enfants afin de les tenir au courant de la situation, et de leur offrir gracieusement un peu de culpabilité (qu’elle est généreuse), en leur disant que ça lui ferait tellement plaisir (à la grand-mère) si ceux-ci lui rendaient visite une dernière fois!

Je suis curieuse de savoir s’il est réellement possible de transférer des remords sur les autres, en se soulageant réellement, ou si le résultat n’est pas plutôt épidémique, c’est-à-dire que personne n’est soulagé, mais que plus de gens souffrent.

Toujours est-il que, il est légitime de se demander combien de gens elle aura réussi à infecter, de la cousine qui s’est fait traiter de lesbienne par ladite grand-mère à la tante qu’elle a toujours traitée de « guidoune », en passant par moi, qu’elle n’a jamais acceptée dans la famille, faute de preuves. Oups… C’était censé être hypothétique.

Ma réaction, en consultant ma page Facebook n’a pas été « Oh non! Grand-maman meurt! » mais plutôt : « Voyons, elle est conne celle-là de mettre ça sur Facebook. » Chacun son point de vue, je suppose.

Quand on lui reprochera d’avoir été conne, d’avoir été méchante et réactive plutôt qu’aimante et proactive, elle pourra toujours faire comme tant de gens le font, et mettre tout cela sur le dos de la tristesse. Être triste, c’est comme être vieux, on peut tout se permettre, et il suffit de s’excuser ensuite, sous prétexte qu’on est vieux ou triste.

vendredi 18 février 2011

J’ai encore le goût de tous vous envoyer ch***

Pourquoi censurer un mot si facile, si doux (on s’entend que ça pourrait être pire) alors que les gens sont si familiers avec la grossièreté, en général, et que les bonnes manières sont en train de disparaître? Parce que je suis en train de prendre un genre de virage « vert », mais version littéraire. C’est-à-dire? J’ai bien beau vivre dans un tipi, manger d’une main, et me « nettoyer » de l’autre (l’hiver, les feuillages se font rares), parler comme une bûcheronne, surtout au retour de chez le dentiste, le côté droit de la bouche complètement descendu et endormi, ce n’est pas une raison valable pour négliger mes écrits (et je me rends compte que n’importe qui peut nous lire alors…). Ceci étant dit, j’aurais même envie de changer mon titre pour « J’ai encore envie de vous envoyer paître », mais dans un souci de continuité avec mon billet précédent, je vais conserver celui-ci.

Je « relève » ce matin. En effet, pour compenser mon 5@7 d’hier qui n’a pas eu lieu, faute d’intérêt envers moi, je suppose, j’ai décidé de fêter à ma manière. Oui, une délicieuse Labatt 50 froide en soupant, une eau minérale à 21 h 30 et une bonne heure de ma vie perdue à consulter la page Facebook de ma radio favorite, Kyk 957.

J’ai déjà mentionné que j’aime la radio parlée. J’aime aussi l’idée que l’animateur (du matin) soit très provocateur (surtout ces derniers temps, ça compense pour moi) et j’aime les débats qu’il fait naître. Je le trouve intelligent. Par contre, je peux vous dire que les autres auditeurs (pas tous, évidemment) sont… jambons. D’autres termes culinaires, tels que «concombre » et « raisins » pourraient également être utilisés pour qualifier ces êtres au cerveau aussi gros qu’un petit pois.

Pour faire une histoire courte, hier, l’animateur (du matin), appelons-le CM pour ne pas lui faire de pub gratuite, a soudainement commenté la photo de profil Facebook d’une auditrice dont le commentaire (sur l’histoire du maire) était plutôt épais, et a utilisé des termes tels que « pute », « mains sur les boules » et peut-être « salope », mais je ne suis pas certaine du dernier. Mais « pute » était là. De ce fait, la mère de cette dernière, dont la photo de profil laissait deviner (montrait clairement) une « craque » infinie, s’est mise à faire des « post » sur la page de la station, en MAJUSCULES et écrits au son, pour traiter CM de tous les noms. Sa fille a aussi embarqué et ça dure encore. Le commentaire de la fille disait quelque chose comme « Je ne peux pas croire que vous donnez de l’argent au maire pendant que je suis monoparentale avec mes quatre enfants, donnez-moi du cash à moi à la place ».

Là, les menaces de poursuites fusent de toutes parts, et les insultes écrites (sur Facebook) se succèdent allègrement. Mon avis n’a pas changé. C’est pathétique. OK, CM n’avait pas à utiliser le terme « pute », mais la photo avec les bas en résille, les talons de 4 pouces et la bouche invitante, ça éveille l’animal intérieur des âmes sensibles. La mère est en train d’enfoncer la fille. Bref, au risque de me répéter, c’est pathétique.

Ce qui me fait rire dans ce débat, c’est que les gens, ils adorent CM (ceux qui écoutent, sinon, c’est quoi l’objectif?), le défendent et, dès qu’on érafle un peu leur orgueil (ou leur ego, la ligne est souvent mince entre les deux), ils entrent en mode « guerre » et tirent à bout portant. Leur défense, elle est toujours plus vulgaire, plus méchante que le propos d’origine. On pleure qu’on déteste se faire frapper dessus, et on frappe encore plus fort sur l’Assaillant. Brillant.

Le principe de la vengeance n’est pas compliqué à comprendre, mais le fait est que c’est con. Peut-être suis-je plus intelligente que la majorité des auditeurs de Kyk (je serais tentée de dire OUI), parce que moi, si on m’attaque (surtout sur Facebook ou sur mes blogues), j’ai tendance à trouver une défense « surprenante ». De plus, par écrit, on a le temps d’y réfléchir, de choisir les mots, pourquoi alors laisser parler nos émotions primaires, lorsqu’on a le choix?

Puisque je considère que j’ai assez perdu de temps sur internet aujourd’hui, je vais aller faire quelque chose d’utile, comme l’épicerie, et je vous reviendrai d’ici la fin de semaine, pour un dernier billet avant ma nouvelle « vie ».

jeudi 17 février 2011

Et si je vous envoyais tous ch***?

Il y a des journées, comme ça, sans savoir pourquoi, où j’ai envie de provoquer. Provoquer quoi? Je ne sais pas exactement, mais provoquer quelque chose, ou mieux, quelqu’un. J’aborde les conversations d’une manière arrogante, hostile même, et j’espère que ce sera assez pour atteindre la température d’ignition.

Malheureusement pour moi, je suis un peu trop civilisée. Peut-on l’être? Oui, certainement. En plus du problème précédent, je sors peu, voir pas du tout, en dehors de mon travail et de l’épicerie, donc j’ai vite fait le tour des personnes à provoquer. Et tout le monde n’est pas provocable non plus. Il y en a pour qui ça ne me viendrait même pas à l’esprit.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, c’était une de ces journées. On pourrait aisément vulgariser en disant que je « feelais pour m’obstiner ». Hier, c’était autre chose. Mon chat a testé ma patience en hurlant pendant près d’une heure complète, à différents niveaux de volumes, pendant la sieste de mon fils. Pendant cette période, j’ai eu envie de tuer. Le terme est fort, selon vous? Non.

La deuxième personnalité de mon adorable félin, celui qui est un vrai pot de colle, qui roucoule pour qu’on s’installe sur le divan afin qu’il vienne se lover contre nos jambes, celui qui est doux comme un agneau (c’est vraiment doux un agneau?) me rend dingue. Soudainement, son regard devient encore plus vide et, sans raison apparente, il se met à hurler, en errant dans la maison, et rien ne peut l’arrêter. Après une dizaine de minutes, quand j’ai tout tenté pour le faire fermer, normalement l’envie de tuer embarque. Les fils se touchent dans ma tête et j’entre en mode « contrôle ». Il est encore vivant, et il m’aime encore. C’est donc mission accomplie.

Revenons à aujourd’hui, à mon envie de provoquer. Je pense que c’est arrivé vers 14 h, juste après une contrariété. Je devais avoir un 5@7 de départ et ça a foiré. Je me suis sentie abandonnée et mon cerveau a cru bon transformer cette tristesse en provocation. Tout ce que j’ai trouvé pour me « soulager », ce fut de faire un commentaire « pas fin » (mais tellement léger) sur la page Facebook de la station de radio que j’écoute. Houuuuuuuuuuuu!!! Je suis déchaînée. J’ai eu droit à un « blast ». Et j’ai pu en rajouter un peu.

Sérieusement, je me trouve un peu pathétique. Au fond, se défouler sur Facebook, c’est minable. Et la fille qui m’a répondu, tout en majuscule, était encore plus minable. Et ceux qui ont fait « Like » à une ou à l’autre, ils sont encore pire, mais ils s’assument encore moins.

Finalement, il ne me reste qu’à espérer que mon envie de provoquer passera cette nuit, parce que tout bien réfléchi, ça ne sert à rien.

Ah, un autre finalement, à l’origine, je voulais pleurer que je trouvais ça moche que mes textes intelligents soient les moins lus. C’est peut-être de là que vient cette envie d’envoyer ch*** l’univers. Ça va passer, ça aussi.

lundi 17 janvier 2011

Party Fails

Internet est une source intarissable de preuves de la connerie humaine. Chez moi, nous sommes fan du réseau « Cheezburger Network » qui contient des petites merveilles de divertissement instantané tel que Lol Cats, Very Demotivational Poster et le très populaire Fail Blog.

De nouvelles sections apparaissent sans qu’on ne les attende vraiment et l’une d’entre elle, que nous avons découverte ce soir, Party Fails, est particulièrement juteuse. En effet, on y voit des photos de Party, des partys complètement « wild », où les gens sont tellement pleins qu’ils s’endorment partout, avec un « rond de pisse » sur les pantalons, ou la face dans l’urinoir, en train de propulser du vomi et bien des photos embarrassantes d’homme trop vieux qui enlace une jeune poulette par derrière, « doggy style ». La grande classe.

À savourer dans vos temps libres.

mardi 7 décembre 2010

La chasse aux cons

Je ne sais pas ce que j’ai ces temps-ci, j’en veux aux cons, on dirait. J’ai toujours pensé que ce type de personnes ne valait pas la peine qu’on s’y attarde mais là, il faut que j’en parle.

Hier, j’ai écrit un billet sur mon autre blogue. J’avais un sujet ET une petite envie de créer de la controverse. Rien de sérieux, juste envie de faire bouger l’eau un tout petit peu. Un manque d’attention peut-être? Peut-être.

Le sujet traité était le suivant : Une équipe d’analystes sportifs qui se sont fait prendre en ondes alors qu’ils n’étaient pas censés l’être. Un classique. Ils ont dit des vulgarités, parlé de « cul » et sacré gros comme le bras pendant la minute et quelques que ça dure. Bon, moi, personnellement, je les trouve cons. J’ai du mal à comprendre qu’ils prennent la chance de se laisser aller à des répliques telles que : « Se pomper le dard » ou encore « la calèche du sexe » quelques secondes à peine avant d’entrer en ondes à une émission en direct. Tout cela entrecoupé de maints « calisse » et « tabarnak ».

Mon billet était bon. Je suis fan de mon écriture, c’est bien. Là où ça me gosse, ce sont tous les idiots qui m’ont fait des commentaires me traitants de Sainte-nitouche, féministe, oreilles sensibles et ceux disant : « Au moins, ça prouve qu’ils sont humains », « Ils se font du fun, ils ont bien le droit » ou encore « en dehors des ondes, c’est leur vie privée, ils peuvent bien dire ce qu’ils veulent ». Ben oui, et quoi encore?

Je ne suis pas scandalisée, outrée, offensée. Non, tous ces mots que j’ai entendus (excepté se pomper le dard, ça c’était nouveau), je les connais et les ai entendus très souvent. Je travaille dans un domaine propice, avec bien des hommes. Je les trouve juste pathétiques. Épais. Irréfléchis.

Je pourrais aisément invoquer tous les saints à mon travail, à chaque minute que Dieu fait (c’est un thème) sur mes heures de travail. Je pourrais aussi parler de sexe fort et sans aucun respect pour les autres. Je pourrais, et personne ne pourrait remettre en question mes compétences. Par contre, ils pourraient se demander si je sais vivre, et avoir sérieusement peur de me voir agir devant des gens « importants ». Bon, je fais peur, mais c’est pour d’autres raisons…

Pourtant, quand je parle avec des gens, au travail, j’élève mon niveau de langage d’un cran par rapport à la maison, et je choisis mes sujets. Je dois être vraiment conne pour me soucier de ça, non? Ce que les gens ont retenu de ce billet? Je ne suis pas capable d’entendre les gens parler de sexe et sacrer. Et vous, qu’en pensez-vous? Je devrais vous mettre le lien… Voilà!

Mon autre billet...

mercredi 24 novembre 2010

Elle

Elle n’était pas telle que je la connaissais. Elle n’était certainement pas mieux, mais était-elle pire? Je ne le savais pas encore. Jusqu’à ce que je le sache. À une autre époque, nous étions presqu’égales. J’étais inférieure, bien-sûr, comme tout le monde, mais nous étions au moins du même côté. Maintenant, je suis devenue une simple sous-couche de la société.

Le temps a passé, les choses ont changé, le vent a tourné, je suis devenue sage, mieux, meilleure et elle, a pourri. Encore plus.

Méchante, vilaine, hautaine, prétentieuse, snob, injuste, braillarde, elle l’était déjà mais maintenant, elle l’est encore plus. Devenue maîtresse dans l’art de traiter les autres comme des moins-que-rien. Si moi je suis snob, elle, est le sommet universel du snobisme.

Le syndrome de l’ego démesuré? Encore trop faible pour la décrire.

L’humour? Interprété comme une attaque personnelle à coup sûr et instantanément reviré contre l’émetteur de la blague. Sauf si la blague est lancée par une personne qui a la chance, ou pire, le malheur d’être dans ses bonnes grâces. Je les plains, ces pauvres.

Il y a de ces gens qui nous dérangent, mais qui ne sont qu’une simple mousse qu’on enlève d’un pantalon sans même se donner la peine d’avoir une opinion, un sentiment à ce propos. Il y a ces autres par contre qui sont comme un pincement intense de la peau entre des doigts moites et raides, la sensation est insupportable, rien n’y fait. La patience ne tient plus, on ne pense qu’à ça, on veut que ça arrête, et vite. Une fois que c’est passé, la douleur s’estompe, tranquillement, selon la durée et l’intensité du pincement, pour ne devenir qu’un souvenir désagréable, qui remonte à la surface au moindre petit pincement, si inoffensif puisse-t-il être.

Elle, elle est comme ça.