jeudi 21 octobre 2010

Question de survie

J’étais là, seule, sans l’être, et je subissais sans issue mon environnement. Environnement. Pourquoi ce mot? Tout mais pas lui. Environnement rime avec planète, vert, écologique, effort. Ce que j’avais sous les yeux ne répondaient certainement à aucun de ces critères. Brun, sale, chaud, bruyant et puant auraient été des termes plus appropriés. Et vibrant. Pas que c’eut été excitant, ou emballant, mais le tout vibrait réellement. Cinq étages plus bas, des étages biens hauts, qui en vaudraient bien dix dans un contexte normal, des moteurs puissants se chargeaient de faire gronder le tout.

Mais si l’air, comme il se doit, occupait tout l’espace disponible, mes poumons semblaient ne pas en vouloir. Ma bouche et mon nez, pourtant, étaient les seuls orifices non obstrués. Étrange. C’est donc le haut du crâne emprisonné sous un couvre-chef de plastique, les yeux barricadés derrière une barrière de plastique et les oreilles camouflées sous des coquilles rembourrées, étanches mais pas assez, que les minutes passèrent, telles des heures.

Soudainement, alors que nous étions là depuis trop longtemps, mais pas encore assez pour pouvoir s’en aller, je me suis mise à suffoquer. Je faiblissais, à mesure que les secondes s’épuisaient. Je devais trouver une solution, une porte de sortie, pour ne pas m’étendre de tout mon long sur ce plancher chaud, irrégulier, jonché de débris. Alors qu’il ne restait plus aucun espoir, que j’étais à quelques instants à peine de sombrer dans un état second, j’ai tenté une manœuvre de survie. Je ne pouvais découvrir mon crâne, sous peine d’expulsion, ni mes yeux, pour la même raison, alors j’ai tenté les oreilles.

Une à une, doucement, je les ai déliées, sauvées de leur emprise collante et humide. Instantanément, comme ça, sans que j’y aie réellement cru, j’ai repris vie. Je manquais d’air et là, à cet instant, j’ai respiré par les oreilles, et j’ai survécu. Les minutes qui ont suivi n’étaient pas plus agréables, mais elles se sont écoulées, jusqu’à ce nous puissions enfin sortir de cette prison, dans laquelle nous étions entrés volontairement, et enfin faire respirer aussi notre tête et nos yeux. Si le fait de boucher le nez et la bouche peut donner la mort, boucher les yeux et les oreilles est une excellente façon de faire connaître l’enfer.

2 commentaires:

  1. Mon 2e blogueur préféré (après mon chum ;) a une nouvelle identité...

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  2. Hein? Quoi? Au secours, je comprends pas!!!

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