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dimanche 23 juillet 2017

Automutilation…

Le terme fait peur, n’est-ce pas. On voit tout de suite une adolescente perturbée, qui s’est faite agresser par un proche et qui se coupe les avant-bras avec des lames de rasoir. Pourtant, quoique réelle, cette image de l’automutilation n’est certainement pas la plus réaliste et répandue.

Je pourrais vous garrocher des belles définitions selon des dictionnaires qui se la pètent mais je vais tout à fait éviter ça et vous raconter MON automutilation. La mienne à moi. Celle qui me hante, qui me supporte, qui me tient compagnie, qui me rassure, qui me donne des émotions, qui me fait regretter, qui change le regard des autres, qui fait partie de moi.

J’ai admis un trouble anxieux en janvier 2016. Entre deux crises d’hystérie, je me suis dit que j’avais besoin d’aide. Puis j’ai agi. On en reparlera un jour. Ou pas. Puis le temps a passé, je me suis adaptée au traitement. Une fois le TAG (trouble anxieux généralisé) sous contrôle, les bibittes plus profondes se sont sorti le nez. Elles avaient toujours été là, mais on ne les voyait pas. J’avais toujours pensé que je me détruisais les doigts parce que les petites peaux me dérangeaient. « Legit ». Puis que je m’arrachais la peau du cou et du dos parce que j’avais des boutons. Possible. Puis que je me grattais le fond de tête parce que ça piquait. Tsé. Au pire, c’était des mauvaises habitudes.

Un jour, alors que je n’avais plus cette nausée anxieuse à surveiller, j’ai réalisé que mes « boutons », mes « accrocs », ils n’étaient pas dérangeants. En fait, ils n’existaient pas. Jusqu’à ce que je sois inconfortable. Nerveuse. Triste. Contente. Stressée. Fâchée. Excitée. Déçue. Là, je me mettais à chercher le trouble. Pis à gosser, gosser, gosser jusqu’à ce que ça fasse mal.

Douleur physique. Sang. Cicatrice. Quelque chose de bien plus concret que l’émotion déclencheuse. Imaginez en période de séparation et de changement de travail… Mon pauvre cou, il est marqué à vie. Et je continue. N’allez pas croire qu’il suffit de se séparer et de changer de travail pour que ça se règle. Il restera toujours les chicanes, les problèmes financiers, les enfants qui déboulent les marches, les clients en maudit, les crises économiques, les enragés du volant, les perce-oreilles, les virus d’enfant, les attentats terroristes, les dégâts d’eau, les crevaisons, les tremblements de terre… Toutes les raisons sont bonnes pour se faire mal. En fait, la douleur n’est qu’un « bonus ». Je gratte et j’arrache comme si l’émotion dérangeante était l’accroc en question et que ça passerait si je l’enlevais.

Le fait est que même si c’est fait dans le but de me rassurer, de me sentir là, de « ressentir », de me réconforter… ben ça dure pas. Ça dure les quelques secondes, parfois minutes, requises à la destruction de la zone. Ensuite, il faut trouver un autre endroit. Ce n’était peut-être pas le bon cuticule pour traiter contre les chats qui vomissent. Et ça finit par trois pansements par main, le divan blanc taché de sang et des beaux bobos partout…

Peut-être vous dites-vous que ce n’est pas vraiment de l’automutilation, que tout le monde fait ça, à différents degrés. Certes, vous avez sans doute raison. Sauf que moi, j’en suis maintenant consciente, et maintenant que je sais que je le fais, dans quel but, et que je suis « incapable » de le contrôler, je considère que c’est un problème. Je consulte, si vous vouliez demander. Peut-être aussi vous dites-vous que je manque de volonté. Et peut-être même que vous avez raison. Ou pas. Mais le fait d’en parler, ça m’aide. Les gens qui m’aiment et qui me font attention sont compréhensifs. Et je pense que je le fais de moins en moins. Peut-être que peindre et écrire seront mon exutoire. Peut-être qu’un jour je pourrai n’avoir mal à aucun doit, n’avoir aucune plaie fraîche… Ou pas. D’ici là, bon retour sur mon blogue, et je souhaite de tout cœur ne pas attendre un an avant d’y revenir.


jeudi 20 décembre 2012

En rétrospective


Puisque ce billet se trouve à être le 252e que je publie, je me suis dit qu’il serait bon de faire une rétrospective, notamment pour donner la chance à mes nouveaux lecteurs, s’il en est, de lire ce que j’ai fait de mieux, sans avoir à se taper inutilement les tranches de vie qui ont démodé avant même d’être lues.

Oui, j’ai produit, au fil des mois, de vrais bijoux. Mon style n’est pas très littéraire, j’en conviens, mais c’est le mieux alors autant l’exploiter comme il se doit. Je suis passée par une foule de cycles émotionnels depuis, et c’est ce qui donne une « richesse » à ce que j’écris.

En faisant ce tri, j’ai constaté que mes meilleurs écrits ont eu lieu dans la première année de mon blogue, tout comme les pires, mais que la baisse de débit a inévitablement entraîné une baisse de qualité…

Si vous n’en avez qu’un à lire, je vous suggèrerais LME 1 : Introduction 

Sur ce, n’hésitez pas à les lire et à les commenter, même s’ils sont vieux.

Voici donc mes suggestions :

Pour mes moments déprime intense, j’ai été capable de faire de la littérature de dépression :

L’imposture  Pas pire celui-là



Humour animalier :

Vie de mouche Vraiment bon!
Air de mort Corde et instructions pour les nœuds en sus.
Question de survie La suite de l’autre…

Réseaux sociaux et Facebook, surtout


Un poème! Mon seul, je crois!Le temps, cet instable

Humour, tout simplement :



Délire!

La minute éducative (LME), série de billets humoristiques sur toutes sortes de sujets :

LME 1 : Introduction
LME 2 : Lechat 









jeudi 30 août 2012

Quand je me fais romancière


Pour la troisième année consécutive, Dieu que le temps passe vite, septembre marque pour moi l’ouverture du prix de la nouvelle de Radio-Canada. Contrairement aux deux années passées, je n’avais encore rien d’entrepris à l’annonce de l’ouverture, il y a de cela trois jours.

Bien de l’eau a coulé depuis, puisque la nouvelle est écrite depuis hier. Et là, je commence à douter. N’allez pas croire que je me pense auteure, loin de là. Je n’aborde jamais ce concours dans l’optique d’empocher les 6000 $ et de voir ma nouvelle publiée dans le magazine d’Air Canada, mais avouez que ça fait rêver. J’aimerais ressentir la poussée d’adrénaline d’apprendre que je suis finaliste. Ce serait déjà tellement euphorisant! 

Mais au fond de moi, je ne me crois pas réellement capable d’en arriver là, ce qui constitue une barrière en soi. Les gens qui gagnent le grand prix, l’une des quatre mentions spéciales ou les vingt-cinq finalistes dont la nouvelle est publiée sur le site sont de vrais auteurs, des artistes. Pas des filles trop cartésiennes qui entretiennent leur écriture par un blogue de tranches de vie avec 3.5 lecteurs.

Les anecdotes, ça fait rire, mais ça ne charme pas les juges des prix littéraires de Radio-Canada. Et mon idée, mon histoire, je l’aimais, et j’y croyais, jusqu’à ce que je me dise que je n’étais pas de calibre. Tout à coup, je ne connais plus assez de mots, je ne sais plus faire de phrases, et j’ai du mal à conjuguer mes verbes dans le bon temps. Sans compter que le concours est sélectif. On ne doit pas être trop fou, trop violent, trop coquin, il faut être assez. En général, je ne suis jamais assez. Je suis toujours trop. Doute, quand tu nous tiens (il était bon ce billet). Comme si ma vie allait changer avec ce concours.

Les autres années, j’ai dû choisir parmi mes nouvelles. Cette année, j’avais UNE idée. Et je ne l’aime plus. C’est un drame bien banal, vous dites-vous? Vous n’avez pas tort. Mais si on part du principe qu’écrire est mon seul passe-temps, la seule activité qui m’a suivie au fil des années, ma passion, ne pas aimer mon « morceau concours » est un cauchemar. Heureusement, les cauchemars finissent par finir. Il suffit peut-être de quelques jours de repos. Je me laisse la longue fin de semaine sans même y penser, puis j’y reviendrai mardi. Un regard nouveau me ferait du bien, n’est-ce pas?

En attendant, vous êtes là. Et merci d’ailleurs.

samedi 18 février 2012

La critique

Affirmer haut et fort que l’on est ouvert à la critique, c’est un peu comme se vanter de ne pas être susceptible. Fort peu probable.

Un collègue de travail, qui semblait vraiment vouloir me dire quelque chose, mais sans pour autant aboutir, brettant devant ma porte, est entré dans mon bureau, le regard indéchiffrable en me disant : Ton billet, ça n’allait nulle part, tu ne faisais que sauter du coq à l’âne. Ou quelque chose du genre.

Je serai honnête, puisqu’il risque de lire ceci et de s’offusquer de la déformation de ses paroles, je ne me rappelle plus ses mots exacts. Vous remarquerez d’ailleurs que j’ai omis les guillemets, pour me couvrir encore davantage en cas d’erreur de ma part.

Toujours est-il que, si j’ai oublié les mots, je me souviens précisément de ce que j’ai compris. Ça diffère parfois (souvent) de la réalité, mais c’est mon blogue, alors j’y mets ce que je veux. Dans ma tête, il m’a dit que c’était mauvais et que ça n’avait aucun sens. J’étais passée de mon cours d’anglais à mon manque d’intérêt généralisé, pour finir par parler d’un concours. Méchante folle. Puisque je suis un être d’expressions faciales, je parle beaucoup avec mes yeux, il s’est défendu en me disant, et je risque les guillemets : « Si tu ne prends pas la critique, tu n’as qu’à pas publier ».

Une fois mon irritation passée, et je parle ici du sentiment, non de l’affectation dermatologique, j’ai amorcé une réflexion. Si certains disent que trop penser nuit à l’évolution, alors je m’avoue primitive. Je lui ai laissé une chance, et j’en ai profité pour m’en laisser une aussi. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas compris le « message » que je m’exprime mal, que je ne suis pas bonne. Ceci ne veut pas non plus dire qu’il ne me comprend pas. Il se peut qu’il n’ait simplement pas aimé mon texte. Je préfère croire qu’il s’est emmerdé à me lire, plutôt que de ne pas être claire. Comme ça n’a pas été établi clairement, je me donne le droit de choisir cette option. En conclusion, je pense m’être prouvé que je suis capable de prendre la critique, finalement.

Par contre, une réflexion, ça ne s’arrête pas comme ça! J’étais lancée. Je me suis donc penchée, encore, sur une situation où j’ai dû « critiquer » quelqu’un sur son attitude parce qu’il m’avait manqué de respect, faisant des allusions très déplacées à mon égard. Comme mon intervention verbale, à l’instant précis de l’événement, n’avait pas été entendue, je suis passée au plan B, un courriel vraiment « cool » et qui insistait sur mon droit au respect tout en disant que je l’aimais bien. C’était le 30 novembre. Au 17 février dernier, il ne l’avait toujours pas digéré, allant jusqu’à me contourner au sujet du travail, à me « bypasser ». Lui, il n’a pas accepté la critique. Emia : 1 – Lui : 0.

mercredi 15 février 2012

If I were someone else...

Après une réflexion longue, hasardeuse, inutilement compliquée, je suis officiellement inscrite à des cours d’anglais, qui ont débuté ce matin. Petite anecdote, puisqu’on y est, alors que je posais des questions à une fréquence abusive, quasi maladive, à la responsable des ressources humaines au sujet dudit cours, insistant sur mon insistance, elle m’a dit, comme ça : « lance une cenne ». Euh, non.

Pardonne-moi, Championne, et je t’appellerais sans doute Capitaine si tu étais un homme, après un commentaire shitteux de vendeur de char usagé comme ça, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Si la vie était si simple, euh… et si la vie était si simple, justement?

La question, finalement, est pertinente. Si la façon de l’amener est un peu simpliste, voir cheap, la réflexion qui en découle semble en valoir la peine. Comment se fait-il, bon Dieu, que tout soit si compliqué, que rien ne soit simple? Prenez mon chat par exemple, malgré le portable sur mes cuisses, il vient de s’installer sur moi pour me piétiner. Il avait le goût de le faire, il l’a fait. Mais il avait le goût. Sans doute le point qui nous distingue lui et moi, en plus de sa fourrure, de son regard vide et de toutes ces caractéristiques de chat.

C’est souvent ça le problème avec moi. L’envie manque. Les concepts simples sont compliqués. Quoi porter, quoi manger, quoi faire, quoi dire? On peut faire une longue liste avec presque tous les mots en « q ». Sauf « quai », « quartier » et… Finalement, avant les classiques « qui », « quand », « quoi », « où », « comment », « pourquoi », « avec qui ». Pas tous. Peu importe. Je ne sais pas de quoi j’ai envie, en général.

Toujours est-il que, pendant mon cours de ce matin, la madame nous posait des questions, tour à tour, et « what else would you do, no money, no limit? » est sortie. Instinctivement, j’ai répondu « writer ». Pourtant, outre faire des belles phrases, je ne dis pas grand-chose. C’est difficile de trouver quoi mettre entre mes majuscules et mes points, à une heure par mois, alors imaginez si je m’y mettais huit heures par jour… Je finirais par m’acheter une caisse de corde et en profiter pour me ramasser un livre sur les nœuds en même temps… Moi, si j'avais une quincaillerie, j'aurais une étagère de livres sur les noeuds dans la rangée de la corde.

Mais si je ne faisais pas ce que je fais, je ferais quoi? Heureusement pour moi, je fais ce que je fais et, la plupart du temps, je m’y plais. D’ailleurs, ca fera un an, le 21 février.

Parlant d’écrire (bien dit), les finalistes du prix de la nouvelle Radio-Canada seront dévoilés le 20 février… Je sais que ma nouvelle n’était pas de calibre, que j’ai tout fait à la course, trop vite, mal, sans me réviser pendant des semaines, faute de temps. Malgré ce que je sais, j’espère. Là où il y a de la vie, il y a de l’espoir, qu’ils disent. C’est donc dire que je suis vivante? J’aurais envie de gagner, c’est déjà ça, non?

Sur ce, on s’appelle?

mardi 23 août 2011

Des bulles...

Être dans sa bulle. Se la faire péter. Avoir quelqu’un dedans. Avoir une bulle au cerveau.

Je viens tout juste d’en avoir une. Petite, rien de majeur. Rien que le temps ne guérira pas. J’ai eu une envie folle de me payer un cours à l’université. Un cours de rédaction. Ma bulle s’est gonflée, gonflée, gonflée… jusqu’à ce que j’aille constater avec désarroi que les cours de lettres sont aussi chers que les cours de génie. Je ne m’attendais pas réellement à une différence, mais disons que j’espérais.

C’est dans les 300 $. Dans la première moitié. J’ai tellement déchanté en voyant le prix que j’ai tout fermé, oubliant presque instantanément le montant et le titre du cours en question. On m’aurait appris à faire de belles phrases, à bien choisir mes temps de verbe, à choisir des bons mots. Vous n’avez même pas idée à quel point je rêve d’un tel cours depuis longtemps. Surtout un lundi soir de 19 h à 22 h.

Paradoxalement, ma raison, la chienne, vient toujours me ramener les deux pieds sur terre. Au fond, à part mieux écrire, ça ne me donnerait concrètement pas grand-chose de faire ce cours. Et je risquerais par le fait même d’être déçue, advenant le cas où le prof serait moche. Mais le français, c’est créatif, éclaté, artistique… les artistes ne sont jamais moches, hein?

En plus, il faut payer toutes sortes d’autres trucs quand on va à l’université. La vignette de stationnement, entre autres et les documents de support. C’est tout de même plein de dollars de plus. Non, ça y est, à force de calculer et de m’approcher tranquillement du 500 $, je reviens à la raison. De toute façon, mes insignifiances auraient-elles réellement plus de charme si je faisais des phrases littérairement correctes? Sans doute pas.

Sur ce, bonne soirée.

mardi 8 février 2011

Pipisse

Ayant cette envie incontrôlable de jaser d’urine, je me dis que la vie est bien trop courte pour se retenir et je me lance!

Ce matin, mon fils a fait son premier pipi dans le pot!

L’asperge est un légume surprenant… Savoureux, je dois l’admettre, agrémenté de beurre, de fleur de sel et de poivre fraîchement moulu, mais qui occasionne aussi certains… inconforts. En effet, la prochaine fois que vous vous délecterez de ces vertes tiges, ne vous surprenez point si, quelques heures plus tard, en allant soulager votre vessie, une odeur désagréable vous titille l’intérieur des narines. Les asperges ont cette façon de vous faire sentir mal à l’aise… en pissant.

lundi 24 janvier 2011

Il y a des jours comme ça

Il y a des jours comme ça où les choses semblent avoir perdu leur sens. Des journées où notre confiance, qu’on sait déjà fragile, semble comme la branche bien verte de la plante qu’on vient d’amputer, par souci d’espace, et qu’on a vulgairement lancée dehors : Il suffit d’un coup de vent pour qu’elle en éclat.

Étrangement, la veille, tout allait, tout était rose, tout était beau. Sans doute, demain ou après demain, tout redeviendra encore rose et beau. Mais maintenant, aujourd’hui, le rose a perdu son lustre, il est devenu grisâtre, terne, et si on le mangeait, il serait sans doute granuleux et fade, plutôt que sucré et piquant.

Ces jours-là, on se demande pourquoi on est là, pourquoi les gens qui nous aiment, nous aiment. On a peur de déranger les gens par notre simple existence, alors pas question d’aller vers les autres. On se demande si notre vie suit vraiment le cours qu’elle aurait dû suivre où si, par un malheureux malentendu, par un choix douteux, nous en avons détruit tout le potentiel, nous nous sommes écartés du droit chemin.

Croire que notre destin est tracé, que les jeux sont faits, que les dés sont lancés, serait certes rassurant, mais impliquerait aussi que tous nos efforts sont en vain, que peu importe nos actes, le résultat sera le même, qu’on travaille pour rien, qu’on pense pour rien. La défaite des lâches.

D’un autre côté, croire que nous sommes le maître d’œuvre, que tout est entre nos mains, nous pousse à remettre toutes nos mauvaises décisions en doute, à se culpabiliser, à subir la pression de l’éventuelle mauvaise décision. Cela vient à l’encontre de « C’était dû pour arriver ». Il n’y aurait donc pas de « droit chemin ». Y a-t-il simplement un chemin ?

Finalement, trop de mots, plus de questions, point de résultat. Vivement demain. Mais d’ici là, vivement maintenant.

mercredi 19 janvier 2011

Silence

Dans son sens propre, dans son sens pur, le silence est froid, vide.

Le silence peut aussi être peuplé de mots, des mots vides de sens.

Le silence est une scène où les paroles, piètres comédiennes, se donnent en spectacle, devant un auditoire qui les acclame pour leur simple existence.

Ces mots, si beaux, si bien agencés soient-ils, ne servent qu’à tenter de prouver au silence qu’il n’en est pas un, à berner ceux qui ne savent pas chercher, à convaincre ceux qui ne veulent pas comprendre.

Alors que souvent, mille mots mal choisis, si brillants soient-ils, ne parviennent pas à briser le silence, il peut suffire d’une étreinte solide, les yeux enfouis dans un cou qui sent bon le réconfort, qui goûte bon la sincérité, qui réchauffe par sa douceur, sans un mot, pour que le silence cesse d’exister.

mardi 11 janvier 2011

L’imposture

Cette fille ne cessait de me suivre partout depuis des semaines, si ce n’est des mois. Parfois, il me semblait avoir la paix, mais dès le constat de ladite tranquillité, il ne suffisait que de quelques heures, au mieux quelques jours, pour qu’elle réapparaisse, semi subtilement.

Sans être particulièrement antipathique, ni sympathique, disons-nous-le, elle avait cette aura déstabilisante qui empestait l’hypocrisie à des kilomètres à la ronde, ou des milles, selon la perception.

Malgré les efforts que je déployais pour tenter de savoir où tout cela avait commencé, à me souvenir de la première fois où elle m’avait rendue mal à l’aise, me subtilisant mon énergie, ma confiance, rien n’y faisait. Il y avait longtemps que je la voyais, mais je n’y avais jamais réellement porté attention, jusqu’à un jour, dans un passé qui ne me semble pas si lointain. Ces derniers temps, elle était de plus en plus présente, et parfois bien trop près. Elle me collait aux basques, comme l’aurait dit un Français.

J’ai cru au hasard, je vous l’avoue honteusement, pendant bien longtemps. Peut-être cela me rassurait-il? Je la croisais fréquemment au travail, plusieurs fois par jour, mais ne m’en formalisais point, jusqu’à ce jour, où je l’ai rencontrée ailleurs. Un malaise, un questionnement, un rappel à la raison puis, on retourne à notre vie, on continue notre magasinage. Le hasard, s’il existe bien sûr, peut parfois aller jusque-là, sortir la personne de son « cadre ». Les gens ont une vie, eux aussi.

Elle ne me suivait jamais de très près, se contentant de brèves apparitions puis, disparaissait. Au point où je me demandais si elle avait réellement été là ou si je l’avais simplement imaginée. La fatigue peut provoquer ce genre de confusion, n’est-ce pas? Le doute se faisant trop lourd, il était grand temps de rentrer. Un dernier arrêt puis, retour à la maison.

Cherchant l’huile de noix nerveusement sur les tablettes, tentant en vain d’afficher un air détaché, j’étais morte de trouille. Je ne la voyais pas, mais je sentais sa présence. Peut-on réellement sentir la présence de quelqu’un dans un supermarché, dans une foule d’inconnus? Je me suis pressée, suis passée à la caisse et, juste avant de sortir, alors que j’avais l’impression de m’en tirer gagnante, l’ai aperçue qui marchait dans le stationnement, d’un pas pressé.

Paniquée, j’ai couru à ma voiture et ai pris le chemin contraire à celui qui mène chez moi. Avait-elle réellement été là? Sur le coup, j’en étais convaincue, mais, avec du recul, le doute que mon imagination me joue des tours était grandissant. Je ne suis rien, ni personne, qu’un être vivant qui court pour sa vie. Pourquoi une femme à l’aura démoniaque me suivrait-elle dans mes moindres déplacements?

La question me semblant pertinente, j’ai repris mes esprits et suis retournée chez moi. Mon allée était libre. Étrangement, j’en étais soulagée. Jetant toujours un œil inquiet dans le rétroviseur, au cas où, et la tête comme une girouette, j’ai stationné mon véhicule dans mon allée et ai couru dans la maison, telle une enfant qui se jette sur son lit à partir de la porte de sa chambre, de peur de se faire prendre les pieds par le monstre qui vit sous le lit.

Une fois à l’intérieur, j’ai verrouillé et me suis appuyée sur la porte, les yeux fermés, pour reprendre mes esprits et mon souffle. Mon cœur battait à tout rompre, et l’angoisse me serrait le ventre comme jamais. Elle était dans la maison, je le sentais. Je n’osais pas ouvrir les yeux, j’étouffais, j’avais peur, j’avais mal. J’étais crispée au point de me demander si mes yeux pourraient un jour revoir la lumière.

Soudainement, elle m’a prise à la gorge et une douleur lancinante m’a transpercé le plexus. On me poignardait, me tuait dans ma propre maison, et ce, sans me laisser aucune chance. Puis, je suis devenue molle et j’avais mal. Petit à petit, l’air est à nouveau entré dans mes poumons. J’étais vivante et la douleur semblait s’estomper légèrement.

J’ai ouvert les yeux et elle était là, devant moi. Elle me regardait d’un air absent, paniqué, sa respiration lui faisant osciller les épaules au même rythme que moi. Je me suis touché la tête pour voir si tous mes morceaux étaient là, elle a fait de même. J’ai entrouvert la bouche pour parler, elle l’a fait aussi. À peine soulagée, j’ai enlevé mes bottes et me suis éloignée du miroir.

mardi 21 décembre 2010

Vide

Sans réfléchir, je laisse aller mes doigts sur le clavier.

Les mots se succèdent à un rythme fou.

Le claquement des touches qui reviennent à leur place après avoir accompli leur fonction première est une douce musique dans la maison silencieuse, où seul le ronronnement de la ventilation se fait entendre, séquentiellement. Pourtant, rien n’apparait sur l’écran. Des mots, oui, mais rien derrière. Que sont les mots s’ils ne font ni mal ni bien? Rien de plus que des lettres alignées les unes près des autres.

Ces mots, vides, nuls, mal agencés, ne tiennent pas la route. Dès qu’ils apparaissent et que des yeux s’y attardent, les miens, l’annulaire droit vient frapper vigoureusement sur LA touche, celle qui veille hypocritement sur toutes les lettres, les menaçant à tout instant de les faire disparaitre. Et c’est précisément ce qui arrive. Les lettres, les mots, les phrases et même les paragraphes disparaissent plus vite qu’ils ne sont apparus, ne laissant derrière eux qu’une pensée amère, un sentiment de vide.

Je parle trop pour finalement, ne rien dire. Cette fois, rien n’y fait. C’est tout.

mercredi 8 décembre 2010

Le temps, cet instable

Allez, je m'improvise poétesse, soyez vigilant... je suis encore verte!


Tard le soir, lorsqu'il est l'heure, il fait la course

Toute la nuit, à grande vitesse, il passe

Au matin, encore une fois, se presse

Puis, une fois sortis de la maison, il s'arrête


Ce temps qui file, qui manque trop souvent

Celui qu'on cherche, qu'on poursuit

Devient soudainement un rampant

Lorsqu'on a besoin de lui


Dès lors, il s'arrête, se pose

La précipitation, c'est terminé

L'urgence s'est essoufflée

Peut-être qu'un repos s'impose ?


Indécis, il admire ce qui l'entoure

Il s'arrête, respire, se ferme les yeux

Considère la sieste avec sérieux

Quoi faire d'autre lorsqu'il fait jour ?


C'est alors qu'il s'étend par terre

Tantôt si pimpant

Soudainement si amorphe

Le temps est un bipolaire


Dès qu'on veut s'en débarrasser

Il colle à nous tel un manifestant

À l'instant où nous le cherchons vraiment

Il dort à poings fermés

mercredi 1 décembre 2010

Jeux de mots

Patate. Pourquoi pomme de terre? Qui a jugé que patate était un mot indigne?

Serrer. Pourquoi ce mot, qui veut dire « squeezer » est majoritairement utilisé pour dire « ranger » et que si peu disent « ranger »?

Dessour. Un jour, quelqu’un, quelque part, a vu, imaginé, rêvé un « r » à la fin de dessous. C’est devenu « dessour ». Il y en a même qui l’ont encore plus dénaturé. « Sour ». « Mon morceau de patate est tombé sour la table ».

Matante. Mononcle. Là d’où je viens, on n’a pas de tantes et d’oncles, mais des matantes et des mononcles. « Ma matante m’a donné un Monsieur Patate comme cadeau. Et mon mononcle a signé dans la carte ». Étrangement, pour moi, une « matante », c’est un type de personne, du genre version féminine de « bonhomme ». « Un bonhomme et sa matante nous ont coupé sur l’autoroute avec le pick up trop gros pour la ligue.». Ça vient généralement avec la coupe de cheveux « matante » (la boule frisée) et des légumes trop cuits (pas dans le pick up, mais si jamais on va manger chez eux…).

Échalote. Je rêve du jour où quelqu’un va me demander d’aller lui acheter des échalotes et où c’est ce que je ramènerai. La personne, d’un air pantois et peut-être suffisant, me dira, « Je t’avais demandé des échalotes ». Ce jour-là, je prendrai aussi des oignons verts avec moi, juste au cas où…

Peccadille. Pacotille. Je ne fais pas vraiment la différence entre les deux.

Déjeuner. Égout. Saoul. Tous des mots sur lesquels je mets toujours un chapeau, alors qu’il n’y en a pas.

Canceller. Céduler. Word ne les souligne pas, mais ces mots n’existent pas. Je ne veux pas qu’ils soient acceptés. On peut tellement facilement dire « annuler » et « planifier ». C’est quoi le problème avec ceux-là?

Censé. Sensé. Censé : Supposé. Sensé : Avec sens. Certains disent « faire du sens ». C’est un anglicisme, non?

Estimé. Quoi? Vous êtes sérieux? Une soumission formelle, sérieuse avec en grosses lettres majuscules : ESTIMÉ. Soumission, ça ne vous dit rien?

Sou. Officiellement, le sou est mort il y a belle lurette. Mort et enterré. Vous pouvez l’utiliser dans des expressions telles que « Je n’ai pas un sou » ou encore « Ça génère de gros sous » mais sinon, restons-en à notre bonne vielle « cenne ». Il n’est pas impoli de se faire dire « Il vous revient 14 cents » après avoir acheté votre sac de croustilles. C’est simplement vrai. L’expression « Changer 4 trente sous pour une piasse », c’est imagé. En fait, il faudrait dire « Changer quatre 25 cents pour 1 dollar ».

Coucouâ. C’est cacao. Arrêter de me sortir le « coucouâ », pu capable. En plus, cacao, c’est plus facile à dire.

Chambre de bain. Je n’aime pas ça. J’aime mieux salle de bain.

Manger. Comme verbe, ce mot est super. Comme nom commun, pas certaine. Sauf dans la phrase : « Les matantes aime le manger trop cuit, donc le manger mou ».

Culottes. Techniquement, des culottes, ce sont des sous-vêtements. Pourtant, moi, je l’utilise comme « pantalon ». Mon fils dit « papaon ». Je devrais peut-être faire comme lui? Mais je ne lui vole pas sa version de « rhinocéros », ok? Je ne serais pas capable de le répéter. Il y a environ 5 syllabes…

Chesseuse. Sécheuse qu’on dit. S’il-vous-plaît.

Si les chansons qui nous restent dans la tête sont des vers d’oreilles, ces mots sont des perce-oreilles. En plus d’être source de haine, ils puent. Euh…

À bientôt, pour la suite peut-être?

lundi 29 novembre 2010

Écrire

J’écris, présentement, je sais. Mais ce que je voudrais, au plus profond de moi, c’est écrire plus, mieux. Pourtant, ce que je fais de bien, ce que je fais de mieux, n’est certainement pas ce que j’ai envie de faire. Toutes ces anecdotes, ces tranches de vie, c’est bien beau, mais je voudrais faire mieux. Mais de quoi ai-je donc envie, sacrebleu? J’aurais envie de fiction, de chassé-croisé, de mystère, je suspense. J’en suis incapable. J’essaie, j’essaie. Quand ce ne sont pas les temps de verbes qui m’étranglent, ce sont les idées qui manquent. Des pages, des pages et encore des pages et soudainement, plus rien. Pas d’intrigue, pas de but, pas de fin. Je suis une histoire sans fin, un conte inachevé.

On dit souvent que l’on est ce que l’on fait… Suis-je donc aussi vide que mes écrits? Je ne le crois pas, pourtant. J’ai un style bien à moi, ma propre façon de formuler mes phrases, d’aligner mes mots, de les choisir… Mais l’écriture n’est pas faite que de mots… Oui, mais non. Il doit y avoir quelque chose derrière ces mots. Une idée, un tracé, un message, une solution.

Je lis des textes fabuleux, exceptionnels parfois. Je me nourris de toutes ces idées folles si bien mises… Mais je suis un peu jalouse aussi. Alors que certains ne font que pester contre le message, moi, je m’extasie devant l’enveloppe. J’ai envie de vous donner un exemple concret. Voici donc QcFan. Le type en question est un vrai génie. Il est capable, par une plume imaginative et bien mise, de créer des scandales dans un milieu où les gens sont frileux, soupe-au-lait. Pour lui, le sport n’est qu’un prétexte pour écrire et être lu.

Revenons à moi. Non. Mon cerveau s’est arrêté. Je n’ai plus rien à dire. C’est peut-être parce que je suis en train d’écrire trois billets en même temps…

Je vous laisse là-dessus.

lundi 15 novembre 2010

Oui ou non?

Fait étrange, je veux écrire un billet, quelque chose en particulier, qui est presque tout réfléchi dans ma tête mais, on dirait que je ne suis pas prête. Pour faire une histoire courte, j’ai appris quelque chose de très triste aujourd’hui et ça m’a fait beaucoup de peine. Ça ne me touche pas personnellement mais ça m’a quand même trotté dans la tête toute la journée. J’ai envie d’écrire à ce sujet mais c’est lourd, très lourd. Je vais tenter d’y parvenir demain, sur mon heure de dîner, et j’espère sincèrement rendre justice à la situation.

Je ne pourrai pas m’empêcher d’écrire là-dessus, mais du même coup, je ne veux pas que les personnes concernées lisent mon billet. Alors comme disent les français, « j’ai le cul entre deux chaises ». Satisfaire égoïstement mon besoin d’écrire, ou les respecter et ne pas le faire. Mais dans tous les cas, je doute sincèrement que la personne que je connais me lise. Est-ce que ça me donne automatiquement le droit? Bonne question. Je dormirai là-dessus.

À moins que je sorte mes plus beaux mots, mes plus belles phrases pour que tout se fasse en douceur? Ce pourrait être une option intéressante. Sur ce, c’est tout pour ce soir.

Merci d’être là, d’être patient et de revenir!

samedi 16 octobre 2010

Mais où est parti mon cerveau?

Ce soir, comme bien des soirs d’ailleurs, j’ai follement envie d’écrire. Mon cerveau, en pleine effervescence, n’a qu’une seule envie, mettre des mots les uns à la suite des autres, de façon plus ou moins harmonieuse, et en arriver à faire un texte suffisamment intéressant pour que les yeux qui le liront, transmettent un sentiment agréable au cerveau caché derrière ces yeux.

Pourtant, je suis malade. Je souffre d’un syndrome, apparemment très fréquent, qui touchetrop souvent les animaux de ma race, le syndrome de la dépression littéraire aigüe. J’essaie d’écrire, je trouve un sujet, je commence à aligner les mots et… plus rien. Un texte merveilleux (ouf) et très éducatif est venu frapper au moins trois fois à la porte de mon inspiration mais il s’est poussé avant même qu’elle ne puisse répondre. Résultat. Des paragraphes, incohérents, et des idées qui ne se tiennent pas.

Je sais que, peu importe le sujet, je suis capable d’écrire, et même de belle façon. Le problème, j’ai envie d’être drôle, et c’est le premier symptôme de ma dépression. Un sens de l’humour fiévreux et léthargique.

Parfois, je me dis, pour créer l’habitude d’écrire un texte à tous les jours, qu’il me suffirait de me faire un sac de mots et d’en piger quelques uns lorsque mon cerveau refuse de coopérer. L’idée n’est pas folle, mais je vois déjà comme un fardeau le simple fait de choisir les mots en question. Il serait facile de dire, je vais nommer dix choses que je vois présentement et en parler. Sous-verres, chaise pour enfant, couverture des Canadiens, arbre à chats, vase noir à motifs blancs, fil réseau, tricycle Fisher Price, ordinateur portable, cafetière et… araignée (plante).

Pourquoi ces mots et pas : lampe, télécommande, pouf, verre de plastique turquoise, Playstation 3, armoire vitrée, citrouille, petit cahier brun, et tellement d’autres? Je ne sais pas pourquoi pas ceux-là mais je me rends compte qu’on en a des cochonneries chez nous. Ici, dans ma maison, à l’année, c’est le festival du papier. Des lettres de la banque, des circulaires, des listes de toutes sortes, des revues (ben des revues), des recettes libres, il y en a. Partout. Dans toutes les pièces, sauf la chambre de mon fils (même dans la salle de bain).

Malgré ma panne de cerveau, j’ai quand même réussi à détourner le sujet. Je vais essayer de vous parler de quelques uns des mots de la première liste. Ben non. C’est impossible. Outre vous les décrire, ce qui serait forcément une torture pour vous, je ne saurais quoi en dire. À part le mot « cafetière », qui ne fait que me rappeler que ma cafetière Espresso est chez le médecin des cafetière Espresso et que, comble de malheur, j’ai oublié ma tasse Thermos au bureau et que je devrai me passer de mon café filtre lundi, en plus. Maudite drogue douce.

Finalement, je ne sais pas quoi écrire. Heureusement que mon texte pour le concours de Radio-Canada est écrit depuis longtemps parce que si j’avais attendu aujourd’hui, je n’aurais rien pu écrire.

dimanche 10 octobre 2010

Ah ah ah, je LOL!

En partant du principe que le mot « LOL » peut aussi être un verbe, « loller » et qu’on peut le conjuguer, tel n’importe lequel des verbes du premier groupe, je ne lolle pas. Je n’ai personnellement rien contre les gens qui lollent mais je n’adhère tout simplement pas au mouvement. Le mouvement entier, tous les autres acronymes ou mots bizarres, désolé, je ne suis pas. Quand je pouffe de rire devant un énoncé, un vidéo, ou même devant la simple existence de quelqu’un, je suis plutôt de type « ahahahah! » que LOL. Son collègue français, « mdr », ne me rejoint pas tellement plus. En fait, c’est presque pire.

Je ne sais pas si cela est dû au fait que je suis quand même relativement rapide sur le clavier ou encore que j’ai un certain respect pour la langue française mais j’aime bien l’idée d’écrire les mots dans leur totalité. J’aime cette harmonie. Au bout du compte, c’est peut-être un défaut, puisque je remarque un peu trop les fautes des autres. J’en échappe bien quelques unes de temps en temps, moi aussi, mais au moins, je ne les affiche pas sur un menu de restaurant ou sur une « panfiche » format géant d’une entreprise sur la rue principale.

Pour en revenir au lollisme, je crois sincèrement qu’on en abuse. C’est presque devenu une marque de politesse ou tout simplement une façon de dire qu’on a pris connaissance de l’affirmation, de la blague, ou du commentaire, sans pour autant vouloir y ajouter quelque chose de consistant. Est-ce comparable au « salut » de convenance qu’on adresse systématiquement à notre voisin lorsqu’on a le malheur de sortir de la maison en même temps que lui, mais qu’on n’a pas envie de lui parler?

Si je faisais une excellente blague et qu’on y répondait par un simple « lol » tout nu, sans rien d’autre, j’aurais le sentiment d’avoir échoué. Même chose pour un billet. Est-ce que le lollisme vient de pair avec le séparatisme? Ou encore, suis-je tout simplement vieux jeu? À moins que je n’aie tout simplement pas de sens de l’humour, ce qui m’étonnerait parce que j’aime bien rire. Et vous, chers lecteurs, pensez-vous que je suis complètement à côté de la plaque en ne lollant pas?

Si un jour le mot « lol » devient partie intégrante de notre dictionnaire, j’essaierai peut-être, d’ici là, j’aime mieux laisser cela aux habitués.

Une dernière chose, même si je ne lolle pas, un des mes sites web favoris est un site de LOL. Lolcats. Sur ce site, que vous connaissez peut-être déjà, c’est le festival de la connerie. http://icanhascheezburger.com/ La barre de menus bleue (incluant « All sites ») recèle des petits bijoux. Je vous suggère Lolcats (si vous aimez les chats), Failblog (si vous aimez rire) et Very Demotivational (All sites) mais il y en a des dizaines d'autres. Il s’en rajoute à chaque jour et met du soleil dans les journées grises. À découvrir!

mardi 17 août 2010

Le mot juste – toujours nécessaire?

Étant dotée d’une intelligence au moins moyenne, sinon plus, je sais que l’idéal, lorsqu’on parle d’une chose, ou que l’on songe à le faire, est d’employer le mot le plus juste possible, celui dont la tâche première est de désigner la chose, ou le concept que nous désirons aborder. Pourtant, il me semble que parfois, la situation exige un peu de… je cherche mes mots, de… contournement. Je ne parle pas ici de protéger quelqu’un, ou encore de l’épargner, mais je parle surtout de rendre la situation moins « coupée au 45 ».

Par exemple (je me doute bien que c’est tout ce que vous attendiez, j’y arrive), s’il arrivait que ma Loutte (voir billet Ma chatte) se plante devant moi, côté queue, et que mon nez capte une odeur désagréable, j’aurais tendance à privilégier la remarque suivante : « Ma Loutte! Tu sens du trou! » plutôt que de dire « Rikku, ton anus empeste ». Avouez que la première option est presque agréable, tandis que la deuxième tend à faire défiler des images du sujet en question dans notre tête, à notre insu.

Restons dans la même zone. Si, par hasard, lorsque mon fils prend son bain, il lui arrivait de s’empoigner l’entrejambe et de tirer autant qu’il le peut (il en profite, c’est le seul moment de la journée où il y a accès, où il n’a pas de couche, à cet âge, c’est encore risqué de le laisser se balader tout nu…), et que j’avais envie de décrire la situation à une tierce personne, disons mon chum, je pencherais davantage vers une formulation du genre : « Ton fils se l’étire ben long… » (où « l’ » désigne le membre en question) que quelque chose d’aussi franc que : « Ton fils se tire sur le pénis de façon exagérée ». Je sais qu’il devra apprendre les vrais termes un jour ou l’autre, mais comme il a à peine un an, ça peut encore attendre un peu. Pour l’instant, il ne dit que « papa », « maman », « tetaime (je t’aime) », « Ba ba (bye bye) », « baon (ballon) », « ssssssssa (chat) » et « bas ». Pénis et anus peuvent encore attendre. J’aime encore mieux qualifier la zone entière de « fesses ».

Dans un autre ordre d’idée, il y a certains mots, qui disent vraiment ce qui en est, et qu’il est socialement inapproprié d’utiliser, fait contre lequel je lutte d’ailleurs personnellement. Je parle ici des euphémismes suivants : décédé, non-voyant, malentendant, personne de petite taille, personne ayant un surplus de poids, enveloppé(e), ronde, grassette, costaud, court. Personnellement, je suis très : mort, aveugle, sourd, nain, obèse, petit, mais ça, c’est moi. Est-ce que le fait de dire décédé pour mort rend le mort moins mort? Non, alors je vais continuer de dire mort. Le mot est presque devenu impoli. C’est comme ceux qui pensent que dire « par » pour « porc » est plus chic que « porc ». Est-ce que, avec les années, le porc (la viande) a cédé son rôle nutritionnel pour devenir la personne malpropre (sale) et/ou à la sexualité débridée (un cochon, souvent vieux) et pour se faire remplacer par le « par » en question? Le point mérite qu’on s’y attarde mais, pas aujourd’hui.

Finalement, les termes que j’ai tendance à adoucir et à contourner évoquent généralement les parties du corps que les vêtements ont pour rôle de cacher ou encore les fonctions que lesdites parties ont pour responsabilité. Cette phrase était douce à souhait. Je l’avais traduite avec les termes appropriés mais après relecture, je trouvais que ça brisait la naïveté de mon billet alors j’ai décidé de vous épargner cela. Vous êtes là pour vous divertir, après tout. Au fond, je suis une poétesse. Et la poétesse a sa journée dans le corps, alors ce sera tout.