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mardi 4 août 2015

Précieux alcool, toi qui rend con


Les vacances sont terminées. Aussi bien dire que l’été aussi. C’était bien. J’aime les vacances. On se lève passé 7 h, on reste en pyjama jusqu’à pas d’heure et on peut boire de l’alcool tous les jours. Ce que je considère « boire beaucoup » est pourtant la consommation régulière de bien des gens. Au plus, ce fut deux bières dans une même journée. Mais ce fut fini en même temps que l’été. Il ne faudrait pas en faire une habitude quand même.

L’alcool est « overrated ». Oui, c’est bon. Je suis d’accord. Comme le chocolat. Et les chips. Et sans doute l’héroïne à voir ce que certains s’infligent pour en avoir. Je n’arrive cependant pas à comprendre que des gens dont tellement de gens proches s’autorisent à boire des dizaines de bières chaque semaine, même chaque jour et ce, passé 25 ans. C’est cher, ça fait engraisser et ça affecte le jugement.

Toujours est-il que les gens boivent trop. Malgré tous ces imbéciles qui se sont encore fait prendre « en boisson » au volant de leur bagnole, il y a tous ces autres idiots qui se disent que pour eux, c’est différent. Eux, ils savent « chauffer ». Eux, ils ne se feront pas « pogner ». Eux, ils sont donc bons. C’est sans doute le même virus que ceux qui pensent que l’herpès, ce n’est pas une vraie maladie qui s’attrape par le sexe, et que les bébés ça ne se conçoit pas dans un « one-night », surtout quand on ne connaît pas le gars/la fille.

C’est donc avec horreur et dégoût que le Saguenay-Lac-Saint-Jean au grand complet s’est réveillé dimanche matin, à cause d’un grand champion de la bouteille. Pourquoi se contenter de trop boire tranquille dans son garage quand on peut sortir en pickup dans le rang à 20 h 45 et aller tuer une famille complète entre deux dépassements illégaux à 150 km/h? POURQUOI? Pourquoi pas? On ne sait plus. Ils disent jamais deux sans trois, le trois fait le mois, trois petits chats, trois petits chats. Lui, c’était sa troisième balloune. On ose croire qu’il n’a pas appris après une, ni après deux.

J’en viens même à me demander s’il a seulement pensé que c’était stupide de prendre son véhicule de la mort. Sûrement pas. À jeun, on a un peu de génie. On prend quelques bières et hop, notre petit cerveau s’embrouille. On coupait le dessert? Après quelques verres : « Donne-moi en donc un GROS MORCEAU!!  Pis shoot donc le sac de chips avec! ». On peut donc assumer que « Je ne conduirai jamais chaud » se transformera en « Vroum vroum!!! » sans aucun scrupule.

J’osions croire que le gars plaidera coupable et qu’il croupira en prison. Ce serait un candidat idéal à la peine de mort, mais c’est illégal alors plutôt que de combattre le feu par le feu, il faudrait qu’il soit enfermé. Croire que lui retirer son permis et lui interdire de boire puisse fonctionner, c’est un peu comme penser qu’un pédophile n’approchera pas une cour d’école parce qu’on le lui a interdit.

Chaque fois que j’entends une nouvelle pareille, je crains de connaître l’identité du tueur, parce que tellement de gens de mon entourage pourraient avoir commis ce crime. Nous vivons présentement les soubresauts de cette haine collective qui nous habite et qui alimente les conversations mieux que n’importe quelle température depuis dimanche. L’effet Guy Turcotte se fait sentir. Nous avons tous peur du jugement dernier, qui ne saura que trop se faire attendre, et nous le méprisons déjà parce que ce ne sera certainement pas assez. De toute façon, qu’est-ce qui peut suffire à apaiser la mort inutile d’une innocente famille, dont la plus grande erreur aura été de s’en retourner à la maison à cette heure-là, plutôt que quinze minutes avant?

Ce douloureux billet arrive 13 jours avant le premier anniversaire du tristement célèbre Ce soir je tue mablonde. J’ai été insultée de toutes parts suite à ce texte, mais tout porte à croire que les gens n’ont pas compris. De toute façon, quelle que soit votre relation avec l’alcool, que vous l’aimiez d’un amour profond ou que vous la méprisiez de tout votre être, l’excès rend con et personne ne sait boire une fois cette limite atteinte, parce que votre jugement a « punché out », et c’est le « shift » de la témérité et de l’abrutisme qui commence.

Pour lire la nouvelle, cliquez ici

vendredi 17 août 2012

Le maire de Saguenay – un si gros problème au Québec?


Alerte au scandale, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, est un activiste religieux, et raciste du même coup. Exit tous les problèmes de la province, tuons Jean Tremblay.

Le parti libéral du Québec veut augmenter le montant offert pour les festivités du 375 anniversaire de la ville de Montréal de beaucoup de millions de dollars, et alors? Dans la fonction publique, on engage des adjoints aux adjointes des adjoints, pour combler à la fois leur incompétence et un profond vide moral, il n’y a rien là! On continue d’offrir des régimes de retraite à cotisation déterminée et garantie dans toutes les sphères publiques, aux frais de toute la province, alors que l’économie va mal, mais encore? Les élections en cours délaissent toute la province pour charmer la Grande Ville de Montréal, parce que c’est tout ce qu’il y a au Québec. Semble-t-il.

Pourquoi se tracasser avec tout cela, alors que Paul Arcand fait du journalisme opportuniste en fabriquant un scandale?

Oui, c’était de la merde. Jean Tremblay s’est réellement mis le pied dans la bouche en débordant sur la présence de candidats multiethnique dans la politique provinciale. Il n’avait certainement pas à attaquer personnellement une députée de par ses origines. C’était inapproprié, exagéré et irréfléchi. Mais entre vous et moi, Paul Arcand n’est-il pas un journaliste sérieux, réputé pour ses entrevues de qualité et son intelligence? Comment se fait-il alors qu’il se soit rabaissé à cela?

Demander à Jean Tremblay, maire reconnu pour son éternel combat pro-religion, qui s’est mis dans le trouble pour garder son crucifix et sa prière à l’Hôtel de ville, ce qu’il pense de la laïcité? C’est comme demander à Régis Labeaume comment il s’est senti après que les Trashers ne soient pas allés à Québec. Dans un cas du genre, mon patron me dirait : « Tu me poses une réponse? » Oui, Paul Arcand a posé une réponse à Jean Tremblay. Il s’est servi de lui pour créer une fausse nouvelle. Comme si le Québec, tout particulièrement la ville Sainte de Montréal (c’est de circonstance), seule vraie ville au Québec, en avait quelque chose à cirer de Jean Tremblay. Jusqu’à ce qu’il « attaque » le multiculturalisme, réalité qui, ça en surprendra certains, n’existe que dans une toute petite région du Québec, mais si densément peuplée.

Monsieur le maire a dit, sans doute comme le vétéran journaliste le souhaitait, ce qu’il fallait pour révolter le « peuple » québécois, c’est-à-dire blesser les Montréalais, ou ceux qui rêvent d’en être. Bad Jean Tremblay.

Le maire d’ici, malgré son extravagance et ses propos extrémistes et épouvantables aura toujours ça de plus que les autres, avec son compatriote Labeaume, il a confiance en lui, et en ses croyances, ce qui fait que, d’une élection à l’autre, il revient. Il ne ressent pas, comme la plupart des politiciens québécois le besoin de faire la pute pour se faire élire.

À tous ceux qui se questionnent à savoir pourquoi il reste maire malgré son effervescence médiatique controversée, je vais vous le dire. Jean Tremblay est un gestionnaire accompli. Ses comptes sont parfaitement gérés, il tient ses promesses et limite les dépenses, tout en ne coupant pas sur la qualité des services offerts. La ville de Saguenay est l’une des villes les mieux gérées au Québec. Pensez-vous que les citoyens préfèrent une belle qualité de vie et une gestion publique saine, ou encore un maire ouvert d’esprit tel que Gérald Tremblay (qui est sans doute beaucoup moins raciste)? Je viens de vous poser une réponse.

Bonne fin de semaine.

lundi 23 avril 2012

Jean Charest, ce boute-en-train


Diantre! On a fait une blague. N’étant moi-même pas une adepte de la libéralité, il serait fort tentant de croire que mes yeux se seraient révulsés à la simple mention du premier ministre. Eh non. Mon fils lui aurait dit, tout naïvement : « Maman, c’est une grosse blague ». Moi, personnellement, je l’ai trouvée tout à fait drôle et appropriée, même avant que polémique il y ait. Imaginez donc ce que j’en ai pensé après que j’aie lu et entendu la présidente de la FEUQ s’en offusquer… on aurait dit qu’elle était encore plus drôle. Ça fait du bien de se marrer un peu.

Après avoir ri, parce qu’il faut bien se redresser ensuite, j’ai lu le reste de l’article et la citation suivante m’a frappée : « Faire des blagues sur le dos des étudiants, c'est franchement insultant! ». Je me pensais intelligente. Eh non. J’ai beau chercher, je ne trouve pas l’insulte dans la blague. La revoici entière.

« Le Salon Plan Nord est déjà très populaire, les gens courent de partout pour rentrer », a lancé à la blague le premier ministre. « Ceux qui frappaient à la porte ce matin, on pourrait leur offrir un emploi... dans le Nord, autant que possible ».

J’étais très forte en compréhension de texte pourtant, tous degrés de scolarité confondus (eh oui, je suis allée à l’école, et relativement longtemps). Est-ce moi qui suis trop tolérante quand on me fait des blagues douteuses, ou suis-je tout simplement trop à droite pour avoir des émotions?

Dans ma douche, tout à l’heure, j’ai fait un parallèle intéressant. Je peux vous expliquer pourquoi je suis à ce point de droite (surpris?). C’est purement scientifique. On ne peut y échapper. Les gens de droite sont là pour équilibrer la société, pour modérer les gauchistes qui, si on les laissait aller, interdiraient le développement des ressources, les voitures, le maquillage, et toute autre nécessité (réelle ou non) de la vie. Comme les émotions et la raison. La droite est la raison. Quand la gauche dérape, elle la ramène. Malheureusement, l’inverse est aussi vrai. Par contre, j’aime l’idée de prendre position et, fait surprenant, ma raison gagne souvent.

Dans le même ordre d’idée, la semaine dernière, l’animateur du midi de Radio X, que trop de gens appellent radio poubelle, à tort, avait Martine Desjardins en entrevue téléphonique. Elle piaillait qu’un diplôme universitaire était la nouvelle norme et que tout le monde se devait d’en avoir un. Encore là, je me pensais intelligente, mais je ne comprenais pas. Puis, plus tard, alors que je circulais dans ma polluante voiture dans la basse ville, j’ai compris. Il y avait un genre de gars qui marchait sur le trottoir. Il portait des vêtements usés, laids, et avait les cheveux sales et moches.

J’ai porté un jugement vilain, qui va comme suit : « Lui, il est certainement pour la grève ». En le dépassant, j’ai vu qu’il portait un carré rouge. Illumination. Il est convaincu que tout le monde doit avoir un diplôme universitaire, c’est certain. Une coiffeuse, ça ne sert à rien, de toute évidence. Le mécanicien automobile non plus. Et c’est là que c’est devenu encore plus clair.

La grève est à son apogée dans les grandes villes, dont Chicoutimi ne fait pas partie. Citons Montréal, puisque c’est la plus populeuse. À Montréal, il n’est pas nécessaire d’avoir une voiture. À Montréal, on peut lutter contre les usines, les milieux industriels, parce que l’argent, il est là, sans qu’on sache d’où il vient. L’exploitation des ressources est un concept abstrait, inutile et diabolique. C’est bien beau la culture, les finances, le divertissement, mais avez-vous oublié qui paie pour tout ça? Quand vous vous élevez contre un barrage, que vous condamnez les grandes entreprises, prenez-vous cinq minutes pour monter un plan d’affaires dans lequel le Québec n’exploite pas ses ressources et où tout le monde mange à sa faim?

Bon, je m’égare un tout petit peu, je refoule depuis longtemps. Mais quand je vous entends pleurer sur des peanuts, oui des peanuts, pas des arachides, parce que 90¢ par jour, on s’entend que ce n’est RIEN, je ne peux m’empêcher de penser aux 160 employés de Novelis qui se retrouvent sans emploi le premier août prochain. Ça, c’est un vrai drame. Des gens qui se retrouvent sans rien, sans même une explication. Et puis, tant qu’à refouler, Marc Maltais, qui s’en va traiter son employeur de faiseur de génocides, avec un s, est-ce qu’ils pourraient le foutre dehors. Mais non, il est syndiqué. Pourquoi les syndiqués ont le droit de voler, détruire, dormir au travail, et ce, sans jamais se faire chicaner?

Bon, je suis hors de contrôle. Je vais me coucher.

dimanche 1 avril 2012

Le capitalisme c'est le marché des esclaves


En plus d’être aux prises tous les jours et depuis trop longtemps déjà, avec les soubresauts de la « grève » étudiante généralisée, et vous connaissez mon opinion, nous sommes pris, voir pognés, depuis le 31 décembre dernier, avec Marc Maltais et sa « cause ». Marc Maltais qui, entre autres, veut empêcher la sous-traitance, vilaine pratique qui me donne mon salaire depuis plus de cinq ans, en ralliant toutes sortes de gens hétéroclites de partout dans le monde.

Pour être tout à fait honnête, il a « toujours » été là, mais depuis le 31 décembre, soit depuis le déclenchement du lock-out par les cadres de l’usine Rio Tinto Alcan d’Alma, Usine Alma pour les intimes, on en entend parler beaucoup trop. Pas d’arguments valables, pas de charisme, c’est à se demander s’il sait de quoi il parle. Il faudrait lui demander.

Ce matin, alors que je prenais quelques minutes pour me tenir au courant de ce qui se passe dans la province sur mon iPod, puisque je n’écoute pas la télé francophone (10 coups de fouet..), je suis tombée sur la photo suivante, sur le site de Cyberpresse :



Ce n’est pas grand-chose de pire que ce à quoi on s’attend d’une manifestation : des gens avec des pancartes de citations sans lien avec le sujet, « Out of Scope », comme on dit par chez nous.

Premièrement, c’est la manifestation de Marc Maltais contre RTA, Marc Maltais étant le président du syndicat. Deuxièmement, ceux qui sont sur la photo sont des étudiants, donc pas des pauvres syndiqués malmenés. Troisièmement, ça n’a aucun rapport.

Les pauvres syndiqués qui sont privés de leur emploi depuis plus de trois mois sont majoritairement des employés journaliers, puisqu’ils sont syndiqués, ou encore des métiers spécialisés comme les mécaniciens ou les électriciens. De ce que j’en sais, peu d’entre eux gagnent moins de 30 $ l’heure pour leur emploi, et parfois sans avoir d’études complétées. Les employés de RTA, comme sans doute ceux de plusieurs usines, sont réputés pour vivre au-dessus de leurs moyens.

Pour compenser leur emploi de merde, ils pratiquent tous les « sports » polluants soient le bateau, la motoneige, le camping (motorisé) et la chasse (VTT). Ils ont de gros pickups et une grosse maison. Ils doivent donc, pour « compenser » leur salaire qui, quoique relativement élevé, mais insuffisant pour leurs « besoins », faire de « l’over » et celui-ci est inclus dans leur budget. Réel. 

Donc, lorsque je vois une affiche qui dénonce le méchant capitalisme dans une manifestation comme celle-ci, j’éclate d’un rire diabolique, faisant ainsi gonfler le chat et terrorisant mon fils. Les causes ci-mentionnées n’ont strictement rien à voir l’une avec l’autre. C’est de l’opportunisme, point final.

Tant qu’à parler de point final, bonne soirée.

jeudi 7 avril 2011

Syndicat, politique et actualités?

J’ai souvent peur d’aborder certains sujets lors de discussions de routine, pendant les pauses-café ou sur le bord de la piscine, parce que je sais que mon opinion a toujours un risque potentiel de choquer les gens. On dirait que j’ai peur de décevoir ceux que je fréquente par mes opinions sur les sujets « critiques ».

Sujet critique? Actualité, politique, syndicat.

Actualité. Je ne m’informe toujours pas, ou si peu, mais je réussis à me tenir au courant des faits divers les plus frappants. Récemment, ici, un automobiliste s’est fait arrêter, sur une artère principale, dont la limite de vitesse est fixée à 90 km/h, alors qu’il roulait à 233 km/h. Rien de pire. Le gars est reparti avec sa voiture, comme si de rien n'était. Non, ils n’ont pas saisi son véhicule. Il conteste, sous prétexte que son véhicule n’atteint pas cette vitesse, mais c’est un SRT4 monté à bloc qui développe au-delà de 400 chevaux… et il va aussi essayer de prouver qu’il est impossible d’atteindre cette vitesse à cet endroit. CHAMPION. C’est presque dommage qu’il n’ait pas roulé sur une roche… Et comment se fait-il que les policiers l’aient laissé reparti comme ça? Comme le vieux con qui roulait à 170 km/h dans une zone de 50, rond comme un ballon, et qui ne s’est pas contenté de se tuer lui seul, il a fallu qu’il en prenne un au passage.

Syndicats. J’ai entendu dire qu’un magasin Couche-tard fermait ses portes, après que des démarches aient été entreprises plus que sérieusement pour implanter un syndicat. Le magasin était rentable et rénové depuis peu. J’ai entendu des gens s’insurger contre le propriétaire, s’écrier au scandale, « À mort le méchant propriétaire d’entreprise qui refuse le syndicat! » Bande de caves. Vous pensez comme ça vous aussi? Caves! Les gens sont tellement jaloux de ceux qui réussissent, et pour qui cette réussite passe par l’argent. Je voudrais bien avoir une entreprise et qu’on me dise que je n’ai pas le droit de mettre fin à MON rêve, de détruire MON investissement, parce que je refuse de me faire menotter par un verrat de syndicat. J’espère que tous les autres qui se feront syndiquer feront pareil. À mort les syndicats!

Politique. Nous jasions ce soir, mon chum et moi, et on parlait de Jack Layton, le (futur ex?) chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD). Tout le monde l’aime, Jack. Il s’était lui-même qualifié de « Party Animal », il y a de cela quelques années, tout sourire, fidèle à lui-même. Je pense même que j’avais voté pour son parti, pour lui. Pourtant, je ne suis pas de gauche, pas deux secondes. Ce soir, j’en suis venue à la conclusion que, idéalement, il ne faudrait jamais être dirigé par un parti de gauche. Les gauchistes sont gentils, généreux, bienveillants. Pour l’économie, ça ne vaut rien, pour les jeunes et les entreprises, ce n’est pas très fort non plus. Idéalement, il faut être dirigé par des « méchants » et ça prend des gentils pour les contredire et assurer un équilibre social. Mais c’est mon opinion.

Sur ces paroles, il sera l’heure d’aller au lit, j’ai un rhume à combattre.

mercredi 16 février 2011

Mon Dieu, il est catholique et francophone

Lorsque nous avons pris la décision de nous marier devant Dieu (eh oui, je suis comme ça), il y a de cela environ deux ans (et je m’assume), je n’abordais pas la chose comme un mariage triangulaire à trois, avec le vieux barbu (Dieu), comme essayait de m’en convaincre le prêtre (qui était génial en passant), je me disais plutôt que mon choix était culturel, qu’il m’aidait à affirmer mon appartenance à mon pays, à mes origines, tout en véhiculant de belles valeurs (foutez-moi la paix avec les frères pédophiles, pitié). C’est donc dans un désir de continuité, de cohérence avec mes principes et de m’affirmer en tant qu’être humain [apte à réfléchir] que nous nous sommes mariés à l’Église (on peut y croire et réfléchir, surprenant?).

Je vis dans un coin qui, selon les gens de LA « ville », est reculé. On utilise parfois (souvent même) le terme « colonisé » pour décrire les gens des régions, de ma région. En effet, ce n’est pas pour rien car nous sommes TOUS des édentés, habillés de poches de jutes (j’en ai vu un chez IGA la semaine dernière…) et coiffés de castors évidés encore chauds. C’est donc sans surprise que notre maire, illuminé aux yeux des uns, divertissant aux yeux des autres, s’est lancé dans une bataille juridique [éternelle] pour avoir le droit de faire sa prière avant chaque séance du conseil municipal lorsqu’on l’a « dénoncé ». Il a perdu et compte aller en appel. C’est ce qu’on appelle des convictions, n’est-ce pas?

Je ne suis pas une fan de Jean Tremblay. Ses petites magouilles m’agacent un peu, et il s’exprime (tellement trop en plus) de façon à surligner en jaune fluo notre localisation géographique et ce, dans tous les médias. Jean Tremblay, il dérange. Je ne me souviens pas si j’ai voté pour lui aux dernières élections (oui, je vote, toujours, mais j’oublie vite), je pense que oui, mais ce qui est certain, c’est qu’il a ses partisans et ses détracteurs (comme tout le monde, finalement). Pour des raisons évidentes d’appartenance religieuse et de désir « d’économies », il sait charmer les vieux, et les gratteux.

Dès qu’on le voit à la télévision (mon chum et moi), à Infoman, entre autres, on ne peut s’empêcher de dégonfler bruyamment (comprendre : soupirer) et de craindre les propos à venir. Ce qui est un peu malheureux, c’est qu’on (les gens du reste du Québec) nous associe à cette image. Donc, nous sommes, en plus de la description faite précédemment, des illettrés et des intégristes religieux, nous aussi.

Pour être très honnête, j’ai toujours trouvé « cul-cul » l’émission du maire, à Vox, sur la religion. Je n’ai pas regardé suffisamment pour vous en citer des extraits, ni pour me souvenir le titre, mais je sais que c’est… illuminé. Les propos de Jean Tremblay, je les trouve rarement intelligents. Sauf aujourd’hui. Malheureusement, je n’arrive pas à vous dénicher l’extrait sonore en version courte.

M. Tremblay a été reconnu coupable et devra payer 30 000 $ à Alain Simoneau, en dommages moraux et punitifs (attendez, je verse une petite larme), parce que ce dernier se sentait bafoué dans ses droits lorsque le maire entamait (et la récitait tant qu’à y être) la prière. Il se sentait également observé par le regard vide et austère (c’est moi qui invente) des statuettes du Sacré-Cœur. Dans un souci de pertinence et aussi de gagner sa cause (ironie), il a foutu le camp d’ici, donc, ne participe plus aux séances, donc, n’est plus embêté par la satanée (ahahah) prière. Bon débarras.

Photo tirée de radio-canada.ca


Certains crient au scandale, parce que des dollars précieux sont puisés à même les fonds publics pour payer le procès. Pire? Le maire compte aller en appel. Pour un instant, oublions l’argent.

Mon opinion sur la chose (le procès, les convictions) est malléable, ou l’était, jusqu’à tout à l’heure. Maintenant, je suis AVEC le maire. Vous m’entendrez rarement dire une telle chose mais j’ai envie de crier, aussi fort que mon chat hurle (croyez-moi, c’est fort), « JEAN TREMBLAY FOR PRESIDENT!!!! »

Je disais donc, pour une fois, je supporte le maire. Pourquoi? Parce que si naïf et colonial puisse-t-il sembler, son discours est celui d’un peuple, le mien, du moins. Non, je ne dors pas sous le regard tendre de la Sainte Vierge, ni d’un quelconque autre saint. Par contre, j’ai quelques chapelets qui errent çà et là dans mes affaires, reçus lors de ma première communion, et j’ai même un beau crucifix fait à la main par mon père. Mon fils est baptisé. Malgré cela, je ne me considère pas comme une « freak ». Pas tant que ça, du moins. Par contre, mon « trip » d’haïr la religion est passé depuis l’adolescence, et maintenant, je suis capable de forger moi-même mes réflexions, et de nuancer.

Non, la religion n’est pas qu’une question de manipulation et de pensée restreinte, c’est aussi la culture. Je ne vous ferai pas le discours qu’on connait tous sur les autres religions qui nous étouffent, vous le connaissez aussi bien que moi. Par contre, je ne renierai pas mes origines sous prétexte que la science a prouvé qu’Adam et Ève, ce n’est que de la foutaise. Imaginez-vous donc que je n’y crois justement pas à la Genèse! Et je suis assez allumée pour savoir que ce n’est pas Dieu qui m’a donné mon emploi, que j’ai travaillé pour.

Je ne suis pas raciste. À l’origine, les gens, je les aime tous (ou je les déteste tous, ça dépend des jours). Ce qui me permet de trancher, c’est leur façon de nous enlacer (oh, la belle poésie). Est-ce qu’ils s’appuient sur notre épaule ou est-ce qu’ils nous enserrent le cou jusqu’à ce qu’on les supplie de nous lâcher, moyennant quelques « ajustements » de notre façon d’être, en passant?

Salle de prière à l’université pour les musulmans? D’accord. Le voile (pas la totale par contre) dans les endroits publics, hum hum. Répondre en anglais à un inconnu par gentillesse, ouin.

Par contre, abolir les sapins de Noël, accepter le kirpan, autoriser les employés à ne pas se nourrir (et souvent mettre leur santé à risque) pendant le ramadan, givrer les fenêtres des centres sportifs, enlever les symboles catholiques des endroits publics (gouvernementaux ou non), être obligé de traduire mes propos à un collègue qui vit en terre 99 % francophone depuis 40 ans : WOOOOOOOO les moteurs!!!! Jean Tremblay a dit qu’on était mou, tout comme Lucien Bouchard l’avait déjà avant dit (bon, les mots étaient différents…), BEN C’EST VRAI!!!

Sur ce, Jean, pour une fois, je t’appuie. Pas pour la bataille religieuse spécifiquement, mais pour les convictions culturelles et politiques qui sont en symbiose avec celle-ci. Il faudra bien commencer à marquer notre territoire, sinon on va se le faire voler. Je vous laisse, j’ai justement une petite envie…