mercredi 20 septembre 2017

Défi sans sucre jour 3 - émergence partielle

Aujourd’hui, j’aime la vie. Je repense à hier et je me revois, en quasi-détresse. C’est irréaliste comme sensation. Même si le défi à proprement parler demandait de couper quelques sources de sucre, je les ai presque toute coupées, par choix. J’ai gardé les bananes. J’aime les bananes.

Donc aujourd’hui, je n’ai pas « souffert ». À 16 h, mon cerveau s’est mis à « off », cependant. Et je suis partie à la maison. Ma patience était partiellement revenue. Par contre, il faudra que je trouve des alternatives de recettes pour éviter de tomber en dépression alimentaire.

J’en suis à la troisième journée complète. Je suis à la fois contente de ne pas me sentir aussi moche qu’hier, c’est sans doute signe que le bas fond était au jour 2, et déçue de ne pas déjà être « hop la vie ». Cependant, j’ai dû aller me « sucrer » après le dîner, à grands coups de brossage de dents, parce que je faisais une fixation sur du « dessert ». Ça n’aurait pas eu besoin d’être très sucré, mais « farineux ». J’avais envie de farine. J’ai pris mon café « sec », pas d’accompagnement. C’est là que la notion d’habitude embarque. J’aimais manger un « dessert » à 13 h 30, avec mon café d’après-midi.

Côté goût, je ne trouve pas particulièrement que les aliments manquent de saveur. Je mets des bananes dans mes muffins et mes smoothies, mais tout de même, il fut une époque où je mettais du sirop d’érable ou du miel. Et du chocolat. Je ne prévois pas couper les bananes. Il y a des limites quand même. Je peux vivre sans date, mais jamais sans bananes. Que serait la vie sans mouches à fruit?


Bon, je n’ai pas récupéré mon cerveau alors ça suffit. Au jour 4 tout le monde.

mardi 19 septembre 2017

Défi sans sucre jour 2 : Tuez-moi s’il-vous-plaît

Bon. Si ce n’est d’un énorme mal de tête, d’un état de confusion profond, d’impossibilité de me concentrer et d’irritabilité extrême, ça va bien. Je n’ai pas particulièrement envie de sucre. Je me sens simplement comme après mes voyages en Chine… Extra décalage.

J’ai cédé après le souper avec un yogourt nature avec bananes, pacanes et graines de chanvre. Constat, je n’aurais pas dû parce que je ne feel pas. Je me sens bourrée comme jamais.

Ce qui est certain, c’est que je me sens sincèrement en sevrage. Je suis « accro » au café (et très assumée) et chaque sevrage « obligatoire » n’a pas fait aussi mal que celui-là. Je n’ai pas envie de manger des affaires en particulier et la nourriture des autres ne m’intéresse pas. Je feel juste comme d’la marde.

Aujourd’hui, j’ai ouvertement parlé de ma démarche à des gens de façon aléatoire et les opinions sont intéressantes. Le fait que je veuille délaisser le sucre mais sans vouloir maigrir crée de la confusion. Rend les gens perplexes. Pourquoi se faire mal si ce n’est pas pour maigrir? Parce que le but est le même. On se torture comme ça afin de se sentir mieux. Certains changent leur alimentation pour maigrir et ultimement pour se sentir mieux. Moi je veux être mieux.

J’ai habituellement un vocabulaire varié mais ce soir, ce n’est clairement pas le cas. Mon cerveau se concentre sur les fonctions que lui juge vitales, c’est-à-dire de me rappeler en temps réel que mon corps est en réaction contre moi.

Avec un peu de chance, mon cerveau sera capable de recommencer à fonctionner dans les prochains jours. Une amie médecin m’a dit « le sevrage du sucre est presqu’aussi intense que le sevrage d’héroïne. C’est intense le sucre ». Nah?


À suivre.

lundi 18 septembre 2017

La ségrégation des minces

Scandale, ô catastrophe. Je viens de décider que j’allais couper le sucre. Couper, dans le genre de « sortir le sucre de ma vie ». Ouais ouais. Genre. Est-ce que je suis grosse? Non. Ronde? Non plus. Enveloppée? Même pas. Rien ‘toute. On me qualifie régulièrement de « maigre » même. Bon, le terme m’écoeure un peu parce que j’ai quand même un petit bid et des bonnes cuisses mais que voulez-vous. Je porte du X-Small et mon IMC est à la limite inférieure de la catégorie « poids santé », pour ce que ça vaut.

Ouais. Pour ce que ça vaut. Parce que dans les faits, je mange plutôt moyennement bien. Je n’ose pas trop dire « mal » parce que c’est raide comme terme, et que j’ai au moins conscience de ce que je mange, et que je cuisine quelques fois par semaine, mais j’ai déjà mieux mangé. Et moins bu d’alcool. 2017 a été prenante jusqu’à maintenant. Séparation, changement de type d’emploi, déménagement, garde partagée… De grosses étapes. Et beaucoup beaucoup d’anxiété. Crise après crise après crise. Donc j’ai un peu délaissé le petit côté cuistot que je chérissais tant et je me suis doucement mais sûrement dirigée vers les plats cuisinés… l’inverse du gros bon sens.

Je suis aussi retournée un peu dans le vice de l’alcool. Rien d’extrême mais assez. Assez pour être trop. Dit-elle en quémandant une autre bière…

Bon, toujours est-il que grâce ou à cause d’une « amie » connaissance que je trouve vraiment gentille mais qui s’est éloignée avant de pouvoir entrer vraiment dans ma vie, j’ai vu passer quelque chose sur Facebook qui s’appelle le Défi 21 jours sans sucre et ça m’a immédiatement accroché l’œil. Depuis longtemps, j’entends et je crois dur comme fer que le sucre est bien plus mauvais que le gras. Je sais que le sucre est une substance qui crée une grande dépendance et dont les effets sont moches.

Je vous entends déjà me dire que j’exagère et que tout est rendu mauvais et dangereux, et qu’il faut bien mourir de quelque chose. Vous avez raison. Sauf que c’est de la marde comme argument. Le sucre est un vil pervers. J’ai découvert depuis peu que le dessert me donne mal au ventre. Ben oui. Et que les bonbons aussi. Et ensuite j’ai regardé des vidéos et lu des articles qui disaient que le sucre nous rendait fatigué et cerné… Il n’en fallait pas plus pour que je décide d’essayer.

Un jour, on m’a dit qu’il fallait 21 jours pour créer ou se débarrasser d’une habitude. J’ai aussi entendu que le sevrage du sucre était horrrrrible. Que le sucre crée une dépendance plus grande que la cocaïne. Or, je suis capable, n’est-ce pas? Certes. Mais j’ai peur. Peur des gens, peur de moi, peur de la nourriture, peur de tout. J’aime les Mini-Wheat, la bière, le chocolat, le sirop d’érable, les chips… Toutes des substances pleines de sucre et d’amidon. J’ai peur de me faire juger, comme on juge les végétariens, les anti-glutens, les allergiques aux noix… Mais au fond, j’ai juste peur de ne pas être capable. Peur de réaliser que je me fais dominer par la nourriture.

L’argument des kilos qui s’en vont n’a pas de poids à mes yeux. Si je maigris, mes beaux vêtements ne m’iront plus. Par contre, l’attrait d’une plus belle peau, d’un sentiment de repos au lever, d’une belle énergie, ça ça a du poids. Et j’ai aussi lu que les effets bénéfiques se font sentir après 6 à 8 semaines seulement. Donc ce doit être un défi à long terme.

Pour en revenir au jugement, on m’a dit aujourd’hui que j’avais pas besoin de ça. Gratis. Straight de même « pourquoi tu couperais le sucre, t’as pas besoin de ça, toi ». Le lien à ma sacro-sainte minceur était sous entendu, v’voyez. Dans la vie d’une femme, le bonheur absolu réside à pouvoir manger de la poutine, des chips, du chocolat, de la pizza, boire de la bière, ne jamais s’entraîner mais tout de même rester mince. American Dream, mais version ti-peuple québécois.

Cet été, j’ai rien foutu, à 2-3 petites marches lentes près. Rien faite. Niet. Une pâte molle, mais pas trop molle quand même. « Wow, dans le fond c’est vrai que ça sert à rien de faire attention et de se bouger les fesses, j’ai même pas pris une livre ». Ouch. Essoufflée pour courir à mon auto quand il pleut, palpitations à n’en plus finir, sommeil non réparateur, anxiété, spm… Tsé, je veux ben croire que j’ai un petit cul, mais je pourrais tu aussi être bien dans mon corps? Pas de misère à croire qu’il y a des gens plus enveloppés qui se sentent mieux que moi.

Toujours est-il que lundi, je me crinque. J’ai fait comme bien des femmes avant un régime, je prends de la bière en me bourrant de chips, parce que dès lundi, j’ai l’intention de ne pas me chouchouter. Out les dessert, la bière, le sucre dans les recettes, les aliments préparés qui en contiennent. Je vais commencer doucement avec les choses évidentes au goût sucré, genre mes belles Mini-Wheat, les trop fréquents capuccinos glacés, les gelatos, le stout cake, la réglisse, la root beer, les pains burgers briochés, la bière... Et tant qu’à vouloir enlever l’attrait du sucre, aussi bien couper le faux aussi. Les menthes, la gomme…

Avant de « raccrocher », parce qu’on est maintenant lundi le 18 et que ce texte n’est pas encore complet… je vais terminer ce témoignage touchant en disant à tous ceux qui me trouvent chanceuse d’être mince que j’ai déjà souffert de troubles alimentaires. Rien qui aurait pu me tuer, mais j’ai arrêté de manger presque complètement pendant quatre mois quand j’étais ado. J’ai perdu une quarantaine de livres à ce moment. Outre perdre mes cheveux, arrêter mes règles et ruiner ma santé mentale et ma relation avec la nourriture, je n’ai pas vraiment eu de séquelles. Maintenant que je n’ai plus cette peur phobique d’engraisser et que je ne mange plus mes émotions, après plus de 20 ans de travail acharné sur ma personne, j’ai envie de faire l’expérience scientifique de l’arrêt du sucre. Juste pour voir ce que ça fait. Il y a peu de gens qui peuvent revenir nous raconter c’est comment la mort, mais vivre sans sucre pendant un moment, ça se fait.


À tout de suite!