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mardi 6 janvier 2015

Folie de propagande - le biscuit Sacré

Pour toutes sortes de raisons, culturelles ou par tradition, nous respectons certains rites religieux dans ma famille. Les athées diront que je suis trop croyante, ridicule, naïve, que je suis incapable de raisonner par moi-même. Les pratiquants diront que je suis une brebis égarée, une fausse chrétienne, une traîtresse. Il n’y a pas d’issue.

Je n’ose pas me qualifier de scientifique, parce que les puristes pourront dire qu’il n’en est rien. Par contre, je peux affirmer sans crainte être une personne rationnelle dotée d’une façon de pensée toute scientifique. Je crois en la science. La science, c’est la vie. Je ne crois pas en l’Immaculée Conception ni au créationnisme. Pourtant, il m’arrive de parler d’Adam et d’Ève sans nier d’emblée leur existence (s’ils ont existé, ils n’étaient certes pas les premiers et ils ne se sont certainement pas autogénérés). Je souhaite sans remords « Joyeux Noël » et je mets sans honte une crèche (Fisher Price) sous mon sapin (elle se promène dans toute la maison, mais elle est parfois sous le sapin).

Pourtant, lors de mes cours de préparation au mariage (religieux), je n’ai jamais été capable d’accepter l’idée folle d’admettre que je me mariais à trois avec Dieu. Ben non. Juste mon chum et moi. Personne d’autre. JAMAIS je n’ai dit ce que le prêtre voulait entendre parce que c’était contre mes valeurs. J’ai choisi le mariage religieux parce que culturellement parlant, ça me rejoignait. Pas la grande robe blanche à 5000 $ (140 $ sur Ebay) ou le party à 150 personnes (18 personnes le matin), juste notre petit mariage à notre goût.

Pas assez athée fondamentaliste pour dire « Non, pas question de faire ça à l’église parce que l’Église c’est la maison du mal ». Mais trop athée pour dire « Oui, je me marie à trois avec Dieu, je prie tous les jours et Dieu me guide dans toutes mes décisions courantes, sans compter que je traîne toujours ma bible dans ma sacoche ». Je sais, athée c’est athée, c’est 1 ou 0, il n’y a pas de juste milieu. On croit en Dieu, ou on n’y croit pas. Je n’y crois pas. Pas capable. Désolée. Je suis donc athée. Sauf que je ne suis pas frustrée. La mauvaise application de la religion par les représentants de l’Église ne m’a pas rendue folle furieuse. Je respecte ma propre culture. J’aime fêter Noël. J’aime fêter Pâques. Mes enfants sont baptisés. Mais non, Dieu lui-même n’est pas mon confident. Jésus non plus. Et je ne crois certainement pas que c’est pour MOI qu’Il est mort sur la croix. Boule chiite.

Ceci étant dit, je suis tout de même capable de comprendre que certaines personnes ont besoin de Dieu pour les guider dans leur vie, parce qu’eux sont incapables de se situer dans ce tourbillon, qu’ils n’arrivent pas à se faire suffisamment confiance. OK. Ça se peut. Là où je suis un peu confuse, c’est quand des gens qui sont supposément aussi scientifiques que moi, qui ont fait des études dans un domaine cartésien, qui DOIVENT savoir que la vie est apparue sur terre à la suite du Big bang, se mettent à vouer un culte démesuré à Jésus, ou à Dieu, ou à Raël, ou Cookie Monster, pourquoi pas? Soudainement, ils remettent en question la théorie de l’évolution. Puis, ils ne croient plus aux dinosaures. Ils se mettent à voir des complots partout. Et après, ils nous disent des absurdités du genre « Mes nouveaux amis m’avaient prévenue que mes anciens amis se sauveraient en voyant comme je suis heureux et bien… ». Euh… Excuse-moi, mais si tout le monde te fuit, le grand, c’est parce que t’es rendu un méchant freak peu étrange. Tes élans passionnels concernant ton nouveau guide spirituel, si ça met juste une belle petite chaleur dans ton cœur meurtri, ben sache que ça jette tout un « frette » dans ta relation avec les gens connectés!

Bon, tout ça c’est dans mon petit coco à moi. Cependant, d’ici à ce que Satan en personne viennent tous nous berner et que deux prophètes bien intentionnés envoyés par Cookie Monster pour sauver son biscuit se fassent cruellement trucider, je me fais un devoir de vous éduquer sur la propagande, et comment s’en sauver. À priori, la propagande n’est pas purement négative. En fait, selon l’Académie française, il s’agit de « toute association ou de tout organisme qui a pour but de propager certaines opinions, publiques ou sociales, et de toute action organisée en vue de répandre ou de faire prévaloir une opinion, une doctrine ». On peut donc faire une la propagande sur les bienfaits d’une alimentation saine ou de la zoothérapie. Ou encore le cross-fit, la photo, le vélo et le végétalisme. Qui peut s’en offusquer? Mais quand ça devient trop, TOO MUCH, c’est trop.

Les esprits s’échauffent lorsqu’on se met à propager des idées religieuses ou sectaires. La politique passe encore, puisque de toute façon, toute campagne politique est nourrie de propagande. « Je n’essaie point de te convertir, mais je veux que tu rencontres Cookie Monster toi aussi, je veux que tu saches comme son biscuit est merveilleux et à quel point il peut te faire du bien ». Ou la distribution de petits papiers bibliques, de cours de relations humaines, et carrément de sectes. J’essaie de comprendre ce qui me dérange autant de la propagande sociologique. Est-ce le fait que quelqu’un semble avoir échappé son cerveau entre deux chaises perdu son bon sens ou suis-je simplement jalouse écoeurée raide de ces gens qui clament leur foi, qui savent pensent que Cookie leur parle ou qu’ils peuvent réellement atteindre le biscuit divin avant tout le monde en se tuant en masse, tels des lemmings en surpopulation, avant le 36 décembre 3050?

Nous sommes en 2015. Jamais je n’aurais cru être témoin au quotidien ce genre de phénomène. Personne d’ailleurs, il suffit de regarder la réaction des gens lorsqu’un « Prie et ça ira mieux » bien senti est échappé devant eux. Ils commencent par en rire, parce qu’au Québec on peut rire de ça, puis l’horreur remplace le rictus lorsqu’ils réalisent que l’orateur croit en son discours. Si vous vivez cela, et que vous êtes hautement inconfortable, ne faites pas l’erreur de vous taire, surtout si c’est une personne que vous côtoyez régulièrement. Dites poliment (ou en spray, selon votre type de personnalité) que vous ne désirez pas inclure Cookie Monster à votre vie (de travail, de couple, tout court) et tenez-vous-y. S’ils voient que vous ne vous insurgez pas êtes réceptif, ils recommenceront. Ce n’est pas le moment d’acheter la paix. De toute façon, vous savez comme moi que toutes les guerres du monde (à peu de choses près) sont faites au nom de Dieu Cookie Monster et de Son biscuit sacré.


Alors, pour conclure cette propagande antipropagande religieuse, je vous laisse.

jeudi 27 décembre 2012

Sexe insolite


Le temps des fêtes est haut en couleur. Je suis une personne routinière et fondamentalement coincée. C’est la vie. Disons plutôt que j’ai des principes propres à moi-même. Le temps des fêtes me perturbe à différents niveaux. Je mange peu chez moi, ce qui fait que mes bananes mûrissent sur le comptoir pendant que mon pain moisit dans l’armoire, et moi je rêve de manger ma rôtie beurre d’arachides et banane… alors qu’on m’attend ailleurs.

Nous sommes allés à un party de « bureau » chez le patron de mon chum récemment, le 22 décembre, et nous étions tous ramollis dans le salon, étendus de notre long sur les genres de popoches avec des petites boules dedans qui font qu’on s’endort si on se penche trop et on jasait, de tout et de rien. Nous étions une dizaine.

Tout à coup, celui qui est un animateur né et qui aime capter l’attention des foules s’est mis à parler d’une émission qu’il avait regardée à 5 h le matin même dans son lit, et parlait de gens qui ont une sexualité insolite. Parmi eux, il y avait cet homme paraplégique qui avait des orgasmes en se faisant tâter le pouce. Bon. Il serre la main avec le même membre qui lui procure sa satisfaction sexuelle, mais c’est mieux que rien.

De fil en aiguille, alors que notre amuseur de foule s’émoustillait de plus en plus dans son sujet, il en est venu à nous avouer qu’une fille qu’il connaissait pratiquait la zoophilie. Sur le coup, ça m’a révulsée, et je me suis dit qu’il ne se perdrait pas dans les détails et qu’il finirait par dire qu’il n’en dirait pas plus… mais non. Je préférais ne pas pousser la conversation, parce que je suis une fille imaginative et je déteste avoir ce genre d’images en tête, parce qu’elles collent. Je m’attendais à ce que les autres se scandalisent comme moi et exigent un changement de sujet, mais non.

Au final, on a su que la fille avait commencé ça très jeune quand ses parents quittaient la maison, le classique avec le beurre d’arachides, mais pas sur la rôtie, et nous avons fini par savoir que quand elle se mettait à quatre pattes par terre, le chien savait tout à fait comment gérer la situation. Vous avez raison, j’aurais pu me lever et aller discuter avec les autres dans la cuisine, mais quelque part je voulais tellement que ce ne soit pas vrai que je suis restée. À hurler mentalement tous mes arguments pourquoi c’était n’importe quoi.

Au plus fort du scandale, mon scandale personnel, parce que j’étais la seule à en souffrir, le bouffon s’est mis à dire qu’il trouvait ça génial si elle était à l’aise là-dedans, qu’il n’y avait pas de mal à ça. Euh? Vraiment? Et la fille était en couple, mais l’homme n’est pas au courant. Imaginez la scène : il arrive à la maison pendant que sa princesse se fait monter par le chien. L’émotion qui vient à un homme lorsqu’il réalise que son pénis trempe dans le même trou que celui d’un chien doit être fabuleuse. Imaginez seulement l’odeur. Un chien, même propre, ça pue. Si j’étais l’homme en question, je préfèrerais grandement trouver ma femme en train de se faire monter par un autre homme.

Ou encore, la femme vient de se faire lécher passionnément l’entrejambe par le chien, le conjoint humain arrive et a envie d’en faire autant, cinq minutes après, va-t-elle lui dire : « Attend, je vais aller me laver un peu, le chien y a déjà passé dix minutes? » Ça y est. J’écris tout ça et je suis profondément dégoûtée. Partant du principe que la loi 160 interdit la zoophilie au Canada, je pense que je ne suis pas si folle d’être si dégoûtée.

Même si le chien aime ça, ça ne signifie pas que c’est correct. C’EST DÉGUEULASSE! En conclusion, ce que cette histoire prouve, c’est que du monde fucké, il y en a vraiment partout, et que le fait d’avoir l’air normal ne garantit rien. Et Dieu sait que notre conteur a insisté sur le fait que la fille était belle, intelligente, professionnelle et parfaite. NON! Elle baise des chiens!! Bon. Bonne nuit. Et pardonnez-moi si ça vous a dégoûté. 

dimanche 16 décembre 2012

N'est stupide que la stupidité


Il nous arrive (sans doute) tous de dire à un moment où à un autre qu’on vient de voir la chose la plus stupide de toute notre vie. Et on le pense, sur le coup. Puis, plus tard, on voit autre chose de stupide, plus ou moins que la dernière fois, et on le redit. Chaque fois, ça nous semble être tout particulièrement con.

Je me souviens avoir vu mon voisin d’en face tondre son gazon en shorts, en babouches avec sa fille d’un an et demi assise par terre vraiment trop proche de la tondeuse, et je me suis dit que c’était hautement stupide de sa part.

Mardi dernier, mon chum s’est fait prendre dans un barrage routier pour vérifier l’alcool au volant au retour du hockey, à 22 h et des poussières. Mardi soir. Vendredi soir, en pleine soirée de partys de bureau les plus arrosés les uns que les autres, rien. Il n’est pas si stupide de ne pas rencontrer de barrage un vendredi soir, mais d’en voir un un mardi soir, ça l’est.

Certains Français qui pensent qu’au Québec, on vit dans des tipis et qu’on a tous une hache de guerre familiale aussi, c’est quand même assez stupide. Stupide drôle/pathétique, mais tout de même stupide.

La tuerie dans l’école primaire, qui a eu lieu vendredi matin dernier, et qui a envoyé à la morgue vingt minis que leurs parents avaient laissé partir naïvement, sans se douter que l’école pouvait les tuer, ce n’est pas stupide. C’est profondément troublant et ça fait paniquer. Moi, je suis incapable d’en parler. Ma gorge se noue et mes yeux se remplissent de larmes.

Ce qui est stupide par contre, c’est la réaction d’un groupe de craqués mentaux antihomosexuel, la Westboro Baptist Church. « The Westboro Baptist Church, the home of the 'God Hates Fags Church' has released a sickening video to explain how that 'God Sent the Shooter' to kill children at a Connecticut school because of the state's acceptance of same-sex marriage. »

En gros, si je comprends bien, et je n’aime pas ce que je comprends, c’est que ce groupe de malades qui se sont dit que c’était Dieu qui avait envoyé le tueur pour lancer un message à cet état qui cautionne le mariage gai. Ces enfants, et les adultes aussi, DEVAIENT mourir parce que les États-Unis sont partis dans la mauvaise voie. Euh… Y’a quelqu’un dans le costume? Youhou!!

Les gens en font des innocenteries au nom de Dieu. J’ai tendance à respecter la foi et à comprendre que ceux qui croient comblent un besoin et sont heureux là-dedans. J’ai un secret à vous dire, si votre Dieu vous dit des affaires qui n’ont pas de bon sens, C’EST UN PIÈGE. Ah, je vois, quand votre Dieu est trop présent dans votre vie, vous ne faites plus la différence entre le bon sens et la stupidité…

Les États-Unis, c’est vraiment un enfer sur terre. Les gens qui brûlent un drapeau étasunien peuvent se faire enfermer, mais il n’y a aucun problème à donner des pancartes pleines de paroles horribles aux enfants et à aller écoeurer les gens en deuil.

On fait tout un drame avec un sein à la télé, mais tout le monde a le droit d’avoir son arme, et les groupes de défense de ce droit sacré ne sont pas traités en trous-de-cul. Je ne comprends rien. Au final, c’est peut-être moi qui suis stupide.

dimanche 9 décembre 2012

Lendemain de party de Noël, à genoux devant la toilette…


Ne serait-il pas tentant de penser que je me serais soulée bien comme il faut, jusqu’à m’en revirer le système? Pourtant, il n’en est rien. J’ai bien bu, abusé même, ce qui est inhabituel, mais le tout est passé sans heurts dans mon système. Un party génial, le meilleur depuis bien des années. Excluant le souper.

Que fais-je donc à genoux devant la toilette? Ne pensez point mal, car le seul aspect « sexuel » de cette activité fut la position soumise. Sinon, je ne faisais que torcher. Mais pourquoi donc suis-je restée si longtemps en position de faiblesse? C’est parce qu’il s’est produit quelque chose d’inhabituel dans ma salle de bain. J’ai trouvé un gros cerne jaune sur la porcelaine qui se trouve derrière le banc, espace qui ne devrait jamais rencontrer d’urine si tous ceux qui s’y soulagent s’assoyaient. Je me permets donc de penser que quelqu’un a jugé que ma toilette ne valait pas mieux qu’un urinoir et s’est permis de jaillir partout. Hmmmm.

Un jour, dans le passé, et c’était d’ailleurs une veille de Noël, j’ai eu cette discussion avec quelqu’un. Je ne saurais dire comment c’est venu sur le sujet, mais on a parlé de qui s’assoyait ou pas pour « pisser » et tout à coup, j’ai « appris » que les gars qui s’assoient ne sont pas virils. « Pisser » debout est donc une marque de virilité absolue?

Moi qui pensais que la virilité servait à impressionner les femelles dans le but de les engrosser, mais il me semble que voir son mâle en train d’uriner n’est pas nécessairement un acte désirable. Reste encore la virilité qui sert à prouver aux autres mâles que tu es un vrai mâle, mais les seules fois où (j’espère) les hommes urinent en public, il y a des urinoirs, alors en quoi, dites-vous, s’asseoir pour uriner dans une maison privée, la porte fermée, manque-t-il de virilité?

L’homme PEUT uriner debout, il n’en a pas l’obligation. C’est vraiment pratique dehors et quand c’est sale, mais dans une maison. Il est aussi pratique de se moucher comme un joueur de hockey, c’est-à-dire en bouchant une narine et en soufflant violemment par l’autre. Mais c’est loin d’être chic et ça va où ça veut. Comme votre pipi quand vous êtes debout, Messieurs. Et ne tentez pas de m’endormir, ça éclabousse TOUJOURS.

Étant une femme, je trouve que l’aspect « chaise » de la toilette n’a que des avantages, dans les mêmes conditions que cité précédemment. J’avoue que je préférerais faire ça debout dans les toilettes publiques, mais Dieu (bien sûr) en a voulu autrement.

Toujours est-il que chez moi, au diable la virilité, les hommes s’assoient. Mon chum trouvait ça dégoûtant d’imposer ça à sa mère alors il a décidé ça tout seul. Je ne suis donc pas la vilaine qui lui a imposé. C’est comme ça. Je l’obligerais pour tout le monde, mais je me verrais mal dire aux gens, quand ils me demandent l’emplacement de la salle de bain : « Ah! Assieds-toi pour pisser parce que je n’aime pas vraiment essuyer la pisse des autres. Je suis obligée de prendre des essuie-tout et ce n’est pas bon pour l’environnement. D’autant plus que si jamais ça éclabousse de tous les côtés, il se peut que je ne le voie pas et cette idée me dégoûte à fond. Oui, ta pisse m’écoeure. Mon banc est propre parce que personne ne pisse dessus, alors étampe-toi les fesses dessus sans crainte. »

Si mon conjoint n’avait pour marque de virilité que cet aspect, outre de ne pas être en couple avec lui, je l’obligerais à laver la toilette, le côté du bain et l’armoire tous les jours. Il le ferait pendant une semaine et après, il s’assoirait parce qu’un homme qui torche, c’est encore moins viril qu’un homme qui pisse assis.

Bonne soirée.



mercredi 5 décembre 2012

Quand Facebook fait la morale


La vie est ainsi faite, il y a des choses qui ne semblent exister avec pour unique but de nous pourrir la vie. Parfois, ces choses sont des personnes. Ou des événements.

Facebook, par exemple, est une source d’irritants continue. Facile, me criez-vous, hors de vous, il suffit de faire un petit ménage dans nos « amis » et hop, le problème est réglé! Ou la version douce (ou fif, ça dépend du point de vue), les « cacher », comme ça ils ne nous embêtent plus avec leurs « posts » insignifiants tout en ignorant qu’ils sont insignifiants. Vrai. Mais certains « amis » sont comme certains collègues, c’est-à-dire qu’ils nous emmerdent, mais nous apportent quand même plus de bon que de mauvais. Mais leur temps est compté…

Élaborons un peu. C’est malheureux si les gens visés me lisent. Allô! Toujours est-il que ma relation avec les médias sociaux, Facebook exclusivement, est de type « utilitaire ». Bien sûr, je vais fouiner dans la vie « privée » des gens, de gens que je n’ai même jamais vus, mais dont on m’a déjà parlé, ou pas, mais en général, je ne fais que consulter le mur, et « poster » mes billets de blogue. Je publie des photos par-ci par-là, mais rien de régulier. Plus maintenant, disons.

Quand je consulte Facebook donc, c’est dans un but de divertissement, et non dans un but de moralisation profonde et de déprime instantanée. Photos d’enfants sous-nourris ou exploités et d’animaux torturés, textes moralisateurs sur les pauvres intellectuels floués et incompris… Non merci. Je comprends (vaguement) le pourquoi, je sais que Facebook permet une visibilité intéressante, mais quand même. Diffusez votre musique, des spectacles à venir, vos textes, vos coups de cœur, vos photos, vos exploits et même vos tranches de vie trop longues et inappropriées, au pire, mais pas de la déprime en pot.

Non, je ne me mets pas des œillères, je ne vis pas dans une bulle de verre. La société telle qu’elle est nous moralise par tous les moyens, soit en nous quémandant perpétuellement de l’argent pour toutes les causes du monde dans des endroits aussi emmerdants qu’à l’épicerie, soit en imposant des photos de femmes battues sur les tables de la salle à manger du travail encore pour nous quêter, en nous méprisant chaque jour parce qu’on ne covoiture pas, ou même en nous quêtant sur les coins de rue. Je sais ce qui se passe dans le monde dans une certaine mesure. Dans la mesure que je choisis.

Encore là, je l’écris, je le pense, mais je me demande jusqu’à quel point j’ai raison. La preuve que je ne suis pas de si mauvaise foi. Par contre, quand je vais au restaurant, je m’attends à passer un moment agréable, même chose si j’allais au cinéma, chose que je ne fais pas. Il est donc normal que je m’attende à voir des choses agréables quand je vais sur Facebook. Je porte des lunettes roses? Ben oui, et alors?

Bonne soirée!

dimanche 28 octobre 2012

Comme un cheveu sur la soupe...


Pendant un souper en amoureux au restaurant, en train de déguster une incroyable soupe à l’oignon à la bière, en pleine discussion profonde et personnelle, un malaise nous a frappé de plein fouet. Cet être humain, dont l’existence nous est brutalement rappelée dès qu’on l’aperçoit, pour qui nul d’entre nous n’a jamais démontré un quelconque intérêt, a cru bon arrêter jaser.

Je ne dis pas, si je l’avais fixé alors qu’il passait près de ma table et qu’il s’était senti obligé d’être poli, ou que mon chum avait fait de même… Mais non. Nous étions bien occupés à vivre sans lui, heureux d’être.

Reconstitution :

Mon chum, en train de manger un pogo de luxe.

Moi, occupée à me brûler le bord de la bouche avec mon exquise soupe.

Lui : « Salut vous autres!! » (beaucoup trop enthousiaste)

Nous : « Salut » (inintéressés et impatients)

Lui : « Souper de club social de bureau ».

Moi : [On s’en torche un peu] Ah, c’est toi ça la réservation de 40.

Mon chum : « Ben nous autres on est deux ».

Lui : Collé à notre table, sans rien dire d’autre, à ne pas s’en aller.

Moi : [OK bye. Je ne t’aime pas. Ta vie ne m’intéresse pas. Tu ne vois pas que tu déranges. Pourquoi tu colles. Vais-je devoir être méchante et te demander si tes amis te rejettent? Regarde-moi bien la face, est-ce que j’ai l’air contente/à l’aise/enthousiaste/sympathique? Tu vois bien que non. Alors BYE!]

Mon chum : Ne parle pas plus que moi, ne le regarde pas, mange. Me lance des regards crampés de rire.

Moi : Je casse mes croûtons dans ma soupe question de les humecter un peu. C’est vraiment des super croûtons qui refusent d’absorber le liquide. Je lève les yeux. Il est toujours là. [DÉGAGE!!]

Puis, devant toutes ses secondes utilisées à des fins nébuleuses, il a fini par partir. Nous ne nous rappelons pas s’il a dit bonsoir en s’en allant. Toutes ces secondes où la vie sans lui s’est arrêtée, c’était un peu comme être privé d’air…

Fin de la reconstitution.

Peut-être ne puis-je pas comprendre parce que je ne suis pas si sociable et que je n’ai jamais voulu être socialement impliquée, que ce soit à l’école, au travail, même dans la famille? Moi, quand je vois des gens que je connais au restaurant, je me baisse les yeux et je prie pour qu’ils ne m’aient pas vue. Si j’échoue, je me contente d’un sourire et d’un signe de tête, dans le cas où c’est quelqu’un que j’apprécie, ou d’un roulement d’yeux et d’un haut-le-cœur dans le cas contraire. Si je rencontre quelqu’un dans la salle de bain, je peux peut-être échanger quelques banalités, tout en me souvenant que je suis accompagnée par quelqu’un qui sèche à la table. Jamais je n’oserais m’approcher de la table de quelqu’un, à moins qu’on m’y invite et même là, je risquerais de faire semblant de ne pas entendre et de me pousser.

C’est un autre symptôme du capitalisme, je suppose. Fuir les communes et traîner sa petite bulle partout. J’adore l’idée.

Pour finir, je viens tout juste d’envoyer mon texte pour le prix de la nouvelle Radio-Canada. Je pense que c’est mon meilleur jusqu’à maintenant. Pas trop simple, psychodépressif à souhait, avec des belles grandes phrases pleines d’adjectifs, comme je les aime. J’ai hâte que les finalistes soient connus, soit pour en faire partie, soit pour la publier. Bonne soirée!

mercredi 26 septembre 2012

Méchants riches, bons pauvres


Aujourd’hui, on m’a catégorisée d’extrémiste de droite à la blague, plus ou moins sérieusement. Suis-je une extrémiste de droite? Bien sûr que non! Quelle sottise! Je ne suis absolument pas contre l’immigration, il nous faut bien des scientifiques compétents au pays et nous sommes bien trop paresseux ici, et je ne suis absolument pas contre l’avortement. Disons que je suis de la droite fiscale.

Il serait par contre tout à fait approprié de dire que je suis absolument anti-gauchiste (synonyme de la droite québécoise). Les pensées de gauches sont tellement plaintives et pleines de rancœur envers la société. TELLEMENT. Il y a une sorte de courant de pensée jaloux et paranoïaque pour tout ce qui produit de l’argent. À mort les capitalistes! Construisons une société pure et pauvre où les gens seront tous pauvres et où ils s’aimeront tous parce qu’ils ne s’envieront pas.

Bien sûr, vous me voyez tous aller. C’est écrit dans le ciel que je vais péter un câble contre le beau projet du PQ de taxer les méchants riches. On entend dire que si les riches sont trop taxés, ils voudront s’en aller ailleurs au Canada. Certains s’en offusquent. Pour ma part, si j’avais une quelconque chance de gagner ce montant d’argent annuellement quelque part dans ma vie, je considérerais définitivement foutre le camp ailleurs au Canada. Pourquoi travailler pour les autres, à ce point? Je perds déjà près de la moitié de mon salaire pour ces autres, je ne vois pas en quoi je leur en devrais encore plus.

Quand j’entends des idioties du genre, je finis toujours par me dire qu’il y a forcément quelque chose que je ne comprends pas, parce que c’est tellement con! Les gens de la gaugauche optimiste qui sont contre les vilains fortunés, est-ce qu’ils comprennent que l’économie de la province dépend de ceux qui font de l’argent? De moi aussi parce que de l’impôt, j’en paie en saint-siffleux. Non, ce n’est pas la culture qui fait vivre un peuple. On a tous besoin de manger et de se loger. Certains ont la chance de se payer ça tout seuls, d’autres ont la chance d’avoir les contribuables pour les aider, d’autres ont le culot de se faire vivre par l’état. Dans tous les cas, quelqu’un doit débourser de l’argent, et si ce n’est pas le nécessiteux, ce sont tous ceux qui ne le sont pas (nécessiteux).

Les gens qui font beaucoup d’argent ne sont pas tous des voleurs. Les paradis fiscaux existent, c’est vrai, mais ce n’est pas si commun. Les gens gagnent des sous généralement parce qu’ils offrent des produits et services, et qu’ils font travailler d’autres gens. On appelle ça faire rouler l’économie. La réalité de l’île de Montréal ne représente pas tout le Québec. You know? Ça prend quelques illuminés, mais pas trop. L’industrie du cinéma et de l’art abstrait, ça ne rapporte pas assez pour tous nous faire vivre. Les faire vivre. Disons.

Étrangement, les gens qui démonisent les vilains méchants pas gentils riches, ils sont trop souvent hors système. Quelqu’un qui fait des études éternelles, qui bénéficie de l’aide sociale ou qui quête les gens d’une quelconque façon ne paie pas d’impôt. Je n’ai jamais compris pourquoi les impôts n’étaient pas prélevés selon un pourcentage unique, à partir de 10 000 de revenu annuel.

En fait, ça devrait même diminuer avec la richesse. Il ne faudrait pas oublier que quelqu’un qui gagne la modique somme de 500 000 dollars par année, s’il payait ne serait-ce que 20 % d’impôt, donnerait tout de même 100 000 beaux dollars à l’état. Pas mauvais. La personne qui se contente de 20 000 $ par an ne donnerait que 4 000 $, ce qui est vraiment peu. Et quelqu’un qui gagnerait un maigre, mais confortable 50 000 $ paierait tout de même 10 000 $ d’impôt. Mais on manquerait immanquablement d’argent au Québec, parce qu’on ressent toujours le besoin d’augmenter l’impôt des gens qui travaillent et les services augmentent vaguement.

Non seulement le fait de vouloir augmenter davantage l’argent prélevé aux gens qui gagnent plus de 130 000 $ est con, mais il faut en plus qu’ils remontent au premier janvier 2012. Parlez-moi donc d’une dépense que personne n’a prévue. C’est du vol. Voyons Pauline! Réveille! Les riches font vivre le Québec. Youhou!!!! Et en plus 130 000 $, ce n’est pas tant que ça. Nos « riches » sont tellement moins riches qu’ailleurs! En tout cas, il faut croire que je ne suis pas une fille jalouse parce que je ne serai jamais « riche », et pourtant je ne leur en veux pas d’avoir de l’argent.

Bon, c’est ça. Dire que je m’enlignais pour faire un billet sur Occupation Double. Mais après mon choc nerveux d’avoir découvert que non seulement ça existe encore, mais les gens l’écoutent, j’ai comme manqué d’idées. Quand je pense à « OD », je deviens complètement vide d’esprit. Étrange non? Peut-être que ça me reviendra.

lundi 13 août 2012

Pauline Marois veut couper dans le gras?



S’il est encore quelques gens qui daignent me lire, malgré ma grande irrégularité et le récent vide inspirationnel, je suppose que celles-ci commencent à connaître ma position générale concernant la société, la politique, le travail, la vie quoi.

Ce faisant, je ne suis tout à fait pas du tout (c’est peu dire) péquiste, souverainiste, indépendantiste, Maroitiste. Pauline Marois, je la trouve prétentieuse, hautaine, et bien trop superficielle pour être à la tête d’un parti qui vogue entre le centre et la gauche. J’ai d’ailleurs lu l’article qui lui est consacré dans le dernier numéro de l’Actualité et, quoique très intéressant, ça ne fait pas tomber amoureux de la dame. Mais ça ne lui enlève rien non plus. Elle n’est pas pire ni mieux que les autres. Elle a au moins l’avantage d’admettre que la coquetterie est acceptable. Et je ne vise aucune femme à moustache quand j’écris ces mots.

Quand la nouvelle de madame Marois, qui a commenté l’obésité de monsieur Barrette, m’est accidentellement tombée dans l’oreille et sous les yeux simultanément, je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire. J’étais l’équivalent d’une inconsolable, mais pour ceux qui rient.

Puis, s'en est suivi la polémique. Alors que moi, pauvre utopiste que je suis, pensais que le scandale était enfin mis au jour, c’est-à-dire que le ministre de la Santé n’avait pas la « shape » de l’emploi, il n’en était rien. On accusait Marois d’avoir été méchante. WHAT!!!

Bon, il faut qu’on parle. Les amis, et les autres, je vous explique mon point. Je ne prétends pas que mon explication s’applique à toutes les situations, mais pour les choses importantes, ça marche souvent.

Je ne laisserais pas mon enfant dans une garderie où on maltraite les enfants. Je ne voudrais pas d’un entraîneur privé qui s’essoufflerait à monter un escalier d’un étage. Je ne voudrais pas d’une planificatrice financière à qui l’argent brûle les doigts. Je ne voudrais pas d’un dentiste avec une palette portée manquante. Je ne veux pas d’un ministre de la santé obèse. Il ne s’agit peut-être que de qualité perçue, mais il ne faut pas sous-estimer cet élément, qui aide grandement à la première impression.

Voilà. Et pour une fois, pour autre chose que les vêtements et les foulards, j’étais d’accord avec Pauline. Je trouve seulement terrible que le Québec tout entier l’ait obligée à ne pas tenir son bout.

Je ne vois pas pourquoi quelqu’un pour qui vivre au quotidien semble être un acte du Saint-Esprit devrait gérer la santé d’un peuple. Dire que moi, si j’étais puissante (et vous devinerez pourquoi je ne le suis pas, du tout), je ferais payer aux obèses, aux fumeurs, aux alcooliques, aux dangers routiers qui se sont fait prendre plusieurs fois en excès de vitesse, aux sexuellement infectés plus d’une fois, une partie de leur traitement en cas de cancer, de pontages, de pilules et de cirrhose. À ce que je sache, ce sont toutes des déviances par choix.

L’obésité génétique est beaucoup trop rare pour être citée en excuse. Je ne dis pas que les gros sont gros par choix, et je ne parle pas ici des légers surplus de poids, mais de l’obésité, des gens qui n’entrent pas dans les chaises publiques, qui doivent prendre deux sièges en avion, mais j’insiste sur le fait qu’ils le restent selon leur propre volonté, et comme je suis capitaliste, je trouve injuste de payer. Mais je m’éloigne du débat principal.

J’ai failli aimer madame Marois, parce qu’elle se tassait un tout petit peu à droite avec de tels propos, mais j’ai dû me rendre à l’évidence que, désirant à tout prix être la femme d’un peuple (qui refuse de l’aimer), elle se doit de céder à la tendance populaire. Pendant ce temps, puisque je ne suis qu’une simple blogueuse, je n’ai pas à coller aux fesses de personne, et je peux suivre mon propre chemin.

jeudi 9 août 2012

Mes vacances, ça et là...

Trois longues et courtes semaines se sont presque entièrement écoulées depuis le début des vacances, qui s’achèveront demain, ou encore lundi, dépendamment si on considère la fin de semaine comme faisant ou non partie des vacances. Puis, vingt-cinq journées depuis mon dernier billet, dont je ne me souviens plus le titre, ni le sujet. Il faut croire que je m’essouffle, ainsi que mon inspiration, autrefois pétillante.

Pendant ces vacances ma foi, tout à fait palpitantes et reposantes, il s’en est passé et dit, des choses.

Entendu en voiture, toutes fenêtres ouvertes alors que nous attendions à un feu rouge juste en face du centre commercial : « On s’en va magasiner à l’Aubainerie », dit-il à une connaissance en voiture à côté de lui, coiffé de son casque à l’allure du terrifiant motard, sur son bruyant Harley-Davidson. Wouh!

Vu et entendu dans mon sous-sol : « Tiens mon Gadlé (le chat), fais de l’exercice, t’en as besoin », déclara-t-il (mon fils de trois ans) en déposant ledit Gadlé sur l’exerciseur elliptique. Mignon.

Puis il y a eu (et il a encore) les Jeux olympiques, qui savent à chaque fois me coller sur mon divan. Mes favoris : le volleyball, intérieur et de plage, Usain Bolt, la gymnastique des hommes sur la barre, le heptathlon et sans doute autre chose, mais je ne me rappelle pas.

Ce que j’ai détesté : Le vélo intérieur avec leur horrible casque pointu, la nage synchronisée (elles me font peur avec leur maquillage leur pince-nez et leurs cheveux), la poutre et le plongeon, à cause de tous les « wow » de la commentatrice destinés à des plongeurs canadiens pour des notes moins que moyennes et pour tous les « hisch » destinés aux autres, sans raison.

Comme je suis fière d’être canadienne, j’aime les Jeux olympiques et je trouve ça beau de voir tous ces athlètes fiers de représenter leur pays. Tout comme le fait que certaines races sont faites pour certains sports, et d’autres pas du tout. La preuve que tout le monde n’est pas fait pour être égal/pareil.

Pendant mes vacances, j’ai découvert le « padding board » (merci Mélissa), et tous les muscles que ça nous permet de découvrir. Je me suis baignée, incroyable. Aussi incroyable que cette température sichaude et ensoleillée pendant deux semaines complètes. On a fini par faire la danse de la pluie parce que le gazon commençait à prendre la teinte du soleil. Nous aurions peut-être dû être un peu moins intenses.

Comme toute bonne chose a une fin, ce qui rend le tout beau, d’ailleurs, il faut que ça finisse, et je pense que c’est le but de la troisième semaine. On se remet des deux premières semaines et quand on réalise à quel point on est bien en vacances, les étudiants recommencent à niaiser sur la grève et on réalise que c’est le temps de retourner travailler pour leur payer leurs études. BORING. On y reviendra (ou non) dans un futur billet, si futur billet il y a. J’ai tellement de belles choses (sarcasme) à dire à ce sujet.

Sur ce, à tous ceux que ça concerne, bon retour au travail, et à bientôt, on l’espère.

dimanche 15 juillet 2012

La bataille des égoïsmes


Ça s’est passé un dimanche matin. Ce matin en fait. C’était un matin étrange. Tout était bizarre. Premièrement, je m’étais levée passé 7 h, ce qui est douteux, en soi, et la nuit avait été torride. Torride dans le sens qu’il faisait 28.5 °C au coucher dans la chambre, et qu’il en faisait à peine un de moins au lever. Une de ces nuits où le ronron du ventilateur, ainsi que la douce brise qu’il nous offre, nous permettent de tenir le coup.

J’étais donc à la pharmacie afin d’acheter une nouvelle crème solaire pour le visage, puisque la mienne m’avait lâchée la veille, après que je l’aie oubliée dans la voiture en plein soleil à une température de four, et j’avais tous mes achats en main, attendant (im)patiemment à la caisse afin de payer et de partir trouver mes hommes qui cuisaient dans la voiture, avant de se rendre au chalet.

J’étais troisième dans la ligne. J’avais en main la crème solaire FPS 45 pour le visage que j’avais eu tant de mal à trouver dans cet immense magasin, un frisbee orange et un ensemble de sceau, pelle, tamis, arrosoir et mini moule vert fluo en forme de homard de Caillou.

Devant moi, une jeune femme au derrière généreux et aux emplettes très révélatrices, soit du Tempra, de l’Advil pour bébé, de l’Hydrasense, de l’onguent de zinc, deux boîtes de préparation pour nourrisson en poudre et un fer plat. Il ne fallait pas un diplôme en sociologie pour comprendre qu’elle avait un bébé malade qui l’attendait quelque part, tout en étant soucieuse de son apparence. On ne va pas à la pharmacie un dimanche matin à 10 h, tirée à quatre épingles pour acheter tout ça parce qu’on en a envie. Il y a toujours un petit quelque chose derrière.

Devant elle, il y avait le classique vieux tout croche avec sa canne, qui faisait vérifier ses gratteux, tout en ayant pris soin d’acheter LE portefeuille dont le prix est inexistant. Le pauvre jeune homme de la caisse a dû appeler un quelconque Dieu dans l’au-delà pour qu’il lui transmette la sainte révélation, pour en arriver à la conclusion que ledit portefeuille avait un prix. Puis, il a décidé de se reprendre un ordre de gratteux, choisissant entre autres celui dont il n’en restait qu’un seul exemplaire, caché derrière un gratteux plus grand. Prend le ti, prend le ti pas, ça a fini par faire.

Et moi et la jeune maman de soupirer en chœur, comme si nous venions tout juste d’être admises au paradis, après une semaine de tests psychométriques. Alors que le jeune caissier s’attaquait à la commande de ladite maman, un autre vieux est descendu du ciel, sans doute pour se venger de quelqu’un comme lui, et il a chuchoté au caissier : « Heille ti gars…tssss tssss. J’ai acheté tzzzz tzzz tzzz et tzzz tzzz tzzz » tout en brandissant un rasoir Mach 3 et une boîte de lames, tellement 2001.

J’avais retenu toutes mes mauvaises pensées du premier vieux, me disant que c’était dimanche, qu’il faisait beau et que la fin de semaine c’est fait pour relaxer, mais là, c’était un peu trop. Le caissier était jeune et naïf, il ne voulait pas être impoli, mais moi, je ne travaille pas chez Jean Coutu, et que j’en vois juste un me dire que je suis impolie. « C’est pas comme s’il y avait une file et qu’on n’avait pas déjà assez attendu après notre mort comme ça. » Le petit jeune a dû avoir peur de moi parce qu’il a mis le vieux de côté et a passé nos commandes. Et là, la jeune maman et moi on a connecté. Quelques secondes à peine. Avant de disparaître, chacune dans notre univers.

On pensait tous les quatre que notre existence était plus importance que celle des autres. Avec du recul, le premier vieux avait gagné son droit d’exister, parce qu’il était arrivé en premier. Il avait cependant été égoïste en ne s’excusant pas d’être si lent et en ne se souciant pas des autres êtres humains autour de lui. Le deuxième vieux avait été égoïste en se pensant trop important pour faire la file, malgré une antiurgence, et en tentant de dépasser tout le monde. Moi, j’ai été égoïste en brimant leur droit d’exister et en les détestant si fort, tout en n’étant pas en train de satisfaire de vrais besoins non plus. La seule qui aurait pu se permettre d’être égoïste, elle a patienté gentiment, sans parler et en espérant que ça finirait. Au fond, c’est pour elle que j’ai fait ça. Je suis vraiment une fille correcte.

Au fond, tout le monde est égoïste dans ce genre de situation. On veut tous avoir le meilleur service, avoir la sainte paix et sacrer notre camp au plus vite, en échangeant un minimum de mots avec ceux qui nous entourent. Par contre, il est intéressant de constater que la loi du plus grand nombre semble s’appliquer. En effet, les deux vieux n’ont pas été là en même temps, donc la jeune maman et avons toujours été en majorité, désirant ardemment poursuivre notre vie, ailleurs, alors qu’eux, égoïstement, se disaient qu’ils étaient plus importants que nous, et que les jeunes peuvent bien attendre, puisqu’ils ont toute la vie devant eux. Alors qu’eux, au fond, n’ont que ça à faire, attendre. Mais c’est mon égoïsme qui parle. Un fait demeure, cependant, face au deuxième vieux, c’est nous qui avons gagné! Pensez-vous que je serai comme ça, à cet âge? Peu importe, j’ai toute ma vie pour y penser.

mardi 10 juillet 2012

Free Randy Blythe!

Et si je vous disais que du « stage diving » c’est cave, que répondriez-vous? Sans doute que j’ai raison si vous trouvez ça con comme moi, ou encore que JE suis conne si vous le pratiquez.

Pour ma part, je dirais que c’est foutument cave. La semaine dernière, alors que j’errais sur Facebook, tentant encore une fois d’y trouver quelque chose d’intéressant, je suis tombée sur un « post » de mon groupe de musique métal préféré, qui remerciait les fans de les supporter dans cette dure épreuve que vivait le chanteur, Randy Blythe. Comme je suis Canadienne et que le Canada est un pays pacifique, j’ai immédiatement pensé qu’il était malade.

Puis, en lisant davantage, j’ai découvert qu’il était présentement détenu dans une prison de Prague et qu’il était accusé du meurtre d’un fan. J’étais un peu paniquée, et surtout étonnée parce qu’il ne me semblait pas ainsi, après avoir regardé à maintes reprises tous les DVD du groupe en tournée, les trois, j’avais l’impression de le connaître. Puis j’ai su. Et j’ai vu.

Lors d’un show en 2010, à Prague, un fan a eu la brillante idée de monter sur la scène afin de se garrocher dans la face du monde, pour se prouver toutes sortes de choses complètement débiles. Au premier saut, il a apprécié le « feeling », alors il en a remis. Au deuxième, le chanteur l’a mollement poussé à une main, parce qu’il beuglait dans le micro qu’il tenait avec l’autre, aidé du gardien de sécurité, qui était beaucoup plus vigoureux.

Le gars s’est pété la gueule. Comme il se doit. Il a voulu remonter, mais le son et l’image ont quitté le navire pendant la montée. Il a mollement coulé en bas de la scène. C’en était fait. Il n’était pas mort, encore. Ça s’est fait quatorze jours plus tard. Bravo.

Alors que le groupe donnait encore un spectacle à Prague, le 27 juin 2012, ils étaient très attendus, mais pas pour la raison qu’ils croyaient. Les autorités ont ramassé Randy Blythe et l’ont foutu en prison. Il faut presque que ce soit arrangé. Ils ne l’auraient jamais revu en République tchèque s’ils avaient appelé pour l’avertir, en 2010.

Maintenant, ça traîne. Il est coincé là et le montant de la caution est de 200 000 $. Son salaire annuel. Vous n’avez pas pitié? Moi oui. Parce que quand on veut être cave, on ne fait pas payer les autres. Si c’était David Ghetta qui avait fait ça? Le peuple américain s’indignerait et les gens s’organiseraient pour payer sa caution. Mais vu que c’est du métal crasseux, qu’il mange un char et qu’il s’arrange? Ça y est, je suis indignée. Je retourne magasiner des robes sur internet.

lundi 2 juillet 2012

Do you speak french?


Quoi de mieux que le premier forum mondial de la langue française pour amorcer une réflexion sur cette particularité de notre peuple, qui est, dit-on, en danger?

Il m’est arrivé un jour, dans un passé indéfini, de discuter de langue française avec une Française d’origine, habitante du nord de la France. Pour elle, il était complètement incompréhensible que les spécialités de chez McDonald’s soient traduites, réalité qui n’existait pas chez elle. Elle se sentait un peu ridicule de commander des « McCroquettes » et non des  « McNuggets ». Comment se faisait-il que nous ayons à faire cela nous? Je ne m’étais jamais posé la question, mais ce fut l’occasion rêvée de le faire. La réponse que je lui ai donnée allait de soi.

Comme son pays n’avait qu’une seule langue officielle, nul ne la menaçait, alors que nous, pauvres colons, devions nous battre pour ne pas nous faire engloutir par le reste du méchant Canada, qui ne rêvait que d’éliminer le fait français. Elle a répondu « Oh! » et nous avons changé de sujet.

Cette réalité existe sans doute à plus petite échelle, au Québec. À Montréal surtout. Mais vu de loin, de nos terres de cultivateurs incultes et mal éduqués, le fait français n’est pas menacé. S’il l’est en nombre à l’échelle provinciale, il est loin de l’être en territoire.

Ma région, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est à 99 % francophone, et je dirais que la totalité du 1 % est au Saguenay, le Lac étant beaucoup trop loin de l’Université pour y recevoir des « étrangers ». Et les anglophones d’ici n’ont pas tellement le choix de parler et de comprendre le français, parce que les sorties sont pénibles.

Je comprends par contre que la « grande ville » menace notre français. Je voudrais, puisqu’on souhaite tous un monde idéal, parfois, que l’affichage français soit obligatoire, partout. Je voudrais que les entreprises de la province se forcent pour se trouver des noms français. Je voudrais en tout temps me faire répondre en français lorsque je dépense mon argent pour un bien ou un service. Je voudrais aussi que tous les citoyens du Québec soient capables de tenir une conversation en français, tout comme je voudrais que tous les Canadiens comprennent le français. Mais comme dans tout, nous sommes des pas de couilles, et nous voulons sans agir. Je voudrais aussi qu’un magasin de « Skateboard/Snowboard/Surf » régional ne s’appelle pas « Homies ». Mais on finit toujours par se dire qu’ils doivent bien y avoir pensé…

Par contre, si le français est important, certains faits demeurent. Un film traduit, c’est poche. Rien de mieux que la version originale anglaise. Et dès qu’il y aura des bons films québécois, je m’empresserai de les regarder. Même chose pour la musique. On peut bien vouloir, mais si on n’aime pas le pop québécois, on ne peut rien y faire.

S’il est tentant de rêver que tous les Québécois travaillent en français, c’est tout aussi irréaliste. Tout le monde parle français là où je travaille, mais rares sont les documents qui sortent en français. La pérennité du pays passe par les clients étrangers. Si on reçoit un client anglophone et que nous sommes vingt-cinq francophones dans la salle, la rencontre se déroulera en anglais. Nous, on est content, parce qu’on pratique notre anglais. J’imagine que si c’était comme ça tous les jours, avec des clients québécois, il en serait autrement.

Si le Québec voulait vraiment que le français survive, il obligerait les immigrants à apprendre le français plutôt que l’anglais, et les entreprises, petites comme grandes, seraient surveillées. Les exigences de la langue ne seraient pas nivelées par le bas, non plus. Ici, il y a des gens qui savent à peine parler et écrire en français, tout en ne parlant aucune autre langue.

Par contre, soyons réalistes, on ne peut forcer les gens à parler français chez eux et dans la rue. Si moi j’allais ailleurs avec un francophone, je parlerais français. Et on ne peut pas fusiller ceux qui nous parlent en anglais, puisque leurs patrons les laissent faire. Ce n’est pas pire qu’un ado qui traite sa mère de chienne. Si elle n’avait jamais toléré, ça n’aurait jamais existé, ou si peu.

Sur cette fin de billet exempt de polémique et de passion, je vous laisse.

lundi 25 juin 2012

La minute éducative 6 : Ruiner l’enfance


Entendu chez Costco récemment : « Comment ça tu as une mauvaise journée? Sois donc positive un peu. Dans la vie, les gens négatifs attirent rien que de la marde. »

Quoique pas complètement faux, cette affirmation hurlée dans un endroit aussi public que l’entrepôt Costco peut faire peur. Ou rendre mal à l’aise. C’est selon. Mais des gens un peu craqués mentaux qui agissent en foule comme s’ils étaient seuls, ça attire le regard. Encore plus quand la personne qui hurle, l’émettrice, est une maman hystérique à bout de patience qui est, de toute évidence, écoeurée de gérer sa vie, et que la personne sermonnée, la réceptrice, est une pauvre fillette d’au plus six ans.

Évidemment, puisqu’il est impossible de m’empêcher d’être moi, à moins de me bourrer de pilules, j’imagine, une tonne d’idées me sont venues en tête. J’ai tout simplement « vu » la maman faire de son magasinage un scénario représentant sa propre dure réalité d’être humain.

En passant devant l’allée des friandises, la petite aurait mentionné son attrait pour les délicieux M&M’s, et la maman se serait empressée de lui dire qu’il vaut mieux se contenter de regarder les emballages, que c’est sain tant qu’on n’y touche pas. Quand on s’y met, on ne peut plus s’arrêter, le derrière nous élargit et les seuls hommes qui veulent de nous, c’est ceux qui veulent du sexe à tout prix.

En passant devant les serviettes hygiéniques, la maman aurait dit à la petite de bien regarder les paquets, parce qu’elle serait prise avec ça pour le reste de sa vie, et que c’est vraiment de la merde d’être une femme.

En passant devant les piles, la mère aurait pris un paquet, deux même, et les aurait collés sur son cœur. Elle aurait ensuite regardé sa fille dans les yeux en lui disant que les piles sont précieuses, que les hommes sont tellement poches et égoïstes que sa satisfaction passerait toujours par un jouet à piles.

En passant devant les condoms, la petite aurait demandé ce que c’est, et la mère se serait esclaffé, disant que les condoms étaient essentiels pour éviter de se faire engrosser par un trou de cul, qui foutrait le camp une fois le problème en route.

Serait-il possible que cette femme ait finalement été vraiment frustrée contre les hommes? Disons seulement que c’est l’impression qu’elle laissait… En tout cas, même si seule la première phrase a existé, j’ai plaint la pauvre gamine. L’enfance est si pure, mais tellement courte, que cet excès de naïveté, l’incapacité de comprendre les doubles sens est précieuse comme de l’or. J’aurais tellement  voulu hurler à cette mère qu’elle était indigne, qu’il était inacceptable de parler de la sorte à un enfant, mais elle n’aurait pas compris. Elle était tellement dépassée. Malgré tout, ce fut une belle leçon. Je sais encore plus qu’avant que je suis une bonne mère. Je laisse mon fils être un enfant. J’arrêterai quand il faudra. Pas avant.

Bonne soirée.

lundi 18 juin 2012

La minute éducative 5 : Être un mâle viril


S’il fut une époque où l’option virilité de l’homme venait avec le modèle de base, à peu de choses près, cette ère est devenue souvenir, puis rumeur, puis légende, pour enfin devenir une vague impression indéfinissable.

Le mâle qui était autrefois le pourvoyeur, l’homme fort, le protecteur, l’esprit décisionnel, le cerveau, qui sentait l’homme parce qu’il avait bûché, fendu, creusé, tué, cogné, doit maintenant user de ruses plus farfelues les unes que les autres pour se prouver à lui-même qu’il est encore supérieur à la femelle, et aux autres mâles, qui sont forcément moins mâles que lui.

Voici donc quelques trucs, du point de vue du sexe faible, pour que l’homme arrive à prouver hors de tout doute qu’il est grandement supérieur, qu’il urine avec le jet le plus gros et le plus pressurisé, qu’il mange de la nourriture de mâle, qu’il a des activités de mâle, et qu’il parle de choses de mâles.

Messieurs, donc, puisque votre toison vous dégoûte, ou que vous n’en avez point, que votre chasse la plus fructueuse ressemble à un T-Bone de boucherie ou pire, d’épicerie, et que vous sentez la sueur au pire parce que vous être trop gros pour bouger et que chaque fois que vous y arrivez c’est pour aller vous prendre une bière, et que vous suez comme un cochon, voici ce que vous devez faire.

Oubliez tout ce que vous savez, tout ce que la société moderne tente de vous enseigner. Vous êtes fort au naturel, point besoin de perdre votre précieux temps à bouger et à vous entraîner. Votre virilité se résume à votre langage, ne vous perdez pas dans cette folie de bien parler et d’utiliser un vocabulaire juste. Ne lésinez pas sur les jurons. Faites des sacres votre nouvelle ponctuation. Prenez soin de commencer chacune de vos phrases par un sacre court. Insérez-en quelques-uns dans la phrase, mettez-y de l’émotion. Terminez par un sacre qui exprime bien votre sentiment, mettez-y de l’expression. Vos amis vous admireront, et les femelles vous désireront.

Quand vous avez faim, une vraie faim d’homme, gâtez-vous. La viande est votre meilleure alliée, même si le mot viande est féminin. Utilisez ce féminin pour vous faire du bien. Cette tendance à diminuer les vertus de la viande est un complot contre vous. Les gourous de la santé et du bien-être essaient de vous convaincre de bien manger, alors qu’ils ne veulent qu’être eux-mêmes plus mâles que vous. Viande, patates, pain, beurre et dessert. Et passez le mot à votre femelle.

Vous mangez beaucoup de viande et on vous taquine sur votre tour de taille? Votre entourage est jaloux. Rappelez-leur sèchement que vous êtes un mâle, que les mâles mangent de la viande, et que ceux qui mangent autre chose ne sont pas des vrais hommes. Nos grands-mères avaient compris que les vrais hommes mangeaient beaucoup de viande et de gras, et que leur ventre proéminent était garant de leur statut supérieur. Elles obéissaient.

Finalement, ne succombez pas à cette folie populaire de boire de l’alcool avec modération. L’homme saoul attire les vraies femmes, celles qui savent que l’homme est au-dessus d’elle, ou encore dans la position qui le soulage. L’alcool permet à l’homme de renouer avec sa virilité, alors que la vilaine société tente de la contenir.

Hommes, abusez des bonnes choses de la vie. N’hésitez pas à ramener votre entourage lorsque votre statut de mâle est menacé et surtout, ne traitez aucune femelle en égale, ni aucun homme non plus. De nos jours, on ne sait jamais.

lundi 11 juin 2012

Vélofolie


Si l’obésité se répand (haha) à un rythme effarant, les gens soucieux de leur santé et de leur apparence sont de plus en plus nombreux. La classe sociale ainsi que le désir de se faire voir sont des facteurs déterminants dans le choix de l’activité physique, ou encore de l’habillement du sportif concerné.

Alors que certaines activités sont à la portée de tous, comme la course à pied, à une paire d’espadrilles près, d’autres nécessitent forcément un équipement minimal coûteux, comme le vélo. Il est possible de se rendre très voyant (inutilement) en courant, ce peut être coûteux, surtout si on ajoute la montre sophistiquée et tout l’attirail technologique. Cependant, la mode du vélo, puisque c’en est une, bat des records. Les vélos à plusieurs milliers de dollars, les casques, les espadrilles et surtout, le costume coloré et commandité en lycra ultra moulant font rapidement grimper la facture du joyeux luron qui s’y met.

Pour faire de la compétition et pour être performant, pendant les défis, d’accord. Je peux comprendre. Mais pourquoi un homme qui va simplement travailler en vélo devrait-il se vêtir de la tête au pied de ce ridicule habit commandité et beaucoup trop révélateur? Et selon moi, l’efficacité du vélo pour maintenir son poids reste encore à prouver puisque je ne cesse de voir des gens avec un surplus de poids sur un vélo hors de prix, vêtus de la sorte. C’est donc dire que le vélo n’est pas la solution? Ou encore c’est la faute de l’habit? Les couleurs criardes ne mettent peut-être pas les bonnes courbes en évidence.

 Je pense que, malgré une majorité de gens qui sont des réels sportifs, ou désireux de l’être, les plus bavards sont des opportunistes qui manquent d’attention. Un peu comme les amateurs de vin. Certains sont capables d’apprécier une bouteille à 17 $ parce qu’ils le trouvent délicieux à boire, tandis que d’autres l’aiment parce qu’il coûte au moins 30 $, qu’il est rond en bouche et que les tanins font ce qu’ils ont à faire (je n’y connais rien). Pas question surtout de le boire dans une coupe à vin blanc en mangeant un burger. Nooooooooooooon! Ces « flasheux » sont ceux à cause de qui certains s’empêchent de s’adonner à ce sport, parce que les exigences sociales sont devenues trop hautes.

Pour rester dans le même thème et s’en éloigner du même coup, il y a aussi ceux qui font du vélo pour se déplacer uniquement (sans le kit), mais qui sont convaincus, parce que les vilaines voitures peuvent le faire, qu’ils peuvent également circuler en plein milieu de la rue et agir exactement comme des voitures. Depuis quand, dites-moi pitié, les cyclistes qui tournent à gauche sur un feu de circulation, peuvent-ils se mettre dans la voie de gauche, celle réservée aux véhicules, et attendre ainsi en plein milieu de la rue, pendant que les voitures s’accumulent derrière? J’ai toujours cru que les vélos se devaient de se tenir sur l’accotement. En pleine zone commerciale de Chicoutimi en plus. Dois-je rappeler au peuple que les Saguenéens sont loin d’être les meilleurs conducteurs au pays?

Toujours est-il que samedi, en revenant d’une fête d’enfant, l’appareil photo au cou, j’ai été témoin de la chose, et je n’ai pu me retenir de prendre cette photo pour vous, mes très chers lecteurs. Si vous comprenez, vous n’hésitez pas à m’expliquer, d’accord?


dimanche 3 juin 2012

La mort à Magnotta



La perverse nature humaine, dans son pire comme dans son meilleur, est en constante recherche d’émotions fortes. Soit. Parachute, Jackass, sports extrêmes ou même héroïne, les moyens pour y arriver sont nombreux. Pour les plus réservés, il reste toujours les films d’horreur, question de se faire peur comme il se doit. L’industrie du cinéma est en constante effervescence et malgré le peu de qualité, il reste de nombreux films qui peuvent satisfaire ce « besoin ».

Sinon, il reste toujours Youtube et tout ce qui s’y cache, dans le mieux comme le pire. Pour ma part, le pire que j’ai regardé, ce sont des photos de gens qui ont consommé du Crystal Meth. Pas chic. Et déjà voyez-vous, je n’étais pas fière de moi parce que je m’étais adonnée au voyeurisme, chose que je dénonce ouvertement. Mais la télépoubelle (téléréalité) en fait foi, l’humain aime ça. Il veut voir ce qui ne le regarde pas du tout. Plus c’est insignifiant, mieux c’est.

Tant que ça reste des pitounes trop bronzées avec des ongles handicapants et des dents plus blanches que la lune dans un spa avec des gars bronzés orange épilés de partout avec des muscles démesurés et déséquilibrés, c’est débilisant, mais pas dangereux. Ça ne vole pas très haut et ça rend plutôt inconfortable (à regarder), mais c’est tout doux. Encore une fois, le public jubile. Ça leur fait des affinités avec les gens du bureau.

Là où ma compréhension faille et déboule, c’est quand j’entends à la radio parler d’un être humain qui s’est filmé en train de tuer, manger, démembrer et violer un autre humain (plus ou moins dans cet ordre). C’est du disjoncté de compétition. Il est dérangé, pas de doute. Mais tous les autres qui ont VOULU voir ce vidéo, qui l’ont cherché, qui l’ont regardé, pour autre chose que le travail, pour un but autre que pour trouver des indices, ils sont à peine moins dérangés.

Moi (et devinez pourquoi ce n’est pas moi qui décide ce genre de chose) si j’avais à décider du  traitement des criminels de cette trempe, de ceux qui en plus de tuer, s’en glorifient, je ne me casserais certainement pas la tête. Premièrement, je me demande s’il est fou ou malade. Comme il n’y a pas de moyen de le savoir scientifiquement, je l’abattrais en l’attrapant, question de ne pas rater l’opération.

Pour être certain de ne pas lui abimer la tête, il faudrait viser ailleurs sur le corps. Ensuite, je sélectionnerais les plus éminents neuroscientifiques afin qu’ils puissent lui dépecer le crâne et trouver le pourquoi du comportement du dégénéré, et ainsi rassurer la population en prouvant que l’égocentrisme et le manque d’attention ne peuvent transformer un être sain en débile cannibale. Mais ça, c’est moi. Et tant qu’à faire, j’essaierais de trouver tous ceux qui se sont excités en regardant le vidéo, et je les traiterais à peine mieux. Si le fait de tuer vous dérange, il y a toujours l’option de le garder en vie, et de lui jouer dans le cerveau quand même.

Comme la gaugauche québécoise prend du galon et qu’elle risque de se retrouver au pouvoir, il faudrait vraiment éviter de ne pas le tuer. Puisque la réinsertion sociale est un point chaud de leur « mission », et que ce type de débile ne deviendra jamais moins fou, il faudrait éviter de l’enfermer, pour pouvoir lui trouver un travail et un appartement dans vingt-cinq ans, ou moins, tout en taisant son nom au public, pour éviter (ça fait beaucoup d’évitement) que les gens ne le jugent. C’est ça, la justice?

lundi 28 mai 2012

Les travers de la loi 78


À quoi bon instaurer une loi, avec des « conséquences », si lesdites conséquences ne sont finalement qu’un petit rien tout nu? écrit-elle, aux prises avec un hoquet violent et douloureux. Allez savoir.

Pour ma part, et assoyez-vous avant de lire, je trouve la loi 78 un peu abusive, et surtout très vague. En fait, je suis en train de lire la loi et je me rends compte que la section que je trouve exagérée n’y est plus. Je ne suis donc plus en désaccord. Pardonnez-moi.

Ceci étant dit, toutes ces semi-nouvelles concernant le conflit étudiant me font haïr tout ce qui ressemble à un média. Même Facebook, que je prenais la peine de consulter de temps en temps, question de lire toutes ces inutilités qui sont quotidiennement publiées, me pue légèrement au nez. C’est ça, ou encore la persistante odeur de fumier qui embaume la ville ces derniers temps.

J’aurais envie d’aller manifester contre les carrés rouges. Je ne le ferai pas, par contre, parce que le jour, je suis trop occupée à faire rouler l’économie et le soir, je suis trop occupée à jouer à moitié mon rôle de femelle, me contentant de remplir les estomacs. Mon fils l’a dit : « C’est Papa qui fait la vaisselle Maman ». Une fois que tout le monde a mangé, que la vaisselle est propre, le petit aussi, qu’on a joué avec une (ou plusieurs) des mille versions de Flash McQueen, et que le petit est au lit, je pourrais. Oui, je pourrais ramasser ma « gang » de gens straight, normaux, contribuables et propres et aller beugler plus fort que les carrés rouges, mais… Vous voyez bien que ça n’a pas de sens. Je suis une militante du sens et tout ça n’en a aucun.

Parlons-en donc du sens. J’ai une question, très pertinente, et j’aimerais qu’on y réponde. S’il vous plaît. Comment se fait-il que des étudiants puissent faire la grève? Je coche sur ce point, mais ce sera ainsi tant que je ne comprendrai pas. Les syndicats sont des ramassis de gens qui travaillent et qui sont régis par une convention collective, dans laquelle il est (sans doute) écrit qu’ils ont le droit de faire la grève. Ils paient (souvent malgré eux) ledit syndicat et doivent (souvent de force) soutenir la cause (qu’elle en soit une ou non). Soit. Ils sont au courant. Ils ont consciemment choisi un travail syndiqué.

Mais les pauvres étudiants, ceux qui entrent à l’université dans le but d’en sortir avec un diplôme et de gagner leur vie avec, qu’ont-ils fait pour mériter ça. Ici, ils ont été chanceux. Personne n’a perdu sa session. Mais tous ceux pour qui c’est le cas, POURQUOI?!!

Parfois, il m’arrive de tenter de me mettre dans leur peau et je me vois, les yeux injectés de sang, prête à arracher des ganses de chanvre et à lancer des bérets de laine organique ou recyclée au bout de mes bras. Je jurerais sans doute dans le décor, à péter un câble en plein milieu du festival du pas-propre, mais je lutterais vraiment pour mon point. Ou non. Probablement pas en fait. La liberté d’expression est un concept abstrait, et elle n’est invoquée que par ceux dont les actes sont illégaux et qui « luttent pour une cause ». Les gens comme moi n’invoquent pas la liberté d’expression. Non, les gens comme ont des responsabilités sociales, professionnelles et familiales, et c’est ce qui les retient de faire des conneries en foule.

Ce faisant, il se fait tard et évidemment, je travaille demain. Et c’est tant mieux.

samedi 19 mai 2012

Misogyne


Suite à un enchaînement d’événements plus ou moins (moins que plus) agréable, il est devenu fort à propos de raisonner sur les différences entre la misogynie et le sexisme. À mon sens, pour moi qui vis dans une société « évoluée », le sexisme était un mythe, une rumeur, une légende. La misogynie quant à elle était une légère tare sociale, de faible conséquence. Pourtant, à ma grande surprise, la misogynie n’est rien de moins qu’une des deux formes de sexisme, soit la haine contre les femmes (l’autre étant la haine contre les hommes : la misandrie). Ce n’est donc pas moins pire, mais tout à fait du sexisme.

On devrait tous savoir, même ceux qui pratiquent activement la chose, que toute forme de discrimination est non souhaitable, et carrément stupide. Les noirs ont eu leur lot de souffrance, et ça roule encore. Sans vouloir justifier la chose, il est plus aisé de l’expliquer du fait que les noirs étaient minoritaires dans les pays de blancs, et que les blancs ont disjoncté, un genre de Power Trip, qui a collé.

Puis, quand l’homosexualité est devenue plus affichée, plus socialement répandue, il y a eu comme un dégoût collectif. Les gens ont eu peur, c’était différent, « anormal », relativement rare et inexplicable. Ça persiste encore, surtout en région. C’est malheureux, mais ça achève, la génération qui rebute a passé ses meilleures années.

Mais haïr les femmes, voyons! Chaque être humain sur terre est sorti d’une femme. Les femmes ne sont pas minoritaires en nombre, et chaque peuple en a plein. Même les Chinois, qui les ont éliminées à la naissance pendant longtemps, et qui le font peut-être encore, sont en train de réaliser leur erreur. Les femmes ont des aptitudes dans certaines tâches que les hommes n'ont pas, soit, et l’inverse est aussi vrai, et elles ont tous les désagréments physiques du monde à la  naissance, mais ça ne devrait que les rendre plus fortes et honorables.

En lisant sur la misogynie, j’ai appris et réalisé des choses. Sans le faire exprès, j’ai moi-même des propos misogynes. Je vais dès lors corriger le tir. Des expressions telles que  « Se faire fourrer » sont misogynes. Si on tente d’insulter quelqu’un en lui disant d’aller se faire enculer, on sous-entend donc que se faire enculer est une action « passive donc inférieure », procédée par une personne « active donc supérieure ». Toute personne dont la fonction sexuelle est réceptacliste (j’adore mon nouveau mot) serait donc inférieure à celle qui pénètre. À moins de s’accessoiriser en ce sens, la femme est donc forcément inférieure à l’homme, tout comme le gai qui reçoit.

Tout ce blabla pour dire que j’ai été victime de propos sexistes. Pour la deuxième fois, provenant de la même personne. On ne me les a pas dits de vive voix, mais on me les a reportés, les deux fois.

On a dit de moi que je devais être ramenée à mon  « niveau de femelle ». Je sais que la personne qui a vomi ces propos est bien plus malheureuse que moi dans le contexte. Je sais que c’est lui le pire dans tous ça, parce que je suis hiérarchiquement supérieure à lui et qu’il devra « m’obéir »dans le futur. Mais je ne pensais jamais ressentir un jour la douleur de la discrimination. Je ne pensais pas que ça faisait si mal.

Une personne qui se dissocie de la société par choix doit assumer de tels comportements à son endroit. Mais la race, le sexe, l'orientation sexuelle, la maladie, la classe sociale (pour les enfants et personnes inaptes au travail) ne devraient jamais creuser ce genre de fossé.

Savoir qu’on avait dit cela m’a fait mal. Savoir que la conséquence encourue suite à ces propos n’en est pas vraiment une m'a profondément dérangée, et me dérange encore. Mais la simple idée qu’il ait pu se défendre en disant : « Voyons, c’est juste un commentaire, et je peux bien dire ce que je veux », et qu’on l’ait cru, me rend carrément malade. Mais on vit dans un monde où la liberté d’expression a le plein pouvoir surtout le reste. Et la folie aussi. Sans blague, j’ose croire que personne n'a jamais été blanchi d’avoir discriminé quelqu’un sous prétexte qu’il a le droit de s’exprimer.

À partir de maintenant, je dirai que je me suis faite « avoir ». En plus d’être moins vulgaire, je n’encouragerai plus le « sexe fort ». Remarquez que je pourrais ne plus jamais me faire avoir et ça ferait quand même. Bonne soirée.


dimanche 29 avril 2012

Entendu récemment


1 – Mignon

Marcus (mon fils de presque trois ans, alors que je le réprimandais légèrement, à table) : T’es belle Maman!

Moi : Ah! T’es manipulateur!

Marcus : Oui! Je suis malade!

Conclusion : Est-ce qu’un enfant de moins de trois ans peut réellement comprendre le sens du mot « manipulateur »? Sinon, comment se fait-il qu’il l’ait associé au fait qu’il est malade? Est-ce un hasard?

Si oui, est-ce que je devrais m’inquiéter de tout ce qui est à venir?

2 – Pathétique

En attendant à la caisse du Costco, dans un état semi-végétatif, dû à une fatigue sans fin et à un rhume latent, la caissière et son emballeuse se sont surenthousiasmées à la vue de la boîte de beignes Krispy Creme du monsieur qui me précédait. La caissière, une femme dans la cinquantaine avancée, ou dans une quarantaine difficile, lâchait, dans toutes ses déclinaisons possibles, l’ironie selon laquelle ces beignes sont « pas bons ». Sans cesse. Unstoppable. Puis c’est arrivé : « Ça, une c’est trop, trois c’est pas assez ». Veuillez noter qu’ici, au Saguenay, le mot beigne est féminin. Puis elle a expliqué, à l’attention de sa comparse, qui a osé un « ça n’a pas de sens ton affaire », qu’il valait mieux ne pas manger un seul beigne, parce qu’il est ensuite impossible de s’arrêter, mais dans un français beaucoup plus régional.

Elle est même allée jusqu’à chercher un regard approbateur et compréhensif de ma part. FAIL. Dédain et mépris. Puis elle l’a répété deux ou trois fois encore, alors que le monsieur était parti, et que c’était à mon tour de vivre ce malaise. Puis elle a ENCORE poussé plus loin en disant, toujours sous le regard admiratif de la jeune emballeuse un peu enveloppée, elle aussi (ahahahah), « C’est comme la bière, une c’est trop, dix c’est pas assez ». Là j’ai soupiré, dit merci puis me suis sauvée, la tête en ébullition.

Est-ce réellement propre à l’humain, de devoir se priver des bonnes choses parce qu’il est incapable de se contrôler? Oui, j’ai déjà trop mangé, trop bu, trop fêté. Mais j’étais jeune et folle. Je pensais que ça faisait partie de l’évolution, qu’en vieillissant, on devenait plus sage, et que l’équilibre était une étape obligatoire de la vie. Faut croire que non. Et je suis bien contente de constater ma sagesse. Je mérite mon beau hibou, que j’ai fait tatouer sur mon épaule il y a deux semaines.

Sur ce, il est temps pour moi de reprendre un peu de sommeil.

lundi 23 avril 2012

Jean Charest, ce boute-en-train


Diantre! On a fait une blague. N’étant moi-même pas une adepte de la libéralité, il serait fort tentant de croire que mes yeux se seraient révulsés à la simple mention du premier ministre. Eh non. Mon fils lui aurait dit, tout naïvement : « Maman, c’est une grosse blague ». Moi, personnellement, je l’ai trouvée tout à fait drôle et appropriée, même avant que polémique il y ait. Imaginez donc ce que j’en ai pensé après que j’aie lu et entendu la présidente de la FEUQ s’en offusquer… on aurait dit qu’elle était encore plus drôle. Ça fait du bien de se marrer un peu.

Après avoir ri, parce qu’il faut bien se redresser ensuite, j’ai lu le reste de l’article et la citation suivante m’a frappée : « Faire des blagues sur le dos des étudiants, c'est franchement insultant! ». Je me pensais intelligente. Eh non. J’ai beau chercher, je ne trouve pas l’insulte dans la blague. La revoici entière.

« Le Salon Plan Nord est déjà très populaire, les gens courent de partout pour rentrer », a lancé à la blague le premier ministre. « Ceux qui frappaient à la porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi... dans le Nord, autant que possible ».

J’étais très forte en compréhension de texte pourtant, tous degrés de scolarité confondus (eh oui, je suis allée à l’école, et relativement longtemps). Est-ce moi qui suis trop tolérante quand on me fait des blagues douteuses, ou suis-je tout simplement trop à droite pour avoir des émotions?

Dans ma douche, tout à l’heure, j’ai fait un parallèle intéressant. Je peux vous expliquer pourquoi je suis à ce point de droite (surpris?). C’est purement scientifique. On ne peut y échapper. Les gens de droite sont là pour équilibrer la société, pour modérer les gauchistes qui, si on les laissait aller, interdiraient le développement des ressources, les voitures, le maquillage, et toute autre nécessité (réelle ou non) de la vie. Comme les émotions et la raison. La droite est la raison. Quand la gauche dérape, elle la ramène. Malheureusement, l’inverse est aussi vrai. Par contre, j’aime l’idée de prendre position et, fait surprenant, ma raison gagne souvent.

Dans le même ordre d’idée, la semaine dernière, l’animateur du midi de Radio X, que trop de gens appellent radio poubelle, à tort, avait Martine Desjardins en entrevue téléphonique. Elle piaillait qu’un diplôme universitaire était la nouvelle norme et que tout le monde se devait d’en avoir un. Encore là, je me pensais intelligente, mais je ne comprenais pas. Puis, plus tard, alors que je circulais dans ma polluante voiture dans la basse ville, j’ai compris. Il y avait un genre de gars qui marchait sur le trottoir. Il portait des vêtements usés, laids, et avait les cheveux sales et moches.

J’ai porté un jugement vilain, qui va comme suit : « Lui, il est certainement pour la grève ». En le dépassant, j’ai vu qu’il portait un carré rouge. Illumination. Il est convaincu que tout le monde doit avoir un diplôme universitaire, c’est certain. Une coiffeuse, ça ne sert à rien, de toute évidence. Le mécanicien automobile non plus. Et c’est là que c’est devenu encore plus clair.

La grève est à son apogée dans les grandes villes, dont Chicoutimi ne fait pas partie. Citons Montréal, puisque c’est la plus populeuse. À Montréal, il n’est pas nécessaire d’avoir une voiture. À Montréal, on peut lutter contre les usines, les milieux industriels, parce que l’argent, il est là, sans qu’on sache d’où il vient. L’exploitation des ressources est un concept abstrait, inutile et diabolique. C’est bien beau la culture, les finances, le divertissement, mais avez-vous oublié qui paie pour tout ça? Quand vous vous élevez contre un barrage, que vous condamnez les grandes entreprises, prenez-vous cinq minutes pour monter un plan d’affaires dans lequel le Québec n’exploite pas ses ressources et où tout le monde mange à sa faim?

Bon, je m’égare un tout petit peu, je refoule depuis longtemps. Mais quand je vous entends pleurer sur des peanuts, oui des peanuts, pas des arachides, parce que 90¢ par jour, on s’entend que ce n’est RIEN, je ne peux m’empêcher de penser aux 160 employés de Novelis qui se retrouvent sans emploi le premier août prochain. Ça, c’est un vrai drame. Des gens qui se retrouvent sans rien, sans même une explication. Et puis, tant qu’à refouler, Marc Maltais, qui s’en va traiter son employeur de faiseur de génocides, avec un s, est-ce qu’ils pourraient le foutre dehors. Mais non, il est syndiqué. Pourquoi les syndiqués ont le droit de voler, détruire, dormir au travail, et ce, sans jamais se faire chicaner?

Bon, je suis hors de contrôle. Je vais me coucher.